
Par Ali Fkir, 2/9/2009
Nous sommes touTEs interpelléEs !
Le 1er septembre 2009 des centaines d'enfants et de mères de famille sont descenduEs dans la rue à Khouribga pour réclamer justice, rien que la justice. Pères, maris, frères...ont fait l'objet d'une véritable escroquerie: embauchés provisoirement comme temporaires par l'OCP (par l'intermédiaire de sa filiale SMESI-Régie), avec la promesse de régularisation de la situation, se retrouvent aujourd'hui jetés dans la rue après des années de trime sans ressource aucune. 
C'était vraiment un travail au noir. Aujourd'hui l'OCP leur propose de reprendre le boulot dans le cadre d'un contrat à durée de 3 mois.
L'OCP veut renouveler/rajeunir ainsi la force de travail aux moindres coûts: tu commences à travailler à 20 ans, tu maximises le rendement pour que tu puisses être repris à la fin du contrat à DD (sans droit aucun), une fois épuisée ta sève de jeunesse, une fois dépouillé de ton énergie, une fois la courbe de la productivité de ta force de travail devenue décroissante, tu rejoindras le monde du chômage en attendant de rejoindre l'au-delà, en espérant que tu auras "collecté" assez de "hassanates" qui te permettront de mieux vivre là-bas sans fournir aucun effort.
Aujourd'hui:
- Les mères n'ont rien à donner à leurs enfants; ni pain pour les "grands", ni le lait pour les bébés.
- Les enfants -écoliers, ventres creux, ne peuvent aller à l'école par manque de fournitures scolaires... Et dire que le ministère de "l'éducation nationale" vient d'instaurer la tenue unique!
(…)
Ces enfants, ces mères de famille, ces victimes de l'arbitraire lancent un SOS.
Que la conscience se réveille!
Pour les enfants des ouvriers licenciés, n'y a-t-il pas au Maroc une fondation qui pourrait leur apporter les fournitures scolaires?
Azim Mosli
Bonjour Azim,
malheureusement il n'y a pas de fondations pour venir en aide à ce type d'enfants. Les militants n'ont pas les moyens matériels de faire face à ce genre de situations. Les fondations existantes sont financées soit par l'Etat (dans l'objectif d'embellir l'image des décideurs), soit par des bourgeois et autres notables à la recherche d'une notoriété qui leur facilite l'accès à des espaces réservés et s'assurer d'une certaine impunité. C'est le pur "tartuffisme".
N'oublions pas que dans l'histoire de la répression au Maroc, les divers appareils de l'Etat ont toujours fait leur possible pour enfoncer plus les proches des victimes dans le désespoir et dans le besoin, avertissant ainsi les protestataires éventuels.
En 1973, à Khénifra, la fille du martyre OUMADDA (sa mère étant kidnappée alors qu'elle n'avait rien à voir avec les événements d'alors), a été isolée avec sa grand-mère en plein cœur de la ville ; personne ne pouvait l'approcher au risque de se faire arrêter. La grand-mère (ne pouvant supporter la situation) perdit la vie. Les voisins terrorisés n'ont rien pu faire pour venir en aide à la fille. Les autorités ont laissé décomposer le corps "empestant" tout le secteur avant d'autoriser les voisins à s'en occuper.
De temps en temps, les militaires ou les gendarmes venaient chercher la fille, les mains, quelquefois les pieds, ligotés, est éjectée hors de l'hélicoptère, et reste suspendue dans le vide pour plusieurs minutes. Il fallait terroriser la population.
La nature abjecte du système imposé au peuple marocain est unique en son genre.
Bien à toi
Ali Fkir

Suite : Sit-in du 2/9/2009 : Le "GERMINAL" marocain
Le deux septembre 2009, les 850 prolétaires et leurs familles ont observé avec succès un sit in au centre de la ville de Khouribga de 16h à 22h. Aujourd'hui trois septembre ils vont observer un deuxième sit in au même endroit.
Ces ouvriers et leurs familles ne réclament que justice. L'OCP le plus puissant groupe étatique refuse de revoir sa décision arbitraire. L'Etat, patron de l'OCP, encourage la direction dans son entêtement.
Aujourd'hui des milliers d'enfants et de mères de famille sont en détresse: affamés, sans fournitures scolaires, ni moyens pour payer "les frais d'inscription"...les enfants sont poussés malgré eux à pratiquer "l'école buissonnière", ils n'ont d'autre choix qu'à assister aux sit in et aux marches de protestation et à vivre des scènes de répression, les mères vivent une situation cauchemardesque. De quoi nourrir la famille?
C'est pratiquement la réalité décrite dans GERMINAL, avec cette différence qu'on a pas la chance d'avoir un Emile Zola marocain. La plupart de nos "intellectuels" préfèrent profiter des largesses de la "nouvelle" ère, et cultiver l'esprit de la soumission et du défaitisme.
SOUTENONS CEUX ET CELLES QUI SE DRESSENT OU SE REDRESSENT SOUTENONS CEUX ET CELLES QUI DÉFENDENT LEUR DROITS, LEUR DIGNITÉ
DÉCONGELONS NOS CONSCIENCES
LA SOLIDARITÉ AVEC LES OUVRIERS ET LEURS FAMILLES NOUS INTERPELLE
Compte-rendu (en arabe) du sit in du trois septembre 2009
قرير حول اعتصام 02 شتنبر 2009
نزل عمال سميسي ريجي المنضوون تحت لواء نقابتهم العتيدة الاتحاد المغربي للشغل في يومهم الثاني لبرنامجهم النضالي بعزم وصمود إلى ساحة المسيرة بوسط مدينة خريبكة يوم الأربعاء 02 شتنبر 2009 مصحوبين بعائلاتهم وكلهم حماس وإصرار على المضي قدما في درب النضال حتى تحقيق مطالبهم العادلة والمشروعة، وقد عرف الاعتصام حضورا مكثفا للعمال وأسرهم، كما عرفت الفترة الأولى منه التي امتدت من الساعة 04 إلى الساعة 06 والنصف مساء ترديد الشعارات وقرع الطناجر والصحون الفارغة بالملاعق، واستعمال الصفارات، وإلقاء كلمة باسم الاتحاد المحلي لنقابات خريبكة من طرف الأخ عبدالله حسبي، تلتها فترة للاستراحة من 06 والنصف إلى الساعة 08 ليلا تناول المعتصمون والمعتصمات أثناءها إفطارا جماعيا في جو تضامني رائع، واستمر الاعتصام في فترته الثالثة بنفس قوة وحماس الفترة الأولى من 08 إلى الساعة العاشرة ليلا.
وقد عرف هذا الاعتصام نجاحا باهرا تنظيميا ونضاليا كما عرف التحام الجماهير الشعبية بالمئات بالمعتصمين للتعبير عن تضامنها معهم رغم محاولات قوات الأمن إبعادها عن ساحة الاعتصام، كما آزرهم وكالعادة قطاعات الاتحاد المغربي للشغل والجمعية المغربية لحقوق الإنسان وبعض الهيئات السياسية.
. وسيستمر البرنامج النضالي لعمال سميسي ريجي بمعية أسرهم، كالتالي :
· اعتصام يوم الخميس 03 شتنبر 2009 بنفس الساحة من الساعة الرابعة مساء إلى الساعة العاشرة ليلا.
· وقفة احتجاجية يوم الاثنين 07 شتنبر 2009 أمام عمالة إقليم خريبكة من الساعة العاشرة صباحا إلى الساعة الثانية بعد الزوال.
وتتلخص المطالب الأساسية للعمال في التالي :
1- إرجاع كل الموقوفين (850) دون قيد أو شرط.
2- احترام الحقوق والحريات النقابية من طرف إدارة الفوسفاط، وفتح مفاوضات مع المكتب النقابي.
3- إدماج كل العمال في مجموعة المكتب الشريف للفوسفاط وترسيمهم.

Troisième sit in en une semaine
Les 850 prolétaires licenciés arbitrairement par SMESI-Régie (filiale de l'OCP), et leurs familles ont observé le jeudi 3 septembre 2009 de 16h à 22h un sit in en plein centre de la ville de Khouribga protestant ainsi contre cette décision, la dite décision est cautionnée par l'Etat en tant que patron de l'OCP..
Des milliers de personnes ont été délibérément affamées, des milliers d'enfants ont été privés de l'école, des centaines de mères de familles ont été balancées sans ménage dans le gouffre du désespoir.
Réveillons nous !
LA SOLIDARITÉ NOUS INTERPELLE
NB: - le lundi 7 septembre 2009 de 10h à 14h les victimes de l'arbitraire observeront un sit in devant la préfecture de Khouribga