Condamnation inique pour Amina Morad et
Benasser Ismaïni, les 2 militants de l’association de défense des victimes des
microcrédits de Ouarzazate :
1 an de prison ferme et 10000dh
d’amende.
Ils ont 10 jours pour se pourvoir en
cassation.
ATTAC CADTM MAROC
Contre la mondialisation libérale
Solidarité
avec les victimes des microcrédits de Ouarzazate
Condamnation inique pour
Amina Morad et Benacer Smaïni, les 2 militants de l’association de défense des
victimes des microcrédits de Ouarzazate :
1 an de prison ferme et
10000dh d’amende.
Ils ont 10 jours pour se
pourvoir en cassation.
Ce mardi 11 février 2014 a été prononcé le verdict devant la Cour d’Appel de
Ouarzazate
Le
procès de Amina Morad et Benasser Ismaïni, les 2 militants de l’association de
défense des victimes des microcrédits de Ouarzazate s’est tenu ce mardi 11
février 2014 sous une présence policière importante.
Dès
9h30 ce matin le juge, venu spécialement de Rabat, a rapidement prononcé le verdict et réclamé 1
an de prison ferme et 10 000 dh d’amende.
Les
victimes des microcrédits, venues en nombre de toute la région, ont manifesté
tôt ce matin devant le Tribunal de Ouarzazate, montrant ainsi leur solidarité
entière avec les responsables de leur association.
Amina
Morad et Benasser Ismaïni ont 10 jours pour faire appel en cassation contre ce
jugement inique :
Ce
jugement est non seulement d’une lourdeur invraisemblable, mais il est inique.
Alors
que les témoins à charge ne sont pas présentés et que l’avocat d’ INMAA,
l’organisme de microcrédit qui avait déposé plainte, ne s’est pas présenté au tribunal lors de la
séance du 28 janvier 2014.
Alors
que les avocats de la défense ont présenté des preuves concernant les abus et
les dérapages du système du microcrédit (notamment en ce qui concerne les taux
d’intérêts usuriers qui sont pratiqués)
Alors
que les témoignages accablants se multiplient et que le mouvement contre les
abus des organismes de microcrédit se développe dans plusieurs régions,
Ce
jugement, qui intervient après un procès entaché de multiples vices de forme,
montre bien comment la « Justice » défend des organismes bancaires qui se
situent au-dessus des lois et aggravent la pauvreté de leurs soi-disant « bénéficiaires
» et condamne les victimes de ces agissements et leurs défenseurs.
Il ne
fait pas de doute qu’en condamnant aussi lourdement Amina et Benasser la justice aux ordres cherche à faire peur
aux victimes et à briser leur mouvement.
Nous
appelons à la plus large solidarité nationale et internationale pour que
justice soit rendue à Amina et Benasser et à toutes les victimes des
microcrédits,
Et
pour faire connaître les dérives des
organismes de microcrédit et la lutte de leurs victimes
- Contre la criminalisation de la lutte des
victimes des microcrédits
- Pour l’acquittement pur et simple de
Amina Mourad et Benasser Ismaïni, défenseurs des droits de ces victimes
Rappel : Les quatre organismes de microcrédit
qui avaient porté plainte contre Amina Morad et Benasser Ismaïni pour
escroquerie, diffamation et menaces avaient retiré leur plainte et les deux
militants avaient été blanchis lors du procès en 1ère instance. Mais un nouvel
organisme, INMAA, lié à l’ONG AMSED et à Planet Finances a relancé l’affaire en
appel. Le Procureur avait requis le maximum de la peine, soit 5 ans de prison
ferme pour Amina Morad et Benasser
Ismaïni, militants de l’association de défense des victimes des microcrédits,
devant la Cour d’appel de Ouarzazate lors de la 3ème séance du procès en appel
le 12 novembre 2013.
Lettre à adresser au ministre de la justice du Maroc
À Monsieur Mustafa Ramid Ministre de la justice, Rabat Maroc
Grenoble, le 5 décembre 2013
Objet : demande d’acquittement pour les deux inculpés du procès microcrédit à Ouarzazate
Monsieur le Ministre,
Depuis
plusieurs mois, se déroule à Ouarzazate le procès de deux dirigeants
associatifs : Amina Morad et Benacer Smaïni, animateurs de l’Association
de protection populaire pour le développement social.
Alors
que les quatre organismes de microcrédit qui avaient porté plainte
contre eux avaient retiré leur plainte et que les deux militants avaient
été blanchis lors du procès en 1ère instance, le Ministère public a
fait appel du jugement et un nouvel organisme, INMAA, (lié à l’ONG AMSED
et à Planet Finances) s’est porté plaignant et a permis de relancer
l’affaire.
Selon
les échos qui nous sont parvenus, les débats au tribunal ont mis en
relief le vide du dossier et ont montré comment le système du
microcrédit connaît de nombreuses dérives et enfonce en revanche
davantage les familles, et les femmes en particulier, dans une spirale
de problèmes, tant financiers que matériels et familiaux. Malgré cela,
on veut criminaliser les défenseurs de ces dernières, sans doute pour
mieux les faire taire.
Je
tiens par cette lettre à affirmer ma solidarité entière (ou la
solidarité entière de mon organisation) avec les victimes des
microcrédits et leurs défenseurs et ma préoccupation de voir les
victimes se transformer en accusés.
C’est
pourquoi je vous prie de bien vouloir mettre en œuvre tout ce qui est
en votre pouvoir pour que cessent les poursuites judiciaires
artificielles contre Amina Morad et Benacer Smaini, qu’ils soient tous
deux acquittés et que la justice marocaine protège les organisations
civiles qui défendent les pauvres plutôt que de les condamner sans motif
légitime.
Veuillez croire, Monsieur le Ministre, à mes sentiments de solidarité avec le peuple marocain.
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ATTAC/CADTM
MAROC