LE MONDE |
"Constamment contrôlés par la police." De tous les griefs mentionnés par les jeunes révoltés du peuple de ce pays, cette omniprésence du contrôle et de l'arrestation dans leur vie ordinaire, ce harcèlement sans trêve, est le plus constant, le plus partagé. Se rend-on vraiment compte de ce que signifie ce grief ? De la dose d'humiliation et de violence qu'il représente ?
"Constamment contrôlés par la police." De tous les griefs mentionnés par les jeunes révoltés du peuple de ce pays, cette omniprésence du contrôle et de l'arrestation dans leur vie ordinaire, ce harcèlement sans trêve, est le plus constant, le plus partagé. Se rend-on vraiment compte de ce que signifie ce grief ? De la dose d'humiliation et de violence qu'il représente ?
J'ai un fils adoptif de 16 ans qui est noir. Appelons-le Gérard. Il ne
relève pas des "explications" sociologiques et misérabilistes
ordinaires. Son histoire se passe à Paris,
tout bonnement.
Entre le 31 mars 2004 (Gérard n'avait pas 15 ans) et aujourd'hui, je n'ai pu
dénombrer les
contrôles dans la rue. Innombrables, il n'y a pas d'autre mot. Les arrestations
: Six ! En dix-huit mois... J'appelle "arrestation" qu'on l'emmène
menotté au commissariat, qu'on l'insulte, qu'on l'attache à un banc, qu'il
reste là des heures, parfois une ou deux journées de garde à vue. Pour rien.
