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mercredi 3 août 2011

Maroc: les hérétiques du ramadan

Par Ali Amar, 2/8/2011
Il y a deux ans, les «déjeuneurs du ramadan» avaient fait scandale. Leur action, qui soulignait l’inadéquation du dogme religieux à la modernité sociale, est plus que jamais d’actualité.

Des non-musulmans attablés en terrasse d'un McDonald's de Rabat, au Maroc
, le 4 septembre 2010. AFP PHOTO/ABDELHAK SENNA


«Apostats, mécréants, nous érigerons un bûcher pour vous et vous irez brûler en enfer!» Sur la Toile, ce type de réaction hostile avait fait florès lorsque des activistes libertaires avaient créé en 2009 un groupe sur Facebook baptisé Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali), et décidé pour leur première action de briser un tabou et d’en faire un exemple de militantisme pour les libertés individuelles: celui de ne pas observer le jeûne durant le mois sacré du ramadan.

Face aux menaces, les sympathisants du Mali —qui sont aujourd’hui près de 3.000 sur Facebook— avaient décidé d’afficher publiquement leur profil et leur photo avec un slogan: «Au Maroc, manger tue». Nombreux déclarent ne pas jeûner, réclament un État laïc, fustigent la duplicité des pouvoirs publics, l’hypocrisie des partis, la démission des élites qui manque d’audace politique capable de dessiner les contours d’une nouvelle société marocaine ouverte et tolérante.

«Au Maroc, plus que dans d'autres États, la défense de nos libertés individuelles est une nécessité. Abus de pouvoir, inquisition socioreligieuse, intolérance, textes de loi abusifs, étouffent nos libertés fondamentales. D'où l'importance d'un Mouvement alternatif pour les libertés individuelles», écrivaient dans leur manifeste les fondateurs du mouvement, deux jeunes femmes: la journaliste Zineb El Rhazoui, et la psychologue Ibtissam Lachgar.

Un déjeuner sur l’herbe en plein ramadan
Dimanche 13 septembre 2009, en fin de matinée, Zineb El Rhazoui et Ibtissam Lachgar sont dans le train-navette qui relie Casablanca à la capitale Rabat avec un petit groupe de jeunes gens d’extractions sociales diverses, ralliés au mouvement grâce à l’exceptionnel buzz suscité par leur manifeste sur les réseaux sociaux et les blogs tenus par des activistes progressistes.

Une communauté qualifiée au mieux d’«idéaliste», au pire de «nihiliste», qui à chaque poussée de fièvre sécuritaire au Maroc se mobilise sur Internet pour faire entendre la voix de ceux qu’on appelle souvent au Maroc les «modernistes».

Par petites grappes, les membres du collectif Mali se donnent rendez-vous à la gare ferroviaire de Mohammedia, leur point de ralliement avant de se diriger vers une zone dégagée, à l’extérieur de la ville. Leur objectif, clameront-ils, était de rompre le jeûne «dans un espace non clos, mais dans une relative discrétion» —l’action n’étant pas de le faire de manière ostentatoire.

Leur mot d’ordre étant avant tout de «protester contre l’ingérence dans la vie privée et pour la liberté de ne pas jeûner ramadan». Les manifestants munis de leurs sandwichs voulaient casser la croûte lors d’un happening dans une petite forêt de la ville, arguant qu’un Marocain n’est pas forcément musulman et de ce fait ne doit pas souffrir d’une quelconque discrimination ou être victime de la vindicte.
100 policiers contre 10 sandwichs

Une centaine de policiers et de militaires («Plus de 100 policiers contre 10 sandwichs», titrera non sans malice le quotidien madrilène El Mundo), étaient amassés à leur descente de train. Les forces de l’ordre ont procédé à la fouille systématique des «passagers douteux»: garçons en pantalons baggy et sac à dos, coiffure rasta ou filles cheveux au vent…

«Quand ils ont vu que nous avions de la nourriture dans nos sacs, ils nous ont obligés à rebrousser chemin vers Casablanca dans le train suivant», relatera une manifestante.

«Notre objectif était de dire que nous sommes marocains, nous n’observons pas le jeûne, mais nous avons le droit d’exister. Chaque année il y a des arrestations et des lynchages publics de non-jeûneurs alors que la Constitution marocaine garantit la liberté de culte», expliquera un membre du Mali dans les colonnes d’El Mundo.

Chaque année, les forces de l’ordre arrêtent des dizaines de «contrevenants» du ramadan dans toutes les villes du royaume. Ils sont pour la plupart condamnés à de la prison ferme. Des jugements expéditifs qui n’ont pas eu le même écho médiatique que celui suscité par le Mouvement.

La présence de la presse internationale, essentiellement espagnole, le statut particulier du groupe, identifié comme étant une initiative de journalistes par les autorités, aura fait réagir le procureur du roi qui ordonnera à la police judiciaire de procéder à l’arrestation des impétrants pour des «raisons de sécurité civile» selon la version officielle, abondamment relayée par la télévision publique à une heure de grande écoute.

Un article de loi qui prévoit un à six mois de prison
L’agence officielle Maghreb arabe presse (MAP) donnera le ton bien avant que les mandats d’amener soient délivrés par le parquet à la Police judiciaire de Mohammedia. Celui-ci s’est appuyé dans sa décision sur l’article 222 du Code pénal marocain, qui stipule que «tout individu notoirement connu pour son appartenance à l’Islam qui rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le ramadan est passible de un à six mois d’emprisonnement et d’une amende».

Une disposition légale jugée contraire aux normes internationales en matière de libertés individuelles, comme l’ont rappelé avec insistance les organisations de défenses des droits de l’homme:

«L'article 222 du code pénal, et les lois qui se mêlent des convictions personnelles des individus sont abusifs […] La pratique religieuse est basée sur la conviction, et nul n'a le droit d'imposer une conviction à qui que ce soit par la force. C'est contraire non seulement aux droits de l'homme, mais à la religion musulmane aussi», avait déclaré Khadija Rouissi de l’association Bayt Al-Hikma.

D’ailleurs, rappellent des ténors du barreau comme le bâtonnier Abderrahim Jamaï qui avait pris la défense des membres du Mali, cet article de loi ne peut servir de base juridique à des poursuites; les personnes interpellées n’ont en définitive pas rompu le jeûne en public. Ils ne pouvaient pas être valablement condamnés pour un supposé délit d’intention.

«Nous sommes encore une fois face à une décision arbitraire, car l’infraction supposée n’a pas été commise», avait-il plaidé, ajoutant que l’encerclement et la privation de mouvement imposée au groupe à Mohammedia «viole tout simplement les dispositions élémentaires de la loi».

Il ira plus loin en affirmant que «l’activation d’associations religieuses comme l’instance des oulémas de la ville, la mobilisation politique des partis conservateurs et les diatribes de la presse procèdent d’un véritable appel au lynchage et à une forme dangereuse d’excommunication».

«Un acte odieux qui défie les enseignements de Dieu»
Le conseil des oulémas (théologiens officiels) de Mohammedia avait en effet dénoncé «avec force cet acte odieux qui défie les enseignements de Dieu et du Prophète qui mérite une sanction exemplaire».

Au-delà des débats juridiques, l’affaire avait mis en exergue une réalité bien plus pesante: l’inadéquation des textes de loi avec une réalité sociale en pleine effervescence, confrontée à la mondialisation des mœurs et des idées. Si l’islam est la religion d’Etat, la question de la liberté de culte dont la Constitution garantit le respect est de nouveau battue en brèche.

«Il y a un problème de clarification à ce niveau», explique maître Jamaï. «La liberté de culte dont se prévaut le Mouvement alternatif est en phase avec une conception évidente du droit au libre arbitre. Or, sur le plan politique, la religion d’Etat éteint le droit à l’autodétermination de chacun, ce qui est contraire aux libertés fondamentales.»

«Demain, ils voudront sortir nus dans la rue!»
Là où le débat d’idées est nécessaire et où la réflexion devrait être admise, l’interdit est érigé au nom de la notion évasive de «communauté» et de «majorité écrasante», comme s’en défendent les islamistes ou les conservateurs, à l’image des propos offensifs de Mustapha Ramid du Parti pour la justice et le développement (PJD) qui n’hésitera pas à reléguer le droit de chacun de ne pas observer les préceptes religieux à celui de disposer de son corps dans le seul espace confiné du privé:

«Nous ne pouvons accepter que des musulmans dé-jeûnent publiquement. Le législateur ne peut négliger les sentiments de 99,99% des Marocains en faveur de 0,01% de personnes qui souhaitent pouvoir manger ouvertement.»

Ramid rejette les raisons qui poussent les membres du Mali à insister pour pouvoir manger publiquement, indiquant que «rien ne les empêche de le faire secrètement, dans des lieux privés où l'individu est maître de soi, contrairement aux espaces publics où la société est maîtresse». Pour lui, lier la question de l'interdiction de dé-jeûner aux libertés individuelles «ouvrirait grand la porte à la discussion sur la liberté de disposer de son corps, et ainsi à la dépénalisation de la pédérastie […] A ce rythme, demain, ils voudront sortir nus dans la rue!».

Les islamistes ne sont pas les seuls à penser de la sorte. Selon une enquête récente sur «L’Islam au quotidien», 60% de Marocains ne considèrent pas comme musulman celui qui ne fait pas le ramadan, et 44,1% de Marocains estiment qu’un dé-jeûneur doit être puni jusqu’à ce qu’il reprenne «le droit chemin». Près de 82,7% des interrogés ne sont pas d’accord pour que les cafés et restaurants restent ouverts la journée pendant le mois sacré.

«Dans cette logique, la prière, qui est tout comme le carême un des piliers de l’Islam, pourrait de facto être une obligation sociale», réplique un activiste du Mouvement. Une cohérence dont se prévaut d’ailleurs le régime des Mollahs en Iran ou les défenseurs de l’application rigoriste de la Charia, la loi islamique.

«Qui interdit à quiconque d’aller à McDonald’s ou Pizza Hut? Toutes les franchises internationales de fast-food sont ouvertes. Dans les hôtels, les touristes sont servis y compris quand ils demandent de l’alcool, alors pourquoi faire de la provocation gratuite?», fulmine un officiel.

En toile de fond, ces propos rejoignent en fait le concept de «la laïcité masquée» qui prédomine au Maroc. C’est le cas de la tolérance de la consommation d’alcool par les musulmans. Pour les laïcs, la position des pouvoirs publics est marquée par la lâcheté et l’hypocrisie.

«Nous rêvons d’un Maroc tolérant, libre et pluriel»
Pour Zineb El Rhazoui, «l'islam existe depuis des siècles et n'a pas besoin des islamistes pour le défendre», et d’ajouter:

«Il ne sera nullement ébranlé par des personnes qui ont fait le choix, pour des raisons qui leur sont propres, de ne pas observer une prescription religieuse.

Si nous permettons aux forces de l'obscurantisme de faire la loi dans notre société, chaque femme non voilée, chaque personne qui ne fait pas la prière ou qui boit de l'alcool pourra craindre les représailles des radicaux. Nul n'est à l'abri du passage à l'acte d'un fanatique, mais cela ne doit pas nous empêcher de nous exprimer librement et de militer pour le Maroc dont nous rêvons: un Maroc tolérant, libre et pluriel.»

«De tous temps, l'islam s'est proclamé comme une religion sans contraintes (dîn yousr)», martèle El Rhazoui.

«Les prescriptions religieuses existent, les fidèles sont appelés à faire de leur mieux pour les respecter. Toutefois, nul ne peut juger de l'adhésion des autres à une règle religieuse, et encore moins les contraindre à l'observer; c'est contraire à la religion musulmane qui prône une relation directe avec Dieu, sans intermédiaire.»

Un dogme insoluble dans la modernité
Dans une interview accordée au quotidien français Libération, l’islamologue laïc Abdelwahab Meddeb tire la sonnette d'alarme quant à la pratique du jeûne pendant le ramadan. Selon lui, dans de nombreuses sociétés, et notamment au Maroc, le jeûne a tendance à devenir un phénomène social plus qu'un exercice spirituel.

Les membres du Mali adhèrent à ce point de vue:
«Nous pensons que chacun doit avoir la liberté de pratiquer sa religion en son âme et conscience. Ceux qui souhaitent jeûner doivent pouvoir le faire sans contrainte, où qu'ils soient dans le monde. Ce que nous dénonçons, c'est la stigmatisation des dé-jeûneurs et leur pénalisation du point de vue de la loi. Dans notre activité, il y avait des jeûneurs parmi nous, qui soutenaient le droit des dé-jeûneurs à exister librement, sans hypocrisie», argumente El Rhazoui.

La question dépasse aussi le seul cadre du débat sur les libertés individuelles, socle essentiel de la modernité d’une société. Elle interpelle sur les fondamentaux du contrat social avec la monarchie qui tire évidemment sa légitimité première de la notion de Commanderie des Croyants. Si ce lien est très largement accepté, il ne l’est pas seulement dans sa lecture culturelle, symbolique ou identitaire.

La sacralité telle que définie par la Constitution marocaine impose un dogme que le régime a, à l’évidence, de grandes difficultés à synthétiser avec la modernité. Un état de fait qui transpire dans les relations chaotiques du pouvoir avec la presse, les ONG et la frange progressiste de la société civile qui déminent depuis des années les lignes rouges imposées par le religieux.
Les réformateurs assimilés à des infidèles

Pour le prédicateur Abdelbari Zemzmi:
«La devise du royaume est "Dieu, la Patrie, le roi", c'est pour cela qu'il faut respecter la religion musulmane. Discuter d'une liberté individuelle qui ne respecte pas l'islam ouvre la porte au non-respect de la patrie et de l'institution monarchique (…) Ceux qui veulent dé-jeûner publiquement violent la sa sacralité du ramadan, ils blessent les sentiments des musulmans, ils doivent donc être punis en application des lois en vigueur».

La nouvelle Constitution marocaine adoptée cet été n’a pas fait bouger ce dogme d’un iota. Au contraire, l’institution des oulémas, gardiens de la foi, a été érigée en clergé, le roi demeure Commandeur des Croyants et l’islam la religion d’Etat. Ce n’est pas un hasard si les membres fondateurs du Mali sont aux avant-postes du Mouvement du 20 février, appelant à l’instauration d’un Etat civil au Maroc.

D’ailleurs, la propagande officielle a largement manipulé une opinion publique pétrie de religiosité en insinuant que les «févriéristes» étaient acculturés à l’Occident, forcément athées et que leur mot d’ordre contestant le référendum pour l’adoption de la nouvelle Constitution («Mamsawtinch!») (Nous ne voterons pas!), serait suivi pendant le ramadan de «Masayminch!» (Nous ne jeûnerons pas!). Une manière tordue d’assimiler les réformateurs à des infidèles pour les discréditer.

http://www.slateafrique.com/20901/maroc-religion-les-heretiques-du-ramadan-liberte-culteA lire aussi

La nouvelle justice "indépendante": le procès politique de façade contre les militants de Bouarfa

Communiqué du Bureau Central de l'AMDH
Rabat, 27/7/2011
L’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) dénonce vivement le jugement inique à l’encontre de SEDDIK KEBBOURI et ses compagnons dans un procès n’ayant pas connu les normes du procès juste et équitable et demande leur libération immédiate


Le Bureau central de l’Association Marocaine des Droits Humains a suivi en 1re instance et en appel le déroulement du procès politique intenté contre les militants Seddik Kabbouri et Mahjoub Chennou ainsi que le procès inique à l’encontre de huit jeunes de la ville de BOUARFA arrêtés arbitrairement à la suite des protestations et des événements qu’à connus cette même ville le 18 mai 2011. Le Bureau central est fort surpris et indigné par les sentences prononcées contre eux par la cour d’appel d’Oujda en rapport avec le dossier de flagrant délit n° 1134/2011 du 26/7/2011 à savoir deux ans de prison ferme pour les militants Seddik Kabbouri et Mahjoub Chennou et 16 à 18 mois de prison ferme pour les 8 autres jeunes.
Dénonçant vivement ces sentences, n’ayant aucune assise juridique, et l’incrédibilité même de ce procès de façade dans son ensemble visant à neutraliser et empêcher l’action des militants droits-humanistes, syndicalistes et politiques et à mettre un terme au mouvement de contestation que connaît la région de Bouarfa et revenir sur les acquis réalisés grâce au rôle important joué par Kabbouri et Chennou dans la lutte menée par la population de la ville, le Bureau central de l’AMDH relève à nouveau - comme il l’a fait au cours du procès des concernés en 1re instance à Bouarfa, le 16/6/2011- les différentes violations que ce procès a connues et notamment :
- Le refus de la demande présentée par la défense pour la convocation des témoins à décharge ;
- Le refus des sérieuses plaidoiries de forme de la défense et surtout concernant la demande d’une enquête complémentaire en raison des nouvelles données permettant de savoir vraiment ce qui s'est passé à Bouarfa le 18 mai.
- Les conditions de l’état de flagrance ne sont pas réunies du fait que la campagne ayant entrainé l’arrestation du premier groupe n’a eu lieu que 6 jours après les incidents.
- L’absence d’arguments qui prouveraient l'implication présumée des accusés et la non présentation des saisies faites dans l’irrespect des formalités légales nécessaires.
- Les sentences se sont basées essentiellement sur les procès-verbaux de la police judiciaire, bien que les accusés aient nié toutes les accusations et que la défense ait contesté auprès du procureur, du tribunal de première instance et de la cour d'appel leur légalité.
Relevant ces violations, le Bureau central de l’AMDH dénonce de nouveau la violation flagrante des conditions et des normes du procès équitables que ce dossier a connue et :
- Condamne très fort le verdict et le procès politique qu’il considère comme une violation flagrante de la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l'homme de 1998.
- Exprime son appui et sa solidarité avec les militants Kabbouri, Chennou et leurs compagnons et revendique leur libération immédiate et sans conditions.
- Dénonce la poursuite de l’usage de la Justice par l’État pour se venger des militants et intimider les citoyens.
- Salue touTEs les avocatEs qui se sont mobiliséEs volontairement pour la défense de ces détenus politiques tant en 1re instance qu’en appel.
- Réaffirme qu’il continue dans sa lutte et sa pression jusqu’à la libération des dix militants : Kebbouri, Chennou et leurs compagnons.


الجمعـية الـمغربية لحــقـوق الإنــــسان ــ المكتب المركزي
Association Marocaine des Droits Humains – Bureau Central –
العنوان: شارع الحسن الثاني، زنقة أكنسوس، العمارة 6، رقم 1،-الرباط - الهاتف: 0537730961tel : – الفاكس:0537738851 fax :
البريد الإلكتروني: amdh1@mtds.com email: - الموقع الإلكتروني: www.amdh.org.ma SITE-WEB :
جـمعــيـة غير حكومية، تأسست في 24 يونيه 1979،، معترف لها بصفة الـمـنـفـعــة العـامــة (مرسوم رقم 2.00.405 – 24 أبريل 2000)
ONG constituée le 24 juin1979, reconnue d'utilité publique (Décret n° 2.00.405 du 24 Avril 2000)

Belle vidéo de la marche du 31 juillet 2011 à Casablanca (quartier populaire/ouvrier Bernoussi).

Les potentats ont raison d'avoir la frousse!

De : Khalid Lachhab , 2/8/2011

Objet : [فصيل طلبة اليسار التقدمي] Nouvelle vidéo

http://youtu.be/BZhdJBGNYo8

lundi 1 août 2011

POUR QUE LA SANTÉ SOIT RECONNUE COMME UN BIEN UNIVERSEL

Diffusé par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP), 1/8/2011
 
Indignés ! Le mot est-il assez fort face à la monstrueuse exploitation financière de la Santé par les industries du médicament ?

Peut-on accepter que l’Homme soit transformé en une série de fonctionnalités, en une norme, en une marchandise ?

Peut-on accepter que l’industrie pharmaceutique, les entreprises du médicament, responsables socialement, soient obsédées et pilotées par les revenus des dirigeants et les dividendes des actionnaires !

Peut-on se taire et laisser faire ?

… alors que les exigences en matière de santé ne cessent de s’accroître et c’est un signe de progrès,
… alors que 50% des maladies dans le monde n’ont pas de thérapies adaptées (dixit OMS),
… alors qu’une grande partie de la population mondiale, trop pauvre, n’a pas accès aux traitements qui existent,

peut on laisser détruire des milliers d’emplois utiles (dans Sanofi : - 3000 emplois ces deux dernières années, - 900 à 1000 emplois industriels de plus d’ici 2014), fermer des sites de recherches, de productions, de services d’appuis, de commercialisation, entrainant dans ce saccage, des milliers d’emplois induits, en sous-traitance.

Peut-on accepter l’appauvrissement scientifique et industriel de notre pays?

Peut-on laisser dépérir l’économie de nombreuses régions de France et de nombreux pays ?

Pour faire reculer les maladies ici et ailleurs, a-t-on trop de compétences, trop de connaissances, d’atouts industriels et scientifiques ?

Au mépris de la VIE, peut-on accepter l’accumulation financière continue des entreprises du médicament au profit d’une minorité de nantis ;

Les industries du médicament sont parmi les industries les plus profitables au monde. Quel est le sens de cette société humaine qui se glorifie et vise des super profits toujours exponentiels sur la santé ?

Pour exemple, Sanofi, 1ère européenne du médicament, principale entreprise du CAC 40, affiche 9,4 milliards d'euros de bénéfices pour 2010 - Chris Viehbacher, PDG depuis 2009, perçoit 3 600 000 euros/an, soit chaque mois 220 SMIC !

Les dérives dans l’industrie du médicament, font l’actualité. Elles mettent en débat divers éléments : les responsabilités, l’utilité, l’efficacité, la détermination des prix détachée des coûts, l’impact sur la sécurité sociale, l’insuffisance de contrôles et le manque de rigueur, les conflits d’intérêts, les recherches d’économies au mépris de l’éthique, les brevets et le droit de chacun à la santé..! En fait, elles éclairent l’asservissement de la recherche et de la production de médicament à la course au profit d’actionnaires.

Alors que tant de malades espèrent des traitements,
 
- comment les industries du médicament, telle Sanofi, peuvent-ils dilapider leur recherche et leurs moyens de productions pour répondre aux appétits égoïstes et gargantuesques de quelques uns ?

- comment le gouvernement peut il « arroser » de millions d’euros de crédit impôt recherche chaque année, de telle société à la gestion antisociale, avec l’argent des contribuables ? Nous demandons le remboursement de ces sommes indues.

Les entreprises du lobbying pharma qui sévissent mondialement, sont de plus en plus discréditées. Leur pouvoir, sur l’économie, le social, l’humain, est injustifié, voir DANGEREUX. Comme elles sont loin du serment d’Hippocrate !

« Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me le demandera.
Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. »

Les professionnels de l’industrie pharma, ouvriers, employés, techniciens, chercheurs, ingénieurs, visiteurs médicaux … ne veulent pas que leur travail soit détourné de sa raison d’être : répondre aux besoins en Santé ! Leur métier les passionne. Ils mesurent leur utilité sociale. Chaque jour qui passe, de restructuration en réforme, ils souffrent des obstacles, des dérives imposées. Ils créent les richesses de l’entreprise. Ils ambitionnent de soigner. Constamment ils proposent, ils s’impliquent, ils veulent innover, ils rêvent de coopérations…

Leur droit d’intervention sur les objectifs de cette industrie d’intérêt public est LEGITIME et nécessaire. Qui décide des choix de santé, illustre la conception que l’on se fait de la société.

Nous en appelons à tous,

Pour la santé,seuls les intérêts thérapeutiques doivent compter, pas la finance. Nous réclamons que la politique des industries pharmaceutiques se recentre sur les patients et les maladies dont ils souffrent quelles qu’elles soient, où qu’elles soient.

Pour la santé, les pouvoirs publics doivent assumer leurs responsabilités. Nous rappelons que la sécurité sanitaire doit être un objectif de l’Etat.

Pour la santé, nous incitons l’ensemble des parlementaires à s’opposer à la dilapidation des biens communs, à exiger que l’industrie pharmaceutique et plus particulièrement Sanofi, réponde à ses obligations sanitaires, éthiques.

Patients, professionnels du médicament et de la santé, citoyens, nous sommes tous concernés,
indignons nous et agissons ensemble !

Pour la santé, rejoignez cet appel, diffusez le largement à tous vos réseaux, afin que monte de partout, des villes, des campagnes, dans notre pays et dans le monde cette exigence :

Le médicament n’est pas une marchandise. Il doit sortir des griffes des financiers !

Par lesindignesdelindustriepharmaceutique

Moments forts de la manifestation d'hier et l'allocution du Mouvement Marocain du 20 février Paris/Ile-de-France devant l'ambassade du Maroc

Par Ayad Ahram, 1/8/2011
http://www.youtube.com/watch?v=OvWOHPuoz90

Reportage photos sur la marche du Mouvement Marocain du 20 février Paris/Ile-de-France organisée le 31 juillet entre Trocadéro et l'ambassade du Maroc réalisé par Saïd  Laarayi

https://picasaweb.google.com/114600362942396530293eMouvementMarocainDu20FevrierParisIleDeFrance?authkey=Gv1sRgCJOLqa7xpamYRQ#

Video : pour ne pas oublier les années de plomb

Grand Angle: Droits de l’homme et réparation communautaire

 http://www.2m.ma/Programmes/Magazines/Societe/Grand-Angle/Grand-angle-Jeudi-28-juillet
Beau document. 
Moment fort : le centre de torture Derb Moulay Cherif transformé en centre de réhabilitation des victimes de la torture.
Mais il manque la suite, celle que vivent les Marocains aujourd'hui... Après la publication des résolutions de l'IER ces pages noires seraient-elles tournées? Incarcérations abusives, torture, centres de détention secrète, humiliation, bidonvilles, grande pauvreté,  répression violente, dignité bafouée, corruption à tous les niveaux de l'Etat, etc...n'appartiennent pas qu'au passé, malheureusement !(ndlr)

Grève des 115 * de France le 2 Août 2011

Par la LDH, 1/8/2011

-  Parce que les baisses drastiques de budget annoncées condamnent les associations à remettre à la rue des centaines de personnes,
-  Parce que nous, professionnels de terrain, nous connaissons les conséquences de ces remises à la rue pour les personnes que nous accompagnons chaque jour,
- Parce que nous ne voulons pas être les complices impuissants d’une situation de non-droit

Les professionnels du 115 seront en grève dans de nombreuses villes de France,
le mardi 2 Août.
A Paris,
Rassemblement 12h30 square Boucicaut

Il s’agit d’une mobilisation dont le caractère inédit souligne l’ampleur de la crise que connaît actuellement l’urgence sociale.
«Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un

dispositif d'hébergement d'urgence ». Art L 345-2-2 Code de l’action sociale et des familles.
« Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée.» Art.L 345-2-3.
L’Etat ne doit pas se cacher derrière la politique du « logement d’abord », encore en chantier et sans effet pour le moment, pour remettre à la rue, en dépit de la loi, des centaines de femmes, d’hommes et d’enfants.
L’argument d’un accès au logement pour tous est un leurre : ces logements n’existent pas et l’accompagnement médico-social prévu n’est pas mis en place.
Ce sont les trottoirs, les parcs et les terrains vagues qui accueillent aujourd’hui les personnes n’accédant pas ou plus à l’hébergement.
Nous les voyons chaque jour s’épuiser physiquement et psychologiquement, perdre l’espoir d’un ailleurs que la rue, condamnés à la survie.
Cette grève est donc, après les différentes mobilisations locales ainsi que la démission de Xavier Emmanuelli, un nouveau cri d’alarme, celui exprimant la colère des professionnels de terrain de toute la France.
Nous demandons à ce que la loi soit respectée. Pour se faire, que l’Etat doit revenir sur la restriction de budget annoncée et montrer un réel engagement en faveur des plus démunis. Il en va de destin humains, de notre éthique professionnelle et du maintien du pacte social.

* 115 : numéro d'appel de l'urgence sociale