Et si, toute notre vie, nous touchions un revenu garanti ? Depuis
juillet, la région Aquitaine planche sur l'idée. Du 21 au 23 août, le
mouvement français se réunit pour la propager. Explications avec
Jean-Eric Hyafil, doctorant en économie.
Fermez
les yeux. Imaginez que chaque mois l’État vous fasse un chèque. Pour le
mériter, vous n’avez rien d’autre à faire que d’exister. Et ce
privilège ne vous est pas réservé. Autour de vous, chaque individu,
qu’il soit chômeur, actif, inactif, étudiant ou retraité, reçoit pendant
toute sa vie une enveloppe de quelques centaines d’euros qui couvrent
ses besoins les plus élémentaires. Tel est l’esprit du revenu de base
que la région Aquitaine envisage d’expérimenter
dans une formule allégée. Avec l’adoption, à la surprise quasi
générale, d’une motion déposée par les élus Europe Écologie - Les Verts
(EELV) en juillet dernier, la région s’est engagée à plancher sur un RSA
inconditionnel. La proposition n’est pas nouvelle. L’ idée d’un revenu
universel a été théorisée dès le XVIIIe siècle par l’Américain Thomas
Paine. Au niveau international, le mouvement BIEN
(Basic Income Earth Network) la porte depuis 1986. En 2014,
285 000 Européens ont signé une pétition pour forcer le Parlement et la
Commission à s’y intéresser. Du 21 au 23 août, le Mouvement français pour un revenu de base
se réunit à Annecy (Haute-Savoie) pour peaufiner le projet. Doctorant
en économie à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, Jean-Eric Hyafil
est l’un des participants. A la veille de soutenir sa thèse sur le
revenu universel, il explique ses conditions de succès et ses vertus.
