Imaginez que le chef de l’Etat français soit aussi, dans le même temps,
propriétaire de la plus grosse holding privée du pays. Difficile à envisager ? Attendez, cela ne fait que commencer.
Imaginez aussi que le secrétaire général de l’Elysée soit le PDG de
cette holding. Imaginez que cet homme, ainsi devenu l’homme d’affaires
le plus puissant de la République, possède par ailleurs une ribambelle
d’entreprises en son nom propre, qui décrochent des concessions ou marchés publics à tour de bras.
Inconcevable, dites vous ? Ce n’est pas fini. Imaginez maintenant que le premier ministre prévoie, par décret officiel, d’investir des millions d’euros d’argent public dans une société privée appartenant au secrétaire général de l’Elysée… Et enfin, le coup de grâce : imaginez que la société en question soit une entreprise fantôme sans locaux ni personnel et qui présente — le pompon — de faux chiffres en guide de plan d’affaires !
Inconcevable, dites vous ? Ce n’est pas fini. Imaginez maintenant que le premier ministre prévoie, par décret officiel, d’investir des millions d’euros d’argent public dans une société privée appartenant au secrétaire général de l’Elysée… Et enfin, le coup de grâce : imaginez que la société en question soit une entreprise fantôme sans locaux ni personnel et qui présente — le pompon — de faux chiffres en guide de plan d’affaires !
Si seulement le dixième de tout cela était vrai, le président français
tomberait immédiatement, entraînant le gouvernement, voire la cinquième
République dans sa chute. Mais ce qui n’est pour la France qu’une fiction invraisemblable est la réalité crue du Maroc, un pays ami et allié.
Pour ceux qui l’ignorent encore, le roi Mohammed VI est en effet
l’actionnaire majoritaire du groupe SNI, qui comprend entre autres la
plus grosse banque privée, le plus gros opérateur minier et la plus
grosse chaine de distribution du royaume.

