Par Omar Balafrej, cofondateur de l'association "Clarté, courage et ambition".
Figure reconnue, respectée et indépendante du débat politique, social et économique.
sur sa page Facebook. En raison de son intérêt comme
contribution au débat actuel, il est publié sur Médias 24
avec l'aimable autorisation de l'auteur]
Suite à la multiplication d’actes intolérants et
liberticides au Maroc, plus personne ne peut dire qu’il s’agit d’actes
isolés et que notre pays est un havre de paix et de tolérance.
En moins de deux mois, une série d’actes graves et dispersés sur le territoire nous permettent de dire cela. Le 5 mai dernier à Agadir, un Marocain est empêché par la justice de se marier avec une étrangère sous prétexte qu’il aurait été «sataniste» dans sa jeunesse. En mai toujours, le film «Much loved» est censuré et ses acteurs sont menacés de mort. Le 22 mai, trois Marocains sont condamnés à 3 ans de prison pour homosexualité. Le 14 juin, deux jeunes filles sont arrêtées à Inezgane pour avoir porté une jupe et le 30 juin un supposé homosexuel est passé à tabac par une foule hurlante à Fès puis embarqué par la police.
En moins de deux mois, une série d’actes graves et dispersés sur le territoire nous permettent de dire cela. Le 5 mai dernier à Agadir, un Marocain est empêché par la justice de se marier avec une étrangère sous prétexte qu’il aurait été «sataniste» dans sa jeunesse. En mai toujours, le film «Much loved» est censuré et ses acteurs sont menacés de mort. Le 22 mai, trois Marocains sont condamnés à 3 ans de prison pour homosexualité. Le 14 juin, deux jeunes filles sont arrêtées à Inezgane pour avoir porté une jupe et le 30 juin un supposé homosexuel est passé à tabac par une foule hurlante à Fès puis embarqué par la police.
En parallèle, il y a les nombreux actes du quotidien que nous
observons tous, telle cette fille au balcon du 6ème étage qui se fait
insulter de tous les noms par des badauds parce qu’elle fume chez elle,
sur son balcon pendant le ramadan, cette autre jeune fille de 14 ans qui
se fait chasser de la plage parce qu’on n’aurait pas le droit de se
baigner pendant le mois sacré, ces supporters de football qui scandent
des chants à la gloire de Daech…
Cela fait longtemps que de nombreux militants essaient de tirer la sonnette d’alarme, de dire que la religion musulmane est vécue aujourd’hui chez nous, plus comme un arsenal répressif qu’une quête de spiritualité.
Oui, il faut le dire, notre société vit une crise de valeurs. Une crise
de modèle sociétal. Le modèle poursuivi au Maroc en particulier est
incohérent et dangereux. C’est un modèle qui semble viser le «progrès»
sur le plan économique tout en refusant le progrès sur le plan des
libertés, le progrès sociétal et politique.
