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jeudi 31 mars 2016

Colère du Maroc contre Ban Ki-moon. Le Sahara occidental est-il « occupé » ?




En évoquant l’occupation du Sahara occidental, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a suscité la colère du Maroc. Et rappelé l’incertitude du sort de ce territoire depuis plus de quarante ans.

Le Maroc ne décolère pas. Ban Ki-moon a effectué une visite — la première du genre — dans les camps de Tindouf, en Algérie, où vivent depuis 1975 des milliers de Sahraouis qui revendiquent l’indépendance du Sahara occidental. Le secrétaire général des Nations Unies s’est également rendu à Bir Lahlou, localité au nord-est du Sahara occidental, en zone contrôlée par le Front Polisario et considérée par les Sahraouis de Tindouf comme une «  zone libérée  ». C’est à cet endroit précis que le 27 février 1976, le Front Polisario annonçait la création de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et c’est de cette localité qu’émet la «  Radio nacional de la républica árabe saharaui democrática  ». La presse marocaine parle de provocation.
Au-delà de la visite elle-même, ce sont les propos formulés par Ban Ki-moon, en ces lieux hautement symboliques, qui ont paru «  inacceptables  » pour le Maroc. Le plus haut fonctionnaire onusien, qui affiche habituellement une grande réserve, a exprimé beaucoup de compassion pour les réfugiés sahraouis qu’il a vus à Tindouf : «  J’ai été très attristé de voir autant de réfugiés et particulièrement des jeunes qui y sont nés. Les enfants qui sont nés au début de cette occupation ont désormais 40 ou 41 ans. Soit quarante ans d’une vie difficile. Je voulais vraiment leur apporter l’espoir que ce n’est pas la fin du monde pour eux  ». Pour Rabat, la ligne jaune est franchie, le secrétaire général a parlé explicitement d’«  occupation  » pour désigner le contrôle exercé depuis 1975 par le Maroc sur le Sahara occidental, territoire sur lequel l’ONU n’a pas encore statué.