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jeudi 6 janvier 2011

France : Non aux chasseurs dans les écoles !

Par l'ASPAS, Association Pour la Protection des Animaux Sauvages, décembre 2010
Un partenariat signé le 4 mars entre Luc Chatel, Jean-Louis Borloo et la Fédération nationale de la chasse permet aux amateurs d’armes d’entrer dans les écoles pour donner des leçons de « développement durable » aux enfants. L’ASPAS et de nombreux enseignants réclament l’arrêt immédiat de ces opérations illégales, immorales et inutiles. C’est ça, le Grenelle de l’Environnement ?
La propagande du lobby des chasseurs dans les écoles s’est officialisée il y a vingt ans avec les états Généraux de la chasse en 1990, puis en 1993 avec le colloque « Animations en milieu scolaire ». Depuis cette époque l’ASPAS, soutenue par de nombreux enseignants, n’a eu de cesse de freiner ces grandes ambitions, et au fil des années ces opérations s’étaient essoufflées. Mais le 13 et le 14 octobre, deux articles de journaux ont remis le feu aux poudres. Dans l’un, une animatrice embauchée par une fédération des chasseurs a cherché à convaincre qu’il est « utile de tirer sur les animaux ; l’autre décrit un cours de SVT particulier : « montrer la chasse et en donner le goût à des enfants ». Une cinquantaine d’associations, dont l’ASPAS, co-signe alors une lettre ouverte adressée au ministre de l’éducation Nationale Luc Chatel : « Stop aux interventions des chasseurs en milieu scolaire ! ». On connaît la suite.
Les chasseurs n’ont aucune légitimité pédagogique. Leur passion de la chasse et leur concurrence avec les prédateurs naturels leur donne une vision déformée de la faune, qu’ils partagent entre « nuisibles » et « gibier ». Les chasseurs ne sont pas des biologistes et n’ont pas de compétence pour décrire un écosystème dans sa globalité. Leur opposition aux mesures de protection de la biodiversité, leur opposition aux ours et aux loups, leur absence dans les combats pour la défense des animaux sauvages, leurs contentieux quasi quotidiens contre les protecteurs ne rend pas leur discours « écologique » crédible.
Pour plus d'informations
 ✓ Télécharger la convention signée entre le ministre de l'Éducation nationale, le ministre de l'Écologie et la Fédération nationale des chasseurs :   convention du 4 mars 2010 74.45 Kb
Source : Terre sauvage

http://www.aspas-nature.org/content/view/388/61/lang,fr/

vendredi 10 septembre 2010

Enseignement France : La dure rentrée des fonctionnaires-stagiaires


Luc Chatel ne « lâche » pas les enseignants-stagiaires : dans sa grande largesse, il leur laisse leurs nuits pour préparer leurs cours…
par L'Union des Familles Laïques, 10/9/2010
La réforme de la masterisation des concours, que l’Ufal n’a cessé de dénoncer, est appliquée cette année. L’une des conséquences de cette réforme est la suppression de l’année de stage. Les fonctionnaires-stagiaires affectés dans le second degré ont donc écopé dès la rentrée d’un service à temps plein. A l’instar de leurs collègues chevronnés, les stagiaires certifiés doivent ainsi assurer 18h de cours par semaine, et les stagiaires agrégés, 15h.
S’ajoutent à ces heures de cours des journées consacrées à la formation pédagogique, dont la répartition dépend du pilotage local, c’est-à-dire des dispositifs mis en place par les recteurs au niveau académique. Cette formation pédagogique, réduite à sa portion congrue, ne s’inscrit plus, en effet, dans un cadre national : certains recteurs ont opté par le « filage » (ces journées sont réparties sur toute l’année scolaire), d’autres pour le regroupement, ce qui oblige à recourir à des étudiants pour remplacer les stagiaires. Cette organisation du travail des stagiaires est en elle-même inique : quel temps leur reste-t-il pour préparer leurs cours, pour corriger les copies, pour observer leur tuteur faire la classe et échanger avec lui ? Tel est l’étrange paradoxe de cette contre-réforme : un jeune professeur a encore moins de temps qu’un professeur expérimenté pour faire face aux multiples tâches inhérentes au métier… Il y a là déjà de quoi dégoûter les meilleures volontés.
Mais il y a pire. Dans une circulaire adressée aux recteurs le 25 février 2010, le Ministre de l’éducation nationale précisait que le service des fonctionnaires-stagiaires ne pouvait excéder ce volume horaire. En d’autres termes, il n’était pas question qu’ils fassent des heures supplémentaires. Comment les choses se passent-elles sur le terrain ? De nombreux stagiaires ont découvert avec stupéfaction le jour de la pré-rentrée que leur service allait bien au-delà d’un temps plein. Certains se sont retrouvés avec des services allant jusqu’à 20h de cours par semaine. Dans certains établissements, l’administration a même usé de méthodes d’intimidation pour que ces jeunes professeurs acceptent leur service sans broncher, alors que le droit était pourtant de leur côté. Les chefs d’établissement peuvent en effet miser sur la docilité de stagiaires dont la titularisation dépend pour une grande part de leur avis. Certains d’entre eux ont, du reste, annoncé d’emblée la couleur en conseillant aux stagiaires de s’abstenir de faire grève cette année.
Les propos de Luc Chatel qui a récemment prétendu « ne pas lâcher les stagiaires » apparaissent, à la lumière de cette rentrée chaotique, presque comiques. Car nous avons désormais sous les yeux la vérité cyniquement comptable de cette contre-réforme, que la communication du ministre ne parvient plus à masquer : la masterisation des concours ne sert en définitive qu’à faire des économies de postes en se servant des stagiaires comme bouche-trous.