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lundi 19 octobre 2015

Soutien au journaliste et historien Maâti Monjib



Le comité international de soutien au journaliste et historien Maâti Monjib (1) « appelle le gouvernement marocain à respecter (son) droit à la libre circulation, et à mettre un terme à toutes les formes de harcèlement dont il est l’objet. » Maâti Monjib, dont l'état de santé est préoccupant, est en grève de la faim depuis le 7 octobre.



Au Maroc, la liberté d’expression court à nouveau de graves dangers. Plusieurs journalistes et intellectuels sont actuellement victimes de répressions policières accrues. La dernière affaire en date, celle de l’historien Maâti Monjib, professeur à l’université Mohamed V de Rabat, est particulièrement alarmante.

Enseignant-chercheur reconnu internationalement, Maâti Monjib est le fondateur du Centre Ibn Rochd d'Etudes et de Communication de Rabat (Maroc). Il est membre de l'« Association marocaine pour un journalisme d'investigation » (AMJI), et aussi président de l’association «Freedom now», dont le but est de protéger la liberté d’opinion et la liberté de presse au Maroc. Cette association compte parmi ses membres le journaliste Ali Anouzla, condamné puis incarcéré en 2013 pour « apologie au terrorisme » ; ainsi que Khadija Ryadi, ancienne présidente de l’AMDH, association marocaine de défense des droits de l'homme.

Depuis deux ans, Maâti Monjib fait l’objet d’intimidations (campagnes de dénigrement, attaques sur des sites d’information créés et financés par le régime pour diffamer ses opposants, interdictions diverses) devenues systématiques, et qui viennent de prendre un tour particulièrement inquiétant. Le 31 août 2015, Maâti Monjib apprend qu’il est recherché pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Le 16 septembre, il est empêché de se rendre à un colloque à Barcelone. Il entame alors une première grève de la faim de trois jours. La visite du Président François Hollande oblige le ministre de l’Intérieur marocain à publier un communiqué affirmant que M. Monjib n’est plus sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire. Mais le 7 octobre, Maâti Monjib est à nouveau interdit de se rendre à un congrès à Oslo. Il entame alors une seconde grève de la faim, illimitée, dans les locaux de l’AMDH à Rabat.

Le harcèlement dont fait l’objet Maâti Monjib intervient après les attaques subies par ses deux principaux collaborateurs au sein de l'association AMJI, Hicham Mansouri et Samad Ayach. En septembre 2014, alors qu’il sortait d'une réunion de travail, Hicham Mansouri a été passé à tabac par trois inconnus. Le 17 mars 2015, il est arrêté à son domicile dans des conditions très violentes. Quelques semaines plus tard, le tribunal de Rabat le condamnait à 10 mois de prison et une très forte amende pour « adultère ». Le 13 août 2015, c'est au tour de Samad Ayach d'être arrêté. La police l’interroge sur ses relations au Mouvement du 20 février (la version marocaine des « printemps arabes »), et ses liens avec Maâti Monjib au sein de l’AMJI et de « Freedom now ». A l'issue d'un interrogatoire de dix heures, Samad Ayach est relâché avec l’accusation d' « atteinte à la sûreté du Royaume », et de « déstabilisation de l'opinion citoyenne ». Lorsque Samad Ayach veut voyager en Tunisie, le 25 août, pour participer à une formation de journalistes, il est empêché de monter dans l'avion par la police qui lui signifie une interdiction de quitter le territoire national.