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samedi 5 mars 2016

Célébration du 40e anniversaire de la proclamation de la RASD : Vaste soutien au peuple sahraoui

D.R

La célébration, aujourd’hui, du 40e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) intervient dans une conjoncture marquée par une vaste campagne de soutien au peuple sahraoui qui lutte pacifiquement pour son indépendance et son droit à l'autodétermination.

Proclamée le 27 février 1976 par le Front Polisario à Bir Lehlou, au lendemain du départ du dernier soldat espagnol du territoire sahraoui, la RASD ne cesse, en effet, de réaliser des succès sur la scène internationale et attire des adhérents à sa cause juste. Il s'agit, notamment, de la poursuite de sa reconnaissance par des États, l'élan de solidarité pour la protection et le respect des droits de l'homme dans les territoires occupés, et les verdicts prononcés en faveur de la RASD, à travers le combat que mène le Front Polisario, pour la protection des richesses sahraouies illégalement exploitées par l'occupant marocain. La commémoration de cet événement intervient également au lendemain de l'annonce retentissante de la visite dans la région, à partir du 6 mars prochain, du secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, qui avait auparavant appelé à la reprise de négociations «sérieuses et responsables» entre les deux partis au conflit, le Maroc et le Front Polisario.

Soutien croissant au référendum d’autodétermination
Par ailleurs, plusieurs actions sont menées à travers le monde pour exiger du Conseil de sécurité de l'Onu l'organisation du référendum d'autodétermination pour le peuple sahraoui. Une pétition a été initiée, dans ce sens, par le Comité suisse de soutien au peuple sahraoui, à l'échelle européenne, voire mondiale. Dans un appel intitulé «Sahara occidental-Référendum maintenant», les initiateurs de cette campagne demandent au Conseil de sécurité d'«organiser, avant la fin de l'année 2017, le référendum d'autodétermination au sein de la population sahraouie suivant les règles du Plan de paix de 1991». «Le peuple sahraoui doit pouvoir jouir pleinement de son droit à disposer de lui-même, ainsi que l'établit la Charte des Nations unies», ne cesse-t-on de marteler. En outre, des appels sont lancés pour la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines et l'arrêt des pratiques de harcèlement et de déportation perpétrées contre eux par les autorités d'occupation marocaines et à faire la lumière sur le sort de plus de 651 disparus sahraouis aux mains du Maroc. Les Sahraouis se souviennent aujourd’hui des premières étapes de la création et de la construction des institutions de l’État sahraoui qui était plus un rêve et un miracle, a ajouté SPS.
Une délégation de l'Assemblée populaire nationale participera à cet évènement. La délégation parlementaire aura durant cette visite «des entretiens avec les hauts responsables sahraouis et assistera aux festivités et activités célébrant l'anniversaire», précise le communiqué. La délégation algérienne sera présidée par la présidente du groupe parlementaire de l'amitié et de la fraternité algéro-sahraouie, Saïda Brahim Bounab.

Le président sahraoui  : « La communauté internationale
et l’ONU doivent reconnaître la RASD »

Le président sahraoui,  Mohamed Abdelaziz, a lancé, hier à Rabouni, un «appel urgent» à l’adresse de la communauté internationale et à l’ONU, les exhortant à reconnaître la République arabe sahraouie démocratique (RASD). «(...) Aujourd’hui, je lance un appel urgent et dire qu’il est temps que la communauté internationale, avec tous les États qui en sont membres, et les Nations unies entreprennent la voie de l’Union africaine pour reconnaître la République sahraouie», a déclaré M. Abdelaziz, en marge d’une cérémonie officielle  d’accueil de délégations internationales, à la veille de la célébration du 40e anniversaire de la proclamation de la RASD. M. Abdelaziz a souligné que la communauté internationale «doit donc assumer ses responsabilités et reconnaître la République sahraouie, comme l'avait fait l'ONU pour la question palestinienne». «Il faut qu’elle fasse la même chose avec la question sahraouie. C’est  cela la réponse adéquate et essentielle», a-t-il exhorté. Par ailleurs, le président sahraoui a réaffirmé que le Maroc obstruait toutes les issues qui mènent à la solution, en fermant la porte du référendum et celle de la négociation. «Il (le Maroc, ndlr) ferme même le territoire du Sahara occidental à la visite de Christopher Ross, l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies, et même pour le Secrétaire général des Nations unies et les observateurs internationaux. Donc, toutes les portes ont été fermées par le Maroc devant tous les efforts», a-t-il déploré.
La cérémonie d’accueil de délégations internationales, à la base du  Chahid-El-Hanafi, a été précédée d’un défilé de forces militaires de l’Armée de libération sahraouie avec une centaine de chars d’assaut et de blindés de  transport de troupes, ainsi que des armes légères.

À quelques jours de sa visite dans les camps des réfugiés
Ban Ki-moon : « L’éradication du colonialisme exige une action rapide »

Le secrétaire général de l'Onu, M. Ban Ki-moon, a affirmé, à New York, que le colonialisme est une «priorité urgente» pour la communauté internationale et dont l'élimination exige une «action rapide». «Les résolutions successives de l'Assemblée générale reflètent la volonté de longue date des Nations unies pour mettre fin à la colonisation. Cette priorité urgente exige une action rapide», a déclaré le chef de l'Onu dans un message lu en son nom, à l'occasion de la session inaugurale 2016 du Comité spécial de décolonisation de l'Onu. «Nous devons faire mieux, en se concentrant sur la réalisation des actions approuvées par l'Assemblée générale», a-t-il réaffirmé, en soulignant que «la communauté internationale avait les moyens d'éradiquer le colonialisme».
Le secrétaire général de l'Onu a encouragé ce Comité spécial à intensifier son dialogue sur l’action à mener pour imprimer l’élan qu’il faut à la décolonisation. Intervenant au cours de cette session, le président élu du Comité, M. Rafael Dario Ramirez Carreno (Venezuela), a salué la mission de cet organe «chargé d’un des processus les plus remarquables de l’histoire de l’Onu», et s'est engagé à respecter la tradition des séminaires régionaux et des visites dans les 17 territoires non autonomes qui attendent toujours de pouvoir exercer leur droit à l’autodétermination. 
Soixante-dix ans après sa création, a fait observer le président de ce Comité, l’Onu a fait de la décolonisation, de la paix et de la sécurité, ses symboles les plus importants, comme en atteste l’augmentation du nombre de ses États membres, après les processus d’émancipation enclenchés à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et réactivés pendant les années 60 du siècle dernier. Mais il a regretté la persistance des situations coloniales qui représentent «une violation des droits fondamentaux, une contradiction des buts et principes de la Charte des Nations unies et un stigmate sur la conscience du monde».

Des intellectuels espagnols appellent l’Onu à l'application de la légalité internationale
La mise en œuvre de la légalité internationale par l’Onu dans la question du Sahara occidental occupé a été recommandée par les participants à une rencontre organisée, jeudi, à l'Institut des sciences politiques de l’université de Madrid (Campus Somosaguas). «L’Onu devrait mettre un terme à toutes les violations des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés et permettre au peuple sahraoui de recouvrer ses droits bafoués depuis le début de la colonisation marocaine», ont souligné les intervenants lors de cette rencontre initiée par la Société espagnole des études contemporaines Kosmos-Polis. Ils ont, en outre, demandé d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des parties marocaines impliquées dans les différents crimes (assassinats, disparitions, viols) commis contre les Sahraouis, tout en dénonçant les manipulations diplomatiques auxquelles recourt le Maroc pour tromper les diverses organisations mondiales et l’opinion publique internationale. Sur ce point, ils ont appelé à la mobilisation des ONG, des associations ainsi que des communautés universitaires et des partis politiques afin de mettre fin aux souffrances du peuple sahraoui, qui durent depuis 40 ans. L’ambassadeur de la République arabe sahraouie et démocratique (RASD) en Espagne, Mme Khira Boulahi, a remercié les participants (universitaires, étudiants, représentants de la société civile et partis politiques) lesquels ont réaffirmé que la question du Sahara occidental est une question de décolonisation. Après avoir donné un aperçu historique sur le conflit du Sahara occidental depuis le retrait des forces espagnoles à ce jour, Mme Boulahi a fait part de la poursuite favorable de l'action diplomatique de la RASD.

dimanche 28 février 2016

Le MRAP salue le 40ème anniversaire de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD)

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Marie José
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Déclaration du MRAP

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Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples
43 boulevard Magenta – 75 010 Paris
Tél. : 01 53 38 99 82 – Fax : 01 40 40 90 98 – secretariat-direction@mrap.fr
Communiqué de presse
Le MRAP salue le 40ème anniversaire de la République Arabe Sahraouie démocratique
(RASD)
Le 27 février 1976, le peuple sahraoui a proclamé la création la République Arabe Sahraouie
Démocratique (RASD) quelques mois après l'occupation de son territoire par le Maroc en novembre
1975. Quarante après, le peuple sahraoui a réussi à créer les bases d'un véritable État et à mettre en
place des institutions (gouvernement, ministères), une administration territoriale s'appuyant sur trois
niveaux principaux, l'État, la wilaya et la daïra, et des services structurés dans tous les domaines de
la vie économique, sociale et culturelle. La RASD, membre actif de l'Union africaine, est
actuellement reconnue par plus de 80 États dans le monde. Mais elle n'est pas membre des Nations
unies et n'a toujours pas recouvré sa souveraineté sur la totalité de son territoire, le Sahara
occidental, dont une grande partie est occupée illégalement par le Maroc.
Quarante ans après la création de la RASD, malgré les nombreuses résolutions de l'ONU, le
référendum d'autodétermination prévu par les accords de 1991 n'a toujours pas eu lieu à cause des
manœuvres dilatoires du Maroc qui bafoue le droit international en toute imùpunité, de la
complicité de nombreux gouvernements et de l'inertie coupable des Nations unies. Le soutien
apporté par le gouvernement français au pouvoir marocain, malgré les violations permanentes des
droits de l'homme dans les territoires sahraouis occupés, dénoncées par de nombreuses
organisations internationales des droits de l'homme et le Parlement européen, constitue un des
principaux obstacles à la solution du conflit. Le peuple sahraoui n'en peut plus de vivre en exil ou
sous occupation! Il aspire à décider librement de son avenir.
Le MRAP exige du gouvernement français qu'il change de politique et contribue activement
à la solution du conflit avec la libération des prisonniers politiques sahraouis (22 purgent des peines
de prison de 20 ans à la perpétuité) et à la tenue rapide du référendum d'autodétermination. Le
MRAP demande aussi au gouvernement français et aux États membres de l'Union européenne de
s'engager sur la voie de la reconnaissance de la RASD qui constituerait un signal fort pour mettre
fin à l'occupation du Sahara occidental et permettre au peuple sahraoui de recouvrer sa souveraineté
sur son territoire.
Vive la lutte du peuple sahraoui pour son indépendance!
Vive le 40ème anniversaire de la RASD!
Paris le 22 février 2016
Association nationale d’éducation populaire – Organisation non gouvernementale dotée du statut consultatif auprès des
Nations Unies – Membre de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme
– Agrément d'éducation nationale - Association créée en 1949 -
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jeudi 25 février 2016

Un marathon pour un référendum au Sahara occidental

40e anniversaire de la création de la RASD

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Zine Cherfaoui, 24/2/2016

22 pays étaient représentés au marathon de la liberté parmi lesquels les Etats-Unis, la Chine, l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Algérie, l’Italie et la Suède. Pour la première fois, une centaine de Sahraouis des territoires occupés illégalement par le Maroc ont rallié Laâyoune pour participer à l’événement sportif.  

Le coup d’envoi des festivités devant marquer le 40e anniversaire de la création de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) a été donné hier, dans le camp de réfugiés sahraouis de Smara, avec l’organisation d’un marathon, le 16e du genre, auquel ont participé 500 athlètes venus des quatre coins de la planète. Dans cette course de la liberté, 22 pays étaient représentés parmi lesquels les Etats-Unis, la Chine, l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Algérie, l’Italie et la Suède. Pour la première fois, une centaine de Sahraouis des territoires occupés illégalement par le Maroc ont rallié Laâyoune pour participer à l’événement sportif.

vendredi 29 novembre 2013

Du matériel sportif bienvenu, offert dans les campements de réfugiés

Par APSO, 27/11/2013








En octobre 2013, par l’intermédiaire du Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU (UNHCR), l’entreprise Samsung et le Comité Olympique International ont soutenu le sport sahraoui par un important don en matériel sportif.

Des ballons de football, volleyball et basket, chasubles, filets, signalisation de stades, pompes et cantines de stockage ont été remis à chaque école des campements de réfugiés, à chaque centre jeunesse, chaque club, chaque institution médicale et administrative. Les collèges, centre de formation professionnelle des campements ainsi que les étudiants sahraouis organisés dans l’UESARIO ont également reçu une part de ce soutien.
           
Selon Mohamed Mouloud Mohamed Fadel, Ministre sahraoui à la Jeunesse et aux Sports : « c’est une aide nécessaire. Être réfugié n’implique pas que nous n’ayons pas le droit au sport et que nos besoins en sport ne soient pas couverts.
Aider les réfugiés à faire du sport, c’est les aider à améliorer leur qualité de vie, leur donner les moyens de penser à autre chose que les difficultés de la vie quotidienne et de la situation géopolitique. C’est une aide psychologique et morale.
C’est aussi une autre manière de travailler la paix, les valeurs du sport éduquent au bon comportement pour les enfants et les jeunes.
Ce don est enfin une opportunité pour appeler chacun au niveau international à appuyer cette dynamique par d’autres soutiens, matériels pour d’autres sports, et de formation et d’entrainement, d’invitation à partager des compétitions à tous les niveaux, local et international, et pour tous les âges. »

Par APSO, le 27/11/2013

 

samedi 25 mai 2013

Les Sahraouis déterminés à poursuivre la lutte jusqu’à la libération totale des territoires sahraouis


Les participants à la rencontre des commissaires politiques tenue lundi soir à Tifariti dans les territoires sahraouis libérés ont réitéré leur détermination "à poursuivre la lutte" jusqu’à la libération totale de tous les territoires sahraouis. La participation de la délégation représentant les différentes villes sahraouies occupées, composée de 10 personnes, aux festivités commémorant le déclenchement de la lutte armée se veut "une occasion pour contacter les Sahraouis dans les camps de réfugiés et les territoires libérés", a indiqué le président de l’organisation sahraouie de lutte contre la torture, Mami Amar Salem, dans une déclaration à l’APS en marge de cette rencontre.
"Nous considérons que c’est aussi une occasion à même de permettre à cette délégation d’informer les différentes délégations étrangères présentes et les médias sur les graves violations commises par l’Etat marocain dans les territoires occupés notamment après les différentes intifada appelant à l’indépendance du Sahara occidental", a-t-il affirmé.
Le représentant de la délégation a dénoncé "l’intransigeance de la position marocaine" face à la question sahraouie, faisant fi des résolutions onusiennes, appelant la communauté internationale et les organisations internationales à œuvrer à la levée du blocus médiatique et militaire imposé aux régions occupées.
Les participants venus des territoires libérés et des camps de réfugiés ont exprimé pour leur part, "leur satisfaction de la tenue de cette rencontre dans la région de Tifariti libérée par l’armée nationale sahraouie", soulignant "la nécessité de revoir tous les engagements pris avec l’ONU".
Ils ont appelé l’ONU à être un véritable acteur et partenaire, un témoin et un défenseur de la cause sahraouie dont les prémices de la victoire commencent à apparaître.
Les festivités commémorant le 40e anniversaire du déclenchement de la lutte armée du peuple sahraoui se poursuivent ce mardi et pour la deuxième journée consécutive dans la ville de Tifariti, à travers des expositions de photographies relatant le parcours de la lutte armée du peuple sahraoui et de produits d’artisanat sahraouis, outre la poursuite des travaux de la rencontre des secrétaires et commissaires politiques des différentes régions et institutions sahraouies.
Le programme des festivités comprend des parades militaires et des activités artistiques, culturelles et sportives. (SPS)

samedi 11 mai 2013

Sahara : le coût de l'autoritarisme


Les derniers développements sur l'affaire du Sahara montrent que le Maroc a raté les tournants de 1999 et 2011. Seul un processus de démocratisation crédible permettrait la reconnaissance internationale de la marocanité du Sahara.


Aboubakr Jamaï

Ali Anouzla
 La réaction du régime marocain et de ses soutiens à la tentative des Etats Unis d'élargir le mandat de la MINURSO au contrôle du respect des droits de l'homme était prévisible et...logique. Prévisible car comme d'habitude le hooliganisme s'est paré du masque du patriotisme, dans les médias et au sein du Parlement. La réaction du régime marocain était tout aussi logique. D'abord parce qu'il y a de quoi se sentir trahi. Trahi par un allié, en l'occurrence les Etats-Unis, pour lequel les services marocains ont torturé à souhait lors de la dite «guerre contre le terrorisme». Un allié pour lequel le régime a sali l'honneur des Marocains en mettant à disposition des « Blacks sites », ces prisons secrètes où une «main d'œuvre» marocaine se chargeait de la sale besogne. Un allié pour lequel le Maroc s'est humilié à la face du monde lorsqu'il a fait volte-face en refusant de ratifier le traité de la cour pénale internationale après l'avoir signé, parce que l'administration Bush n'en voulait pas.
Et puis, c'est une réaction logique pour un régime qui veut profiter du rayonnement qui va avec le statut de démocratie sans vouloir en payer le prix. Le projet de résolution américain allait, en quelque sorte, acter ce mensonge.
Dans cette affaire le Maroc tente d'atteindre deux objectifs. Faire pleinement partie du concert des nations et affirmer sa souveraineté sur ce que la communauté des nations appelle le Sahara Occidental. Le Maroc aurait pu poursuivre un seul de ses objectifs : la marocanité du Sahara. Il aurait pu refuser l'implication des Nations-Unies et affronter par la force s'il le faut toute contestation à sa souveraineté sur ses provinces du sud. Il aurait alors choisi l'isolement, l'autarcie. Une attitude nord-coréenne avec des implications nord-coréennes pour sa population. Il est utile de rappeler ces évidences car souvent le ton du débat national laisse croire que nous sommes prêts à payer n'importe quel prix. D'accord, mais commençons par avoir une idée du prix. C'est précisément parce que les autorités marocaines sont conscientes des conséquences d'un rejet de la médiation internationale qu'elles tentent d'atteindre les deux objectifs en même temps : souveraineté sur le Sahara ET intégration dans la communauté des nations.

Comment s'y sont-elles prises ? Mal. Les défaillances tactiques n'ont pas manqué. Plus problématique et plus lourde de conséquence est leur incohérence stratégique.
La pantalonnade de l'expulsion d'Aminatou Haidar, le désastre Gdim Izik où le PAM et l'Istiqlal ont tour à tour joué les pompiers pyromanes, et plus récemment la débandade de l'exigence du départ de Christopher Ross, font partie de la première catégorie. Dit poliment, des défaillances tactiques. Plus crûment, des opérations d'une insondable stupidité. Leur point commun, être directement piloté par le palais, ou par des affidés comme cela a été le cas pour Gdim Izik. C'est pour cela que la dernière sortie de Mustapha Bakkoury proposant la création d'une commission nationale présidée par le roi pour piloter le dossier du Sahara sous prétexte que le gouvernement a failli, est grotesque d'hypocrisie. Benkirane et son gouvernement sont innocents de ces défaillances. Enfin, pas tout à fait. En avalisant un système institutionnel qui met la monarchie au dessus de toute reddition de compte, ils adhèrent à ses politiques, l'encouragent à persister dans ses errements, et en deviennent complices.
Le cabinet royal s'est empressé de publier un communiqué clamant victoire après le passage de la résolution sur le prolongement de la MINURSO. L'objectif évident est de signifier que c'est bien le palais qui avait réalisé cet exploit. L'objectif moins avouable est d'espérer masquer le grave échec qu'est la tentative même par les Etats Unis d'introduire cette résolution. C'est un échec grave car il souligne une déroute stratégique.
Les condamnations répétées d'organisations internationales de défense des droits de l'homme, avec comme couronnement le rapport de Juan Mendez, le Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, concluant à la persistance de l'impunité et de violations sérieuses des droits de l'homme, viennent démentir un mythe. Le mythe selon lequel le régime marocain a définitivement tourné la page des atteintes graves aux droits de l'homme. Le régime a cru faire l'économie d'un vrai processus de démocratisation en effeuillant la gauche et la société civile de ses éléments tentés par les ors du Makhzen, et en les plaçant à tour de rôle a la tête d'instances et autres commissions. Il pensait montrer ainsi ce qu'il fallait de progrès en matière des droits de l'homme pour convaincre la communauté internationale. Il a cru que torturer pour les Américains, offrir l'économie marocaine aux entreprises françaises pour venir s'empiffrer de profits gargantuesques, et engraisser quelques grandes familles sahraouies allait lui acheter la paix, l'autorisation de faire ce qu'il veut au Sahara. Et dans le reste du Maroc, d'ailleurs...
Si c'était la seule façon de faire accepter la souveraineté marocaine sur le Sahara et en jetant toute considération éthique par la fenêtre, peut être. Sauf que non seulement ce n'est pas la seule manière, c'est la pire.
Qui se rappelle aujourd'hui que lors des importantes manifestations à Laâyoune en septembre 1999, il n' y avait pas un seul drapeau de la RASD, ni revendications d'indépendance ? Un peu plus de cinq années plus tard, en mai 2005, des manifestations de la même ampleur auront lieu à Laâyoune. Cette fois les revendications sont clairement indépendantistes. La question est : Que s'est-il passé entre-temps ? Ou, que ne s'est-il pas passé entre-temps ?
Après les événements de 1999, le roi avait limogé Driss Basri sous prétexte que les forces de l'ordre avaient fait preuve de violence injustifiée à l'égard des manifestants. Dans la foulée, il annonçait dans son discours commémorant la marche verte qu'il allait créer un conseil (CORCAS) qui s'occuperait de porter les revendications des sahraouis et dont les membres seraient élus par les populations sahraouies.
Que fit la monarchie ? Rien. Il fallut attendre les événements autrement plus sérieux de mai 2005, pour que, sous la pression, le roi décide de créer ce fameux CORCAS. Mais avec une différence de taille par rapport aux promesses de 1999 : cette fois ses membres seront désignés par le roi.
S'il n'y avait que ça. Durant cette période, les promesses d'un jeune roi que beaucoup croyait convaincu de la nécessité de démocratiser le pays, se sont mues en certitudes d'une monarchie ivre de son pouvoir.
Centre de détention de Témara et ses torturés, brutalités policières, justice toujours aux ordres, presse interdite et gloutonnerie affairiste décilleront une génération de Sahraouis, la génération d'Aminatou Haidar, de Mohammed Moutawakil et d'Ali Salem Tamek. Une génération que le projet d'un Maroc démocratique aurait peut être séduit. C'était cela l'opportunité du Maroc. Convaincre ces jeunes Sahraouis que leurs aspirations à la liberté et au respect de leur dignité auraient plus de chances de se réaliser dans le cadre d'un Maroc démocratique.
Le projet d'autonomie avait un sens dans ces conditions. Le choix pour cette génération aurait été entre un Maroc qui se construit, qu'ELLE serait invitée à construire, et un processus d'indépendance qui les mettrait aux prises avec des élites du Polisario, au moins en partie, toujours engoncées dans une mentalité de guerre froide et sous l'influence du régime algérien.
Par ailleurs, la politique de l'achat des consciences n'a pas seulement visé les élites sahraouies. Les avantages dont bénéficie la majorité des sahraouis en termes de services sociaux, d'accès prioritaire aux emplois de la fonction publique, d'investissements publics et autres exonérations fiscales ont exaspéré les défavorisés du « nord ». Après Gdim Izik, ce ressentiment est apparu avec force. Une sorte de racisme anti-sahraoui décomplexé s'est déployé dans l'espace public. Une réaction qui n'a fait qu'exacerber le sentiment d'aliénation de populations dépeintes comme choyées et ingrates. C'est comme cela que cette idée néfaste d'acheter l'assentiment par l'argent a produit l'effet opposé.
La responsabilité d'Abdelilah Benkirane et des élites politiques qui, comme lui et son parti, ont choisi d'accepter la perpétuation de l'autoritarisme est à cet égard historique. Le retrait de l'élargissement du mandat de la MINURSO au contrôle du respect des droits de l'homme n'a pas réglé grand-chose. Par leur tentative qui vient s'ajouter au rapport de Juan Mendez et aux innombrables interpellations de la communauté internationale, les Etats Unis ont signalé que la répression exercée par les autorités marocaines pouvait avoir un coût. En d'autres termes, le militantisme indépendantiste devenait, à contrario, moins coûteux. Le résultat ? On l'a vu dès le lendemain du vote du conseil de sécurité. Les indépendantistes ont moins peur. Ils bravent des coups de matraques qui coûteront de plus en plus cher au régime marocain.
L'adhésion d'une jeune génération sahraouie, qui est née après la marche verte et a fréquenté l'école publique marocaine, au chantier d'un Maroc démocratique aurait dû être le meilleur atout du Maroc pour régler la question du Sahara. En l'absence de démocratisation crédible, elle est devenue son plus sérieux handicap.
Concrètement, il faut leur permettre de s'exprimer librement même lorsqu'ils demandent l'indépendance. Il faut permettre aux acteurs crédibles de la société civile de multiplier les contacts et créer des liens avec leurs vis-à-vis au Sahara. Il faut éradiquer ce cancer qu'est la prédation économique. Les fermes des potentats qui pompent les nappes phréatiques à Dakhla et ailleurs sont un crime écologique et contre l'intégrité territoriale du pays. Assez des agréments d'exploitations de carrières de sable octroyés aux suppôts du régime. Mettre fin à ces pratiques enverrait un signal puissant et crédibiliserait ce tournant de gouvernance.  Mais cela n'est possible et ne serait crédible qu'à la condition d'une vraie démocratisation des institutions du pays. Nous avons raté les tournants de 1999 et de 2011, persister sur le même chemin nous fera un jour perdre le Sahara. Seule la démocratisation des institutions du pays nous donnera une chance de faire reconnaître la souveraineté du Maroc sur son Sahara et immuniser son intégrité territoriale.
Le Maroc a, depuis le début de cette affaire, misé sur le facteur temps pour affaiblir ses adversaires. Aujourd'hui, ce facteur s'est transformé en guerre d'usure en raison de l'accumulation des erreurs. Le temps, au lieu d'effacer ces erreurs ou les faire oublier, ne fait qu'en amplifier le coût.

Révision du texte par Ahmed Benseddik

/index.php/politique/711-edito-sahara-le-cout-de-l-autoritarisme
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Conflit du Sahara occidental : le Front Polisario n’exclut pas le recours à la lutte armée si l’ONU ne parvenait pas à régler la question du Sahara occidental par voie référendaire

Par Rabah Beldjenna, El Watan, 12/5/2013

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 Organisation d’une journée de soutien et de solidarité avec les manifestants des territoires occupés.
| © Sami. K.Organisation d’une journée de soutien et de...
 

Le secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, n’a pas exclu, hier, la possibilité de «reprendre les armes» contre le Maroc si l’ONU «ne parvenait pas à régler définitivement la question du Sahara occidental par voie référendaire». «Nous avons cru en l’ONU, mais si elle échoue dans l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental pour permettre au peuple sahraoui de retrouver son indépendance, nous reprendrons les armes pour libérer nos territoires», a déclaré M. Abdelaziz.

 

Camps de réfugiés sahraouis (Tindouf)
De notre envoyé spécial

Lors d’une conférence de presse, au second jour des célébrations du 40e anniversaire de la création de son mouvement, il a indiqué que les manifestations organisées depuis 2005 dans les territoires occupés avaient montré le «caractère pacifique» de la lutte du peuple sahraoui «qui milite pour récupérer les terres spoliées par le colonisateur marocain».
La veille, M. Abdelaziz avait soutenu que «la politique de la peur et de la terreur pratiquée par l’Etat marocain a échoué. Le temps où cette politique se pratiquait à huis clos est définitivement révolu». Pour le représentant du Front Polisario, «le Maroc est devenu la vraie source de danger pour la région. C’est un pays producteur et exportateur de drogue. Il a transformé la région en une véritable poudrière propice à la prolifération de tous les crimes organisés».
Interrogé sur le non-élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme dans les territoires occupés, M. Abdelaziz a estime «ne pas comprendre la pertinence de l’existence d’une instance de l’ONU qui n’œuvre ni pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination ni à la surveillance des droits de l’homme bafoués par la colonisation marocaine». Le Conseil de sécurité de l’ONU avait adopté, le 25 avril dernier, la résolution 2099 sur le Sahara occidental, dans laquelle il a réitéré son appel à une «solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental», tout en soulignant «l’importance de l’amélioration de la situation des droits de l’homme» dans les territoires occupés par le Maroc.
Évoquant les exactions et tortures exercées par le Maroc sur les Sahraouis dans les territoires occupés, M. Abdelaziz a indiqué que le Maroc «a échoué dans toutes ses tentatives de déposséder le peuple sahraoui de sa personnalité». Au second jour des festivités célébrant le 40e anniversaire de la création du Front Polisario, le camp de réfugiés de Smara a d’ailleurs organisé, hier, une journée de solidarité et de soutien en faveur des «manifestations pour la liberté» organisées ces derniers jours dans les territoires sahraouis occupés. Plusieurs représentants d’ONG et de pays étrangers ont, à l’occasion, dénoncé les «exactions innommables» commises par les forces marocaines.
Des manifestations pacifiques se poursuivent actuellement au Sahara occidental et les services de sécurité marocains n’hésitent pas à les réprimer dans le sang, faisant des dizaines de blessés. La situation dans les villes sahraouies comme El Ayoun, Smara et Boujedour s’est d’ailleurs considérablement détériorée depuis jeudi dernier. Les forces marocaines de répression, selon des témoignages des militants sahraouis venus dans les camps de réfugiés, mènent de véritables chasses à l’homme contre les militants sahraouis dans le but de les empêcher de manifester.
Plusieurs vidéos circulant sur la Toile montrent des scènes d’une violence sans précédent, où des policiers marocains bastonnent des femmes, des hommes et des enfants.

 Inscrit depuis 1964 sur la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples colonisés, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc avec le soutien de la France et la complicité de  l’Espagne.                                                                                                       
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