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samedi 18 janvier 2014

« La régularisation d'immigrés nous évitera le drame de Lampedusa »





 Le ministre chargé des Marocains résidents à l'étranger et des affaires de la migration, Anis Birou a affirmé récemment que « le bureau de régularisation de la situation des immigrés connaît un nombre important de visites de la part des personnes concernées. Le 4 janvier par exemple nous étions déjà à 4500 enregistrements d’immigrés. Le bureau donne des rendez-vous afin d’éviter les files d’attentes inutiles ».
Dans une interview accordée au quotidien arabophone Al Nas, Anis Birou a affirmé que « les immigrés ont une grande opportunité aujourd’hui pour régulariser leur situation illégale, surtout s’ils répondent à l’un des critères d’éligibilité : Avoir vécu plus de 5 ans au Maroc ou être marié à un marocain ou marocaine pendant au moins 2 ans, être marié pendant au moins 4 ans à un ou une immigrée d’un autre pays et dont la situation est régulée, avoir un contrat de travail d’au moins deux ans, avoir une maladie grave ou encore avoir des enfants issus des mariages cités plus haut ».
Le ministre a  également affirmé qu’un projet de loi global relatif à l’immigration est en cours d’étude afin d’éviter le trafic d’humains.
« Ceci dit, l’Histoire se souviendra de cette initiative royale qui nous évitera la tragédie de Lampedusa de l'immigration… », a conclut Anis Birou.
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 Nouvelles politique de l'immigration :L'accès aux services de santé au cœur des 10es Assises nationales de l'ALCS
Yassine Benargane 

Dernière mise à jour :

Les 10es Assisses nationales de l'Association marocaine de lutte contre le Sida (ALCS) se sont ouvertes vendredi soir à Rabat, sous le thème “Nouvelles politique de l'immigration et accès aux services de santé”. Ce sujet brûlant d'actualité qui sera débattu durant ce weekend, permettra de réfléchir sur les outils susceptibles d’améliorer l'accès aux soins de ces populations migrantes.



Les 10es Assisses nationales de l'Association marocaine de lutte contre le Sida (ALCS) se sont ouverts vendredi soir à Rabat, sous le thème “Nouvelles politique de l'immigration et accès aux services de santé”. /DR Les 10es Assisses nationales de l'Association marocaine de lutte contre le Sida (ALCS) se sont ouverts vendredi soir à Rabat, sous le thème “Nouvelles politique de l'immigration et accès aux services de santé”. /DR Agrandir


Alors que le gouvernement s'attelle à l'élaboration d'une politique migratoire fondée sur le respect des droits de l'homme, les défis pour répondre aux besoins médicaux et psychologiques des migrants subsahariens restent considérables.
C'est dans cette logique que l'Association marocaine de lutte contre le Sida (ALCS) a choisi “L'accès aux services de santé” comme thème de ses 10e Assises nationales.
Lors de la cérémonie d'ouverture, la présidente de l'ALCS, Professeur Hakima Himmich, a estimé que l'association a été interpellée du fait qu'elle est convaincue que “tous les droits humains, y compris le droit à la santé, s'appliquent à toutes les personnes et donc aux migrants”.
Lorsque, il y a quelques mois nous avons retenu ce thème, nous ne pouvions espérer que le contexte marocain allait évoluer si vite. À la suite du rapport du CNDH “Étrangers et droits de l'Homme au Maroc”, le Souverain a lancé une nouvelle politique de la migration.”
Pr. Hakima Himmich, Présidente de l'ALCS.Consciente que les défis pour répondre aux besoins médicaux et psychologiques de cette population restent considérables, des présentations, des discussions et des recommandations seront au cœur de ces Assises.
“Nous nous sommes rendu compte qu'il ne suffisait pas d'assurer la prise en charge de ces personnes, mais qu'il fallait mener des actions de prévention auprès de ces populations particulièrement vulnérables et faire du plaidoyer pour une prise en charge globale de tous leurs problèmes de santé.”
Pr. Hakima Himmich.
Tout en rappelant que la section de Rabat qui s'est étalée depuis 2005 sur des programmes de prévention pour les migrants subsahariens, en étroite collaboration avec Médecins sans frontières, la Coopération suisse ainsi que plusieurs partenaires, la présidente de l'ALCS - section Rabat, docteur Fatiha Rhoufrani a indiqué pour sa part que l'association a proposé au Conseil national des droits de l'homme ce thème afin de partager les expériences.

Plusieurs mesures prises dans le cadre du Plan national
Pour sa part, le directeur du département de l'épidémiologie au sein du ministère de la Santé, Abderrahmane Maaroufi, dans un discours lu au nom du ministre de la Santé, Houcine El Ouardi, a rappelé les différentes mesures prises par ce département.
Il a cité à cet égard le règlement intérieur des hôpitaux, adopté par les différents services du ministère, et qui incite à garantir les services de soins de base dans tous les établissements quelle que soit la nationalité du patient.
M. Maaroufi n'a pas manqué de souligner que le Plan stratégique national de lutte contre le sida 2012-2016 a intégré des mesures et des actions pour la population migrante. Selon lui, ils sont quelques 2.500 migrants ayant bénéficié de prestations de dépistages en 2012, et 230 migrants qui bénéficient d'une trithérapie.
Il a également fait savoir que l'année 2014 connaîtra le renforcement des initiatives et actions en matière de prévention et prise en charge totale en matière de traitement pour cette population.
Ces Assises connaîtront d'autres conférences et tables rondes afin de présenter notamment l'état des lieux en matière de santé et migration, ainsi que l'expérience de l'association en la matière. Elles évoqueront également l'approche intégrée et plurisectorielle de la santé des migrants au Maroc.
Les résultats et recommandations de ces Assises seront présentés dimanche à Rabat.


samedi 7 décembre 2013

Les Syriens exclus de l’opération de régularisation du statut des réfugiés

Libération

Par Hassan Bentaleb, 6/12/2013

517 dossiers de personnes de différentes nationalités apurés par la commission ad hoc


Les Syriens exclus de l’opération de régularisation du statut des réfugiésLa liste des réfugiés recommandés par la commission ad hoc vient de tomber.

 Sur les 517 personnes interviewées par la commission, 509 ont été recommandées pour la régularisation de leur statut. Elles recevront une carte de réfugié du Bureau des réfugiés et des apatrides (BRA) et, par la suite, un titre de séjour qui leur garantira l’accès aux droits y afférents (accès au marché du travail, aux services sociaux publics, etc.).  Les huit personnes restantes sont des enfants nés de mariages mixtes et à qui la nationalité marocaine sera octroyée conformément aux dispositions du Code de la famille. Les Ivoiriens arrivent en tête avec 239 réfugiés suivis par les Congolais de Kinshasa (128), les Irakiens (82), les Palestiniens (33) et les Camerounais (6).  D’autres nationalités figurent également sur cette  liste.

Les grands absents sont les Syriens. Ils sont 834 demandeurs d’asile à ne pas avoir bénéficié du statut de réfugiés. Une exclusion qui persiste depuis janvier 2013, date à laquelle le HCR-Maroc a cessé d’enregistrer leurs dossiers de demande d’asile. Et pour cause : le Royaume a pris l’engagement de mettre au point un programme spécifique d’accueil destiné aux Syriens. Une démarche qui peine encore à voir le jour. « Cette question semble beaucoup traîner. Elle nous préoccupe énormément et constitue aujourd’hui l’une des priorités que nous comptons résoudre d’ici deux à trois mois », nous a déclaré Marc Fawe, chargé des relations extérieures de l’UNHCR-Maroc. Mais comment peut-on expliquer ce retard ? « Les  autorités marocaines cherchent encore un dispositif d’identification qui soit efficace. Un problème qu’on trouve même dans les pays développés », nous a précisé Marc Fawe. En effet, nombreux sont les demandeurs d’asile qui ne présentent pas de documents de voyage et d’identité originaux. Certains dissimulent ou détruisent leurs documents voire déposent de fausses déclarations et utilisent plusieurs identités.
Un problème des plus complexes notamment sur le plan technique et pratique faute de registres nationaux fiables de population et de banques de données numérisées répertoriant les empreintes digitales dans les pays d’origine.Mais il n’y a pas que cet aspect technique qui retarde la mise en place d’un tel dispositif.
 Les préoccupations sécuritaires s’invitent aussi au débat. Le Royaume craint l’infiltration sur son  territoire de jihadistes et de personnes impliquées dans des crimes de guerre.  La présence de pareils profils expose le pays à de vrais risques terroristes. En effet, plusieurs rapports émanant des services secrets de plusieurs pays ont révélé que des personnes de différentes nationalités, y compris marocaine, se rendent en Syrie pour combattre le régime de Bachar Al-Assad. On soupçonne certains de ces combattants d’avoir rejoint des groupes extrémistes locaux ayant acquis une expérience dans d’autres zones de conflits, comme l’Irak et l’Afghanistan. 

Pourtant, loin de toutes ces considérations sécuritaires, la publication de ladite liste ne va pas changer grand-chose à la vie des bénéficiaires. Ils disposent aujourd’hui d’un simple récépissé en attendant la délivrance d’une carte de réfugié à cause des problèmes techniques. Les droits garantis par cette carte restent incertains vu que le nouveau cadre législatif et institutionnel tarde à voir le jour. Les réfugiés sont donc appelés à s’armer de patience car il s’agit d’une période transitoire qui s’étendra jusqu’à la mise en œuvre effective de la nouvelle politique d’asile.
 Des incertitudes auxquelles le chargé des relations extérieures de l’UNHCR-Maroc n’accorde pas d’importance. D’après lui, le travail de la commission ad hoc composée de représentants des ministères des Affaires étrangères, de l’Intérieur, de la Justice et de l’Emploi, de la délégation interministérielle aux droits de l’Homme (DIDH) et du HCR, marque une nouvelle étape dans la politique d’asile au Maroc. « Les autorités marocaines semblent prendre progressivement leurs responsabilités vis-à-vis des réfugiés et des demandeurs d’asile.  Nous pensons que nous nous acheminons vers davantage de protection et de garantie des droits de ces personnes », a-t-il conclu.


http://www.libe.ma/Les-Syriens-exclus-de-l-operation-de-regularisation-du-statut-des-refugies_a44638.html