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samedi 18 février 2017

« Ma vie est vaine, je suis Marocaine ».

Ceci est une histoire vraie, j’en témoigne. 

Atika est née dans une famille de notables comme on dit par ici, de Rabat plus précisément. Famille d’origine andalouse, traditionnelle et conservatrice. Et riche. Elle m’avait montré un jour fièrement une photo d’elle au début de la puberté, à la Mecque, un chapelet à la main, où son père avait crû bon l’emmener. Comme d’usage, elle se marie à une famille de notable, comme on le fait par ici, de Salé, un homme puissant. Blonde aux yeux bleus et élancée, elle avait tout pour plaire. Elle entra dans la fonction publique comme secrétaire, un poste respectable à l’époque. A Rabat, évidemment. Sa beauté fit son malheur, de la part des hommes, assoiffés de chair, comme de la part des femmes, jalouses. Sa vie professionnelle fut un enfer, loin de l’épanouissement promis.
C’est dans ce milieu que je fis sa connaissance, il y a plus d’une dizaine d’années. Elle eut 4 enfants, divorça. Sa famille ne le lui pardonna jamais. L’ainé, violent, machiste et conservateur, partit faire sa vie. Elle m’avoua un jour qu’il avait levé la main sur elle maintes fois et que c’est cette violence qui l’avait fait partir. Elle s’occupa sans relâche de ses trois autres enfants. Avec son salaire de secrétaire. Le dernier a 13 ans.