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mardi 18 août 2015

CADTM : La lutte contre le démantèlement des acquis de la retraite doit nécessairement rejoindre la lutte pour l’annulation de la dette publique





Magharebia, Flickr/cc - Mouvement du 20 février au Maroc
L’offensive contre les acquis de la retraite est imminente
Le démantèlement des régimes de retraite |1| au Maroc est imminent. Le Fonds monétaire international (FMI) n’a cessé de faire pression depuis plus de trois ans et en a fait une condition nécessaire pour que le Maroc bénéficie de la ligne de précaution et de liquidité (LPL) |2|. La Banque mondiale (BM) l’a précédé en provoquant les premières études dites actuarielles |3| en 1997 pour l’ensemble des caisses de retraite au Maroc. Et depuis, la BM a supervisé toutes les étapes de la préparation technique, impliqué les organisations syndicales dans sa méthodologie à travers la création de deux commissions (nationale et technique) |4|, et intensifié la campagne médiatique pour préparer l’opinion publique.
L’émergence du Mouvement 20 Février (M20) en 2011 dans le contexte des soulèvements populaires dans la région arabe a momentanément freiné ces préparatifs. Le gouvernement a dû faire des concessions en faveur de la classe ouvrière (augmentation des salaires, embauche de diplômés chômeurs…). Mais la frénésie pour la mise en place de la réforme des retraites reprend à partir de 2012 avec le recul du M20 et la montée du gouvernement « islamiste » de Benkirane. |5|. Différentes institutions de l’État, les médias, les deux commissions (nationale et technique) chargées de la réforme des retraites, seront mis à contribution pour exagérer le déficit des régimes de retraites. Avec l’appui du roi |6|, le gouvernement a pu imposer la réforme avant la fin de cette année afin d’honorer ses engagements avec le FMI et la BM. Tous sont conscients que le rapport de forces actuel, après le déclin du M20, le contexte régional et international, leur est favorable pour passer à l’attaque.

vendredi 14 août 2015

La dette publique marocaine est insoutenable

 Par Omar Aziki, 11/8/2015
 
Magharebia, Flickr cc
La Banque centrale marocaine, Bank al-Maghrib (BAM), a publié fin juillet 2015 son rapport annuel qu’elle a présenté devant le roi. Ce document présente la situation économique, financière et monétaire du Maroc, en lien avec son environnement international. Le rapport passe en revue également les réalisations de l’institution, notamment sa supervision du secteur financier. Le rapport aborde également la question de la dette publique |1|. BAM prévoit qu’elle va augmenter pour l’année 2016, et analyse la capacité de l’économie marocaine à supporter le service de la dette pour la période 2015-2019.
L’endettement augmente
Le rapport constate l’augmentation continue de la dette publique. Fin 2014, son encours représente 741 milliards de DH (environ 74 milliards d’euros) |2|, soit environ 81 % du PIB marocain, la dette ayant repris sa tendance à la hausse dès 2008. La crise du capitalisme mondial (2007-08) a précipité le retour à l’endettement.

La crise alimentaire, la baisse de la demande internationale, la hausse des prix des produits pétroliers, le tarissement des sources des devises (IDE, tourisme et transferts des MRE), ces facteurs contribuent à la crise de l’économie nationale.
Dans ce contexte, les besoins en devises augmentent et le Maroc décide d’emprunter sur le marché financier international. Conséquence de ce choix, ce secteur représente désormais 25 % de l’encours de la dette extérieure marocaine, alors qu’il ne constituait que 11 % en 2010.