La Marina de Casablanca. Crédit : Yassine Toumi.
Au Maroc, la croissance n’arrive pas à résorber les
inégalités de richesse, contrairement à d’autres pays. Pourquoi cette
situation traîne ? Quelles solutions faut-il concevoir, mettre en
œuvre ?
Depuis plusieurs années, le concept de « croissance inclusive » est à
la mode. Au Maroc, lors des conférences, il est sur toutes les bouches,
en particulier sur celles des ministres. Derrière ce qu’on pourrait
croire être une figure de style bienveillante, réside un enjeu de
taille : Réduire les inégalités en faisant en sorte que les pauvres
profitent encore plus de la croissance que les riches.
Aucune diminution depuis trente ans
Pour le moment, on est loin du compte puisque les inégalités n’ont
pas diminué depuis plusieurs décennies. Le 3 juin, lors d’un colloque
organisé par le ministère des finances intitulé « Modèle de
développement pour l’entrée du Maroc dans le concert des pays émergents
», Jan Rielaender, de l’Organisation de coopération et de développement
économique (OCDE) a émis un constat édifiant : Même si les pays
d’Amérique du Sud comme le Brésil et le Chili pâtissent de grandes
inégalités, celles-ci ont largement diminué ces quinze dernières années,
alors qu’au Maroc, elles n’ont pratiquement pas baissé.