
Lundi
soir, devant l’ambassade du Maroc à Paris, quelques 300 manifestants se
sont rassemblés pour réclamer dignité et justice après la mort du jeune
pêcheur Mohssine Fikri. Reportage.
Il n’est
pas encore 19h, heure à laquelle était prévu le rassemblement, qu’ils
sont déjà une centaine débordant sur la chaussée devant l’ambassade du
Maroc à Paris, rue Le Tasse dans le très chic 16ème arrondissement
parisien. La lumière de la tour Eiffel, toute proche, scintillante,
éclaire presque le rassemblement. Tous réclament “liberté, justice et dignité”
en mémoire de Mohssine Fikri un poissonnier de 31 ans, dont l’identité
et l’histoire sont désormais connus partout au Maroc et au delà.
L’homme, originaire du Rif, au nord du pays, est mort à Al Hoceima,
broyé par la benne d’un camion-poubelle. Il tentait, dans un geste de
désespoir, de récupérer le stock d’espadons, un poisson interdit à la
pêche pendant cette saison, que venait de lui confisquer des officiers
de police. La vidéo de sa mort atroce, largement diffusée sur les
réseaux sociaux, a provoqué une vague de mobilisation dans plusieurs
villes du Maroc. Le roi, Mohamed VI, a ordonné l’ouverture d’une enquête approfondie “pour
que des poursuites soient engagées contre quiconque dont la
responsabilité serait établie dans cet incident, avec une application
rigoureuse de la loi à tous, pour servir d’exemple à toute personne qui
aurait failli ou manqué à ses missions et responsabilités”.


