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samedi 14 janvier 2017

Lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon

"Jean-Luc, vous avez le meilleur programme, vous êtes en capacité de représenter l’alternative à l’ultralibéralisme qui détruit nos sociétés."

 Candidat du Peuple, candidat du 11 janvier

 Lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon

C’est avec plaisir que ReSPUBLICA, en ce début d’année de bien des possibles, présente ses Voeux militants à ses lecteurs, les remercie de leur fidélité, les encourage à suivre, fût-ce en les discutant, ses positions et à les propager.
Dans la ligne du “soutien critique” qui est le sien depuis l’origine, Evariste, aujourd’hui, cède la place à deux camarades de la Rédaction qui dans une longue adresse à Jean-Luc Mélenchon expriment l’espoir placé dans sa candidature tout en l’interrogeant sur des non-dits de sa campagne.
La Rédaction
M. Mélenchon, vous avez engagé la bataille de l’élection présidentielle de 2017, exceptionnelle par les possibilités historiques qui s’y présentent.
Le système politique s’écroule dans toute l’Europe, par l’effet de souffle de l’effondrement de la social-démocratie. Effondrement mérité : de Tony Blair à François Hollande en passant par Schröder, Gonzalez, Renzi, Clinton ou Djisselblom, la social-démocratie a trahi les classes ouvrières et les peuples, ralliant l’ultra-libéralisme et la destruction des acquis sociaux et démocratiques. Par cette trahison, la social-démocratie brouille profondément la notion de « gauche » et ouvre un boulevard à l’extrême-droite.

L’élection présidentielle française, façonnée pour le « moment populiste »

L’élection présidentielle de 2017 ne dérogera pas à la vague de fond qui, en deux ans, a parcouru la Grèce, le Portugal, l’Espagne, la Grande-Bretagne, les États-Unis puis l’Italie1…C’est le moment des grands chambardements, le « moment populiste », où l’élaboration conceptuelle d’Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, à partir de Gramsci, est devenue un outil pour repenser la stratégie des forces de progrès.
De Gaulle a manié en virtuose l’approche populiste, se proclamant au-dessus des partis et, par-delà les assignations de droite et gauche, s’adressant directement au peuple : « construisant du peuple » à partir des passions, du désir d’union dans la crise historique – pays envahi en 1940, pays en danger de coup d’État militaire dans le marasme des guerres coloniales en 1958. Il n’a pas rassemblé sur un programme, mais sur des affects – « une certaine idée de la France », « Je vous ai compris » …