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vendredi 23 octobre 2015

A relire la lutte magnifique de cette ZAD marocaine : Le villageois marocain qui défie la mine d’Imider




Le villageois en colère Brahim Udawd.

« La plupart des personnes qui ont aidé à relayer notre cause, je ne les ai connues qu’à travers Facebook ». L’homme est descendu du mont Alban où il vit à 1 500 mètres d’altitude. Depuis plus de trois ans, Brahim Udawd, 32 ans, vit dans un campement permanent. Avec les autres villageois, il s’obstine à priver d’accés à l’eau la société minière SMI avec laquelle ils sont entrés en conflit en juillet 2011. Brahim Udawd, comme les autres, a quitté son village d’Imider et, depuis, toute sa vie est dédiée au militantisme. « Un peu de bon temps et beaucoup de travail », lâche-t-il en souriant pour décrire son quotidien.

Le début de la lutte des villageois d’Imider contre la SMI a éclaté en juillet 2011. Ce sont d’abord les femmes du village qui ont exprimé leur colère. Elles n’avaient plus d’eau au robinet du fait de la surexploitation par la mine. Puis des étudiants qui n’avaient pas tous été employés, comme à l’habitude, par la SMI. Avec le temps, la lutte a pris une dimension globale. « Aujourd’hui, nous luttons pour la vie, insiste Brahim. Si notre terre est polluée, si notre air est pollué, si nous n’avons plus d’eau, si la mine nous prend toutes nos ressources, que restera-t-il aux générations suivantes ? »

Stratégie de boycott, désobéissance civile

Pour Brahim Udawd, le mouvement « On the Road ‘96 Imider » a bouleversé son quotidien. Aujourd’hui, toute sa vie tourne autour de la bataille contre l’entreprise minière. Stratégie de boycott, désobéissance civile, organisation des assemblées villageoises, voilà les seuls mots qu’il a désormais à la bouche. Pour lui, impossible de retourner à une vie normale tant que la situation d’Imider n’est pas réglée.
Non sans fierté, il raconte comment les militants de la « zone à défendre » de Nantes sont venus à leur rencontre pour échanger avec eux sur les stratégies de lutte. Amusé, il décrit avec précision chacune des techniques mises en place par la ZAD pour déstabiliser la police. « Nous devons sans cesse renouveler notre manière de lutter », répète-t-il sans cesse. D’ailleurs, en trois ans et demi, le mouvement a connu une grande évolution.