Liberté d’expression
Le 26 juillet, le Parlement a adopté un nouveau Code de la presse et
des publications. L'élimination de la peine de prison comme sanction
représente une avancée par rapport au code de la presse de 2002. Mais le
nouveau code punit encore de nombreux délits d’expression non violente
par des amendes et des suspensions judiciaires de publications ou de
sites web.
De son côté, le code pénal maintient la prison comme une punition
pour une variété de délits d’expression non violente. Cinq jours avant
l'adoption du nouveau code de la presse, le parlement a renforcé les
dispositions du code pénal, imposant la prison aux personnes qui
franchissent les « lignes rouges » marocaines de longue date - « causant un préjudice
» à l'islam, à la monarchie, à la personne du roi et à la famille
royale, et à l'intégrité territoriale du Maroc (en référence à sa
revendication du Sahara occidental).
La réforme juridique a maintenu la prison pour punir les insultes à l’égard des corps constitués et pour « apologie du terrorisme »,
tout en éliminant la prison pour diffamation et insulte à des
dignitaires étrangers, et pour la publication de mauvaise foi de « fausses nouvelles ».
Ali Anouzla, rédacteur en chef du site de nouvelles indépendantes
Lakome2.com, a été poursuivi pour avoir porté atteinte à l'intégrité
territoriale du Maroc, après une interview accordée à un journal
allemand en 2015, citant le Sahara occidental comme étant « occupé ». Après que le journal a confirmé qu'il s'agissait d'une erreur de traduction, le tribunal a classé l’affaire en mai.
Les autorités exigent, mais refusent souvent, de délivrer des
autorisations aux médias étrangers pour filmer au Maroc. Le 3 avril, la
police a arrêté et expulsé une équipe du journal télévisé français « Le
Petit Journal » alors qu'elle tentait de filmer dans un quartier de Beni
Mellal, une ville située à 220 kilomètres au sud-est de Casablanca, où
une agression contre des personnes homosexuelles s’était produite.
En novembre 2015, les autorités ont expulsé Rik Goverde, journaliste
indépendant pour les quotidiens néerlandais NRC et AD, au motif qu'il
n'avait pas de carte de presse. Goverde avait fait des demandes
réitérées pour obtenir une carte depuis son arrivée au Maroc en octobre
2013, mais il n'a jamais reçu de réponse.
La télévision d'État marocaine offre une certaine marge pour le débat
et le journalisme d’investigation, mais pas de latitude pour la
critique directe de la monarchie ou les désaccords portant sur des
questions clés.