Journalistes soupçonnés de chantage : une aubaine pour le régime marocain
LE MONDE
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Par Charlotte Bozonnet
Du pain bénit pour le Palais royal. L’affaire impliquant les deux journalistes français Eric Laurent et Catherine Graciet, accusés d’avoir voulu faire chanter le roi du Maroc, est une aubaine pour un pouvoir marocain qui ne goûte guère les critiques sur sa gestion. Au-delà du fait divers, l’affaire jette un voile de suspicion sur ceux, journalistes notamment, qui enquêtent de façon indépendante sur le régime. Désormais, le Palais royal aura beau jeu de discréditer les critiques venues de l’étranger.
Les éléments aujourd’hui connus sont accablants pour les deux journalistes. Aucun doute que des rencontres
ont bien eu lieu, qu’un accord financier a été scellé entre l’émissaire
du Palais, l’avocat Hicham Naciri, et les deux journalistes, et que la
contrepartie était la non-publication d’un ouvrage critique sur le
makhzen. L’enquête
et l’affrontement des avocats porteront sur l’origine de la transaction
: qui le premier a été à l’initiative du deal financier ? Les deux
journalistes dénoncent un piège tendu par le Palais qui, lui, affirme
n’avoir fait que répondre
à la demande des accusés.
