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dimanche 5 juillet 2015

Sahara Occidental : pétition d'un collectif de journalistes algériens « Soutenons la mère Tekber Haddi ! »



 Je vous envoie une pétition ,j'espère que  vous la signerez, et que vous  la diffuserez à travers votre réseau de relations et de connaissances, pour avoir le plus de signatures possible. Car, cette pétition, une fois signée, sera envoyée aux instances de l'ONU et autres organisations régionales. 
 
Merci pour votre solidarité et votre aide !
 
Hafida Ameyar
Journaliste au quotidien Liberté
Membre du Collectif de journalistes algériens solidaires avec le peuple sahraoui



Objet : Fwd: Solidarité et Aide, Sahara Occidental : pétition d'un collectif de journalistes algériens
 
Appel- Pétition

« Soutenons la mère Tekber Haddi ! »

Un black-out politico-médiatique est imposé sur la question du Sahara occidental, inscrite depuis 1963 aux Nations unies, au chapitre de la décolonisation.
La lutte du peuple sahraoui contre l’occupation militaire et administrative marocaine, qui dure depuis 1975, peine à être une préoccupation des médias dans le monde, notamment en Europe et en Amérique du Nord, soumis à l’influence des lobbies pro-marocains, qui dominent l’ordre médiatique universel. 
 Les violations quotidiennes des droits de l’Homme dans les territoires occupés sahraouis (disparitions forcées, procès iniques des tribunaux martiaux, harcèlements, arrestations, emprisonnements, tortures, viols et assassinats, restriction des droits aussi fondamentaux que la liberté d’opinion, d’expression et le droit à l’autodétermination et à l’indépendance), ne trouvent pas d’échos dans les médias des pays autoproclamés défenseurs des droits humains.
Le cas de Mme Tekber Haddi, mère du Sahraoui Mohamed Lamine Haidalla, le silence et l’indifférence entourant sa grève de la faim illimitée, depuis le 15 mai dernier, à Las Palmas (Espagne), et qui a duré plus d’un mois, illustrent ce mépris. La mère Haddi réclame toute la vérité sur la mort de son fils, exige des autorités coloniales marocaines sa dépouille et que les responsables soient traduits devant la justice.
Ce énième crime, perpétré par le Maroc, dans les territoires occupés sahraouis, vient élargir la longue liste des violations des droits de l’Homme et des crimes commis contre les Sahraouis, déjà dénoncés par les ONG et rapportés aussi par la Commission des droits de l’Homme de l’ONU.
Le silence entretenu autour de l’affaire Haidalla et du combat héroïque de Mme Tekber Haddi vient rappeler encore une fois la passivité complice des membres du Conseil de sécurité des Nations unies, avec la colonisation marocaine, en particulier le parti-pris de la France, des Etats-Unis et de l’Espagne.

Nous, Collectif de journalistes algériens solidaires avec le peuple sahraoui, nous nous élevons contre l’embargo imposé au « territoire non autonome » du Sahara occidental, qui subit depuis 40 ans, une répression à huis clos.
Nous dénonçons la politique de deux poids deux mesures du Conseil de sécurité de l’ONU, pourtant en charge du parachèvement du processus de décolonisation dans la dernière colonie d’Afrique, à travers l’organisation d’un référendum d’autodétermination, pour lequel il s’est engagé depuis 1991.
Nous soutenons la démarche de l’Union africaine qui, lors de son dernier sommet de Johannesburg, en Afrique du Sud, a réitéré son soutien à son Envoyé Spécial au Sahara occidental, Joaqim Chissano, et appelé le Conseil de sécurité à assumer ses responsabilités et l’Assemblée Générale des Nations unies à fixer une date pour la tenue du référendum d’autodétermination.

- Nous appelons nos confrères et consœurs, ainsi que toutes les consciences libres (intellectuels, artistes, défenseurs des droits de l’Homme, militants du mouvement associatif, personnalités politiques, etc.), à travers le monde, à briser la règle du silence arbitrairement imposée au combat du peuple sahraoui, en rendant compte de la réalité tragique dans les territoires occupés du Sahara occidental.
- En adhérant à cet appel, adressé aux Nations unies, à l’Union européenne, l’Union africaine, la Ligue Arabe et l’Organisation des Etats latino-américains, nous levons le voile qui entoure l’action légitime et citoyenne de la mère Tekber Haddi, l’enlèvement et l’emprisonnement de Salah Lebsir, ainsi que le cas des 600 disparus sahraouis depuis l’invasion militaire marocaine.
Ainsi, le combat pour les droits de l’Homme prendra son sens et retrouvera sa pertinence.

- Aujourd’hui, NOUS N’AVONS PAS LE DROIT de continuer de nous taire devant les souffrances de tout un peuple, maintenu en ce troisième Millénaire sous un système colonialiste.
-NOUS NE POUVONS PAS NON PLUS cautionner l’omerta imposée aux crimes commis contre des civils sahraouis.

Alger, le 21 Juin 2015


Pour signer la pétition, envoyer vos: Nom, Prénom, Profession et Pays, à l’adresse suivante :
elwali.sahraoui@gmail.com




Ou encore: sur la page Facebook : Sauvons la mère Tekber Haddi


Premiers Signataires :

-Louisette Ighlahriz, moudjahida, Algérie;
-Karima Bennour, journaliste, Algérie
-Sarah Boutaleb, journaliste, Algérie
-Hafida Ameyar, journaliste, Algérie
-Réda Chennouf, journaliste, Algérie
-Mustapha Aït-Mouhoub, journaliste, Algérie
Tarik Hafid, journaliste, Algérie
-Mohamed Lemsane, journaliste, Algérie
-Mountasser Oubetroune, journaliste, Algérie
-Hamid Lotfi-Messamri, journaliste, Algérie
-Massinissa Benlakehal, journaliste, Algérie
-Lakhdar Mariche, Cadre retraité, Algérie
-Khala Bouridji, journaliste, Algérie
-Zoubir Khelaifia, journaliste, Algérie
-Noureddine Guelil, journaliste, Algérie
-Hassiba Benilles, Moudjahida, Algérie
-Ali Kechid, Avocat en retraite, Algérie
-Rachid Hamadou, journaliste, Algérie
-Mouna Boudjema, psychologue, Algérie
-Mourad Madaoui, journaliste, Algérie
-Abdelkader Boudjella, journaliste, Algérie
-Radia Zerrouki, journaliste, Algérie
-Lila Ameyar, infirmière, Algérie
-Mekhlouf Ameur, universitaire, Algérie
-Mokhtar Bendib, journaliste, Algérie


dimanche 2 juin 2013

Répression en Turquie


 
"Pour mes amis qui vivent à l'extérieur de la Turquie:
 
repression.jpgJe vous écris pour vous faire savoir ce qui s'est passé à Istanbul au cours les cinq derniers jours. Personnellement, je dois écrire cela parce que la plupart des sources médiatiques sont fermées par le gouvernement et le bouche à oreille et l'Internet sont les seuls moyens laissés pour nous de nous expliquer et demander de l'aide et du soutien.
 
Il y a quatre jours, un groupe de personnes qui n'appartenaient à aucune organisation ou idéologie spécifique se sont réunies dans le parc Gezi d'Istanbul. Parmi eux, il y avait beaucoup de mes amis et étudiants. Leur raison était simple: prévenir et protester contre la démolition prochaine du parc pour la construction encore d'un autre centre commercial au centre de la ville. Il existe de nombreux centres commerciaux à Istanbul, au moins un dans chaque quartier! L'abattage des arbres devait commencer tôt jeudi matin. Les gens sont allés au parc avec leurs couvertures, des livres et des enfants. Ils ont planté leurs tentes et ont passé la nuit sous les arbres. Tôt le matin lorsque les bulldozers ont commencé à tirer sur les arbres centenaires. Les militants se sont levés contre eux pour arrêter l'opération.Istanbul, Parc Gezi, 
 
Ils n'ont rien fait d'autre que de rester devant les machines.
 
Aucun journal, aucune chaîne de télévision n'était là pour présenter la manifestation. C'était un complet black out médiatique.
 
Mais la police est arrivée avec des véhicules à canons à eau et de gaz au poivre. Ils ont chassé les gens sur le parc.
 
Dans la soirée, le nombre de manifestants a grossi. De même que le nombre de forces de police à travers le parc. Pendant ce temps le gouvernement local d'Istanbul fermait tous les accès menant à la place Taksim, où le parc Gezi est situé. Le métro a été fermé, les ferries ont été annulées, les routes ont été bloquées.
 
Pourtant, de plus en plus de gens ont fait leur chemin jusqu'au centre de la ville à pied.
 
Ils sont venus de tous les coins d'Istanbul. Ils sont venus de tous les milieux différents, des idéologies, des religions différentes. Ils se sont tous réunis pour empêcher la démolition de quelque chose de plus grand que le parc:
 
Le droit de vivre comme des citoyens honorables de ce pays.
 
Ils se sont rassemblés et ont défilé. La police les a chassés avec des spray au poivre et des gaz lacrymogène et ont foncé avec leurs chars sur les gens qui en retour offraient de la nourriture à la police. Deux jeunes gens ont été écrasés par les chars et ont été tués. Une autre jeune femme, une de mes amis, a été touchée à la tête par une des bombes lacrymogènes. La police tirait directement dans la foule. Après une opération de trois heures, cette amie est toujours en unité de soins intensifs et dans un état très critique. Au moment où j'écris cela, nous ne savons pas si elle va s'en sortir. Ce blog est consacré à elle.
 
Ces gens sont mes amis. Ce sont mes étudiants, mes parents. Ils n'ont aucun «agenda caché» comme l'Etat aime à le dire. Leur agenda est là. Il est très clair. Le pays tout entier est vendu à des sociétés par le gouvernement, pour la construction de centres commerciaux, des condominiums de luxe, des autoroutes, des barrages et des centrales nucléaires. Le gouvernement est à la recherche de n'importe quelle excuse (et il l'inventera si nécessaire) pour attaquer la Syrie contre la volonté de son peuple.
 
En plus de tout cela, le contrôle du gouvernement sur la vie personnelle de son peuple est devenu insupportable. L'Etat, en vertu de son programme conservateur a adopté plusieurs lois et règlements concernant l'avortement, la naissance par césarienne, la vente et la consommation d'alcool et même la couleur du rouge à lèvres porté par les hôtesses de l'air.
 
Les gens qui marchent vers le centre d'Istanbul réclament leur droit de vivre librement et de recevoir la justice, la protection et le respect de l'État. Ils exigent d'être impliqués dans les processus de prise de décision au sujet de la ville où ils vivent.
 
Ce qu'ils ont reçu à la place est la mise en œuvre d'une force excessive et d'énormes quantités de gaz lacrymogène tirées directement en direction de leurs visages. Trois personnes ont perdu leurs yeux.
 
Pourtant, ils continuent leur marche. Des centaines de milliers de gens se joignent à eux. Plus de deux mille personnes ont passé le pont du Bosphore à pied pour soutenir le peuple de Taksim.
 
Aucun journal ou chaîne de télévision n'était là pour rapporter les événements. Ils étaient occupés à diffuser des nouvelles à propos de Miss Turquie et du "chat le plus étrange du monde".
 
La police a continué de courir après les gens et en les pulvérisant avec spray au poivre si bien que les chiens et chats errants ont été empoisonnés et en sont morts.
 
Les écoles, les hôpitaux et même des hôtels 5 étoiles à travers la place Taksim ont ouvert leurs portes aux blessés. Les médecins ont rempli les salles de classe et des chambres d'hôtel à prodiguer les premiers soins. Certains policiers ont refusé de pulvériser des personnes innocentes avec des gaz lacrymogènes et ont quitté leur poste. Autour de la place ils ont mis des brouilleurs pour empêcher la connexion Internet et les réseaux 3G ont été bloqués. Les résidents et les entreprises de la région ont fourni leur réseau sans fil gratuit aux gens dans les rues. Les restaurateurs leur ont offert de la nourriture et de l'eau gratuitement.
 
Des personnes à Ankara et Izmir se sont réunies dans les rues pour soutenir la résistance à Istanbul.
 
Les médias grand public continuaient de montrer miss Turquie et "le chat étrange du monde".
 
***
 
Je vous écris cette lettre pour que vous sachiez ce qui se passe à Istanbul. Les médias ne vous diront rien de tout cela. Pas dans mon pays au moins. S'il vous plaît envoyez le plus grand nombre d'articles que vous voyez sur l'Internet et passer le mot.
 
Comme j'ai publié des articles qui expliquent ce qui se passe à Istanbul sur ma page Facebook hier soir quelqu'un m'a posé la question suivante:
 
«Qu'espérez-vous gagner en vous plaignant de notre pays aux étrangers?»
 
Ce blog est ma réponse.
 
Par ce qu'on appelle «se plaindre» au sujet de mon pays, je suis l'espoir de gagner:
 
La liberté d'expression et de parole,
 
Le respect des droits de l'homme,
 
Le contrôle sur les décisions que je prends concernant mon sur mon corps,
 
Le droit de se réunir légalement dans n'importe quelle partie de la ville sans être considéré comme un terroriste.
 
Mais plus que tout vous passant ce message, mes amis qui vivez dans d'autres parties du monde, j'espère obtenir votre prise de conscience, votre soutien et votre aide!
 
S'il vous plaît diffusez ce message et partagez ce blog.
 
Je vous remercie! "