mercredi 13 juillet 2016
Réflexions d’après Brexit (2) : La révolution néo-libérale
À la fin de la seconde guerre mondiale, la
droite était politiquement sur la défensive. L’Union soviétique avait payé un
lourd tribut à la lutte contre le nazisme ; en France, le parti communiste
portait le surnom glorieux de « parti des fusillés » et le rapport de
forces penchait en faveur du monde du travail. Les luttes d’indépendance se
développaient dans les colonies, la Chine de Mao représentait un espoir concret
pour le Tiers-Monde dont les masses, elles aussi, avaient payé le prix de la
guerre dans les armées des colonisateurs.
Dans ce contexte, la droite s’est réorganisée,
elle a travaillé dans l’ombre, mais d’arrache-pied, à la reconquête
intellectuelle et politique, pendant trois décennies. Il s’agissait de reconquérir
les esprits et de préparer le terrain politique. L’aboutissement de cette
reconquête, c’est l’Amérique de Reagan (1981-1990), la Grande-Bretagne de
Thatcher (1979-1990) et le Chili de Pinochet (1973-1990).
Pour mettre en place cette « révolution
conservatrice », une intelligentsia dûment financée par des milliardaires
s’est organisée dans des fondations consacrées à l’étude et au débat théorique[1],
dont la première est la Société du Mont-Pèlerin,
fondée en 1947 par Friedrich von Hayek, considérée par Keith Dixon comme la « maison-mère des think tanks néo-libéraux »[2].


