Un jour, ma prof de français, qui
n'aimait pas ma manière d'écrire, qu'elle jugeait médiocre, m'a dit que
je n'irais pas bien haut dans la vie si je continuais à m'exprimer de
cette manière. En arrivant le 25 mai 2008 sur le sommet de l'Everest, à
8848 m, j'ai pensé très fort à elle.
Je me souviens encore très bien de l'humiliation que j'avais ressentie
au plus profond de ma chair, quand elle avait commencé à lire à haute
voix un de mes textes, ma toute première rédaction.
Elle avait dit d'emblée que c'était l'exemple à ne pas suivre. J'avais
tout juste 14 ans et pas assez de vie derrière moi, pour être convaincu
par la puissance de ma plume, trop jeune pour ne pas être meurtri par
ses commentaires à la noix. Cette enseignante n'avait rien à foutre dans
le monde de l'Education nationale et pourtant elle était perçue comme
un bon élément.
