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vendredi 9 mars 2012

Urgent ! Nuit d’émeutes à Beni Bouayach - L'enchainement des faits


Par demainonline, 8/3/2012

Une rue de Beni Bouayach tard dans la nuit (Photo C.E.)

Des troubles ont éclaté cette nuit, vers 1h00 du matin, après l’intervention des forces de l’ordre pour déloger un sit-in pacifique en face de la bachaouia de la ville de Beni Bouayach, dans le Rif.
Selon des sources locales, « l’intervention violente de la police » a eu pour effet de chauffer les esprits des activistes qui se sont lancés avec leurs suiveurs dans la rue, suivis, en signe de solidarité par leurs camarades d’Imzouren et d’autres localités voisines.

A 2h00, les forces de l’ordre qui sont entrées en forces en ville ont arrêté le responsable local de l’association des diplômés chômeurs, Saïd Ouzghari, qui aurait été violemment tabassé selon ses camarades.
http://www.demainonline.com/2012/03/08/nuit-demeutes-a-beni-bouayach/
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             Escalade dangereuse à Beni Bouayach
 
Ce  jour du 8 mars 2012, à 2h du matin, les masses populaires en sit in pacifique ont été attaquées par une armada de forces de répression.
La répression sauvage continue en ce moment (19h50 heure locale).
Des centaines de personnes se sont refugiées dans les montagnes avoisinantes. La ville de Beni Bouayache est isolée de la région. La région est militarisée.
Bilan provision : une cinquante d’arrestations, des dizaines de blessés.
Le gouvernement des barbus du PJD, fidèle à la tradition tyrannique du makhzen, n’a rien à donner sauf la bastonnade.
Lorsque la tyrannie makhzenienne se mélange au jihad  des obscurantistes, la répression prend alors une dimension terrible.
En 15 jours la répression sanguinaire a touché pratiquement toutes les régions du Maroc et toutes les couches populaires contestataires.
         C’est grave, très grave...

Ali Fkir Correspondant du site d’ANNAHJ ADDIMOCRATI  (8 mars 2012 à 19h 58 )
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Bni Bouayach encerclé, levons le blocus
Par Souad Guennoun, Attac Maroc, 8/3/2012
Depuis mercredi 7 mars dans le village de Bni Bouayach, aux environ d'Al Hoceima, les forces de la répression sont intervenus pour déloger les jeunes de l'ANDCM et du M20F qui occupent la Bachaouia pour réclamer travail, route, équipement .
 Vers 4h du matin ce  jeudi 8 mars, intervention des forces de répression, camions, estafettes, pompes à eau, bombes lacrymogènes, pour cerner la ville et couper la route, déloger en force les manifestants.
Depuis et jusqu'à cette heure, 21h, affrontements violents entre jeunes et forces de répression, jets de pierre, incendies.
 On parle de nombreuses arrestations et blessés, beaucoup ne vont pas à l'hôpital de peur d'être arrêtés. 

Un climat de terreur s'étend sur le Rif quadrillé. Il est urgent de briser le silence pour lever le blocus . Tous les villages environnant vivent sous la terreur et se rappellent la terrible répression des années 1957, 58,59.
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Par Aziz Enhaili, facebook
Du bled du Makhzenistan:
Que veut le Makhzen? Briser la volonté du peuple?
C'est peine perdu d'avance. Que dire de ce qui se passe  à Aït Bou3ayash, sauf que c'est un SCANDALE national.
Celui qui devait œuvrer à la sécurité publique dans cette zone s'est métamorphosé en oppresseur en chef.
Demain, il répondra, ainsi que ses sbires, de leurs crimes odieux contre notre peuple.
Honte sur vous oppresseurs!
Vive les Aït Bouayach!
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Dernière minute   
Par Salah Elayoubi, fb
Urgent : Conséquence des violences de ces derniers jours à Beni Bouayache, le Président du conseil municipal présente sa démission et impute la responsabilité de la répression sauvage et ses conséquences au préfet de police.

jeudi 8 mars 2012

Les exilés fiscaux sous le soleil de « Marra-cash »

Par Le Canard Enchaîné du 7 mars 2012

Bien sûr, pour échapper à la rapacité du fisc français, il y a les adresses connues : la Suisse et l’Autriche pour leur secret bancaire, le Luxembourg pour ses holdings opaques à souhait, la Grande-Bretagne pour ses îles Anglo-Normandes, les Pays-Bas ou la Belgique, qui ont renoncé à l’ISF et à l’impôt sur les plus-values. Mais le Maroc et sa convention fiscale avec la France méritent un détour.

Les pensions des retraités français qui vivent plus de cent-vingt-trois jours par an dans le royaume chérifien bénéficient d’une réduction d’impôts de 80% si elles sont versées sur un compte bancaire en dirhams. Mieux encore, le Maroc ignore l’impôt sur la fortune et les droits de succession. Tout en disposant d’un appareil bancaire de qualité – les grands établissements français sont présents – qui permet, en toute quiétude et en toute sécurité, de gérer son patrimoine à distance.

Contrairement à la Suisse, qui se fait un plaisir de rendre publics les noms des grandes fortunes ou de sportifs hexagonaux réfugiés chez elle, le Maroc respecte une omerta de bon aloi. Et se refuse à préciser le nombre de retraités français, modestes ou aisés, qui passent leur hiver au soleil d’Essaouira ou de Marrakech. Tout comme le ministre français de l’Economie, qui ne publie aucune donnée chiffrée sur les exilés de l’autre côté de la Méditerranée.

Dans leur livre (*) consacré aux relations incestueuses entre la France et le Maroc, Ali Amar et Jean-Pierre Tuquoi assurent que cette convention fiscale fait perdre plusieurs centaines millions d’euros à Bercy.

Un chiffre que confirme, sous le couvert de l’anonymat, un haut fonctionnaire : « Cette convention fiscale aurait dû être dénoncée et renégociée depuis longtemps. Car elle coûte très cher à Bercy, et le fisc marocain est tellement artisanal, quand il n’est pas corrompu, qu’il est facile d’y dissimuler une fortune en toute impunité. » Et le même d’ajouter : « Mais les liens entre les hommes publics français et le royaume sont tels qu’il est impossible de faire évoluer le dossier. »
Mohammed VI et Nicolas Sarkozy en octobre 2007
Amis très chers
Pour s’en convaincre, il suffit de lire les chapitres, fort bien informés, qu’Amar et Tuquoi consacrent à Marrakech, « le XXIème arrondissement de Paris ». De Jacques Chirac à Dominique de Villepin en passant pas Nicolas Sarkozy et Douste-Blazy, de Hubert Védrine à DSK, sans oublier Elisabeth Guigou ou Manuel Valls, c’est toute l’élite politique hexagonale, de droite comme de gauche, qui entretient des liens privilégiés avec Mohammed VI, sa cour, ses ministres et ses hommes d’affaires.

* « Paris Marrakech. Luxe, pouvoir, réseaux »

Mohammed VI et Nicolas Sarkozy en octobre 2007

Invitations dans les hôtels de luxe, comme La Mamounia, mise à disposition de berlines avec chauffeur,
 distribution de décorations diverses, financement de clubs de réflexion ou de cercles d’influence, le royaume chérifien tient son chéquier ouvert pour les politiques français, comme il le fait parfois aussi pour les « grands journalistes » venus de Paris.

En ce domaine, au moins, les printemps arabes n’ont rien changé.
 * « Paris Marrakech. Luxe, pouvoir, réseaux »
D’Ali Amar et Jean-Pierre Tuquoi (Calmann-Lévy) 204 pages 16 €