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mercredi 1 décembre 2010

Les députés marocains lancent une enquête parlementaire sur les événements d’El-Ayoun

La poudre aux yeux de Rabat
Par : Merzak Tigrine, Liberté-alger, 1/12/2010
Dans l’espoir d’apaiser la colère des défenseurs des droits de l’homme, notamment les ONG Human Rights Watch et Amnesty International, ainsi que les eurodéputés, qui demandent une enquête indépendante sur les sanglants de Gdeim Izik, le Makhzen initie par le biais de ses députés une “enquête parlementaire”.
Refusant de céder aux requêtes internationales, émanant du Parlement européen et des deux principales organisations internationales de défense des droits de l’homme que sont Amnesty international et Human Rights Watch, pour la mise en place d’une commission d’enquête indépendante pour déterminer les responsabilités dans l’agression sanglante des forces marocaines contre les civils sahraouis le 8 novembre dernier dans le camp érigé à Gdeim Izik près d’El-Ayoun pour protester contre l’occupation du Maroc, le makhzen essaye de trouver un échappatoire. Pour ce faire, les députés marocains ont décidé lundi de constituer une commission d'enquête parlementaire sur “les événements” survenus après le démantèlement le 8 novembre du camp Gdeim Izik. Composée de treize députés, dont quatre de l'opposition, la commission doit rendre ses conclusions dans un délai maximum de six mois, selon le règlement intérieur du Parlement. Il s’agit d’une première au Sahara occidental. Selon Sâad-Eddine Othmani, député du Parti justice et développement (PJD, opposition islamiste) et l'un des vice-présidents de la commission : “C'est la première fois qu'une commission d'enquête parlementaire marocaine travaillera au Sahara (occidental) et la sixième dans l'histoire du Maroc.” Il ajoutera que “parmi les objectifs de cette commission, qui travaillera pendant au moins 45 jours, figure la délimitation des responsabilités dans ce qui s'est passé à El-Ayoun depuis l'implantation des premières tentes jusqu'aux événements qui ont suivi le démantèlement du camp”. Un communiqué du Parlement a indiqué que la commission va également enquêter sur “les actes de violence qu'a connus récemment la ville d’El-Ayoun” (ndlr : Sahara occidental).
Ainsi après avoir dénoncé la décision du Parlement européen, accusant le Parti populaire espagnol (PP) d'être “derrière” celle-ci, lors d'une importante manifestation à Casablanca lors d’une manifestation populaire en présence de nombreux hauts responsables du royaume et des partis politiques, le Maroc donne l’impression de vouloir calmer la tension en annonçant la création de cette commission d’enquête parlementaire. Il ne s’agit que de la poudre yeux, car comme l’indique le règlement intérieur du Parlement marocain, les conclusions de la commission d'enquête n'ont aucun caractère contraignant, et ne conduisent pas “systématiquement au déclenchement d'une procédure judiciaire”.
Pour rappel, en décembre 2008, une commission parlementaire s'était rendue à Sidi Ifni (sud) après des affrontements le 7 juin précédent entre les forces de l'ordre et des diplômés chômeurs qui avaient bloqué le port de cette localité, qui avait abouti à la conclusion que “lors des incidents, il n'y a pas eu de mort ou de viol au regard du code pénal marocain et des conventions internationales afférentes aux droits de l'homme”.

Résolution du Parlement Européen sur le S.O., suite et pas fin : Quand les lignes bougent l

Par M.A., le soir d'Algérie, 30/11/2010 
Rabat ne décolère plus contre Bruxelles et Madrid. Hier, la capitale belgo-européenne devait servir de tremplin médiatique pour expliquer la «marocanité» du Sahara occidental. Un bide. Après l’adoption par le Parlement européen (PE) d’une ferme résolution dénonçant les agissements du Maroc au Sahara occidental, Rabat a sonné le tocsin de la mobilisation générale.
La position des europarlementaires est un tournant. Majeur. Ébranlé par la détermination des eurodéputés, tous groupes confondus, le Makhzen tente des opérations de manipulation-diversion. Des marches de protestations (contre qui ?), Casablanca, Washington, des concerts animés par des groupes folkloriques et des artistes marocains au talent reconnu, des conférences de presse d’explication du conflit, comme celle d’hier à Bruxelles, des commandes de passage dans différentes télévisions occidentales et satellitaires arabes, autant d’actions pour prouver la marocanité du Sahara occidental.
Zapatero
Une évolution tactique semble avoir été ordonnée en haut lieu par rapport à la résolution — meurtrière pour le Maroc — du Parlement européen. Si l’Algérie est, évidemment, toujours le principal suspect, accusé selon Rabat, depuis quelques jours, les foudres de guerre les plus rapides et les plus dangereux ciblent un autre objectif. L’Espagne. Principalement les entités fédérées du Royaume ibérique (Calalagne, Pays Basque, Andalousie), les médias et des responsables politiques, tant du Parti socialiste que du parti de la droite classique. Cet acharnement médiatique anti-espagnol sans équivalent dans la tradition entre le Maroc et l’Espagne est troublant, selon les observateurs, ici, à Bruxelles. Il l’est d’autant plus que le gouvernement Zapatero n’a pas été particulièrement zélé dans la dénonciation de la répression et des crimes commis à El-Ayoune.
Il est vrai que la direction du PSOE, actuellement au pouvoir à Madrid, n’a pas été suivie par le base socialiste sur la question sahraouie, d’où la double partition contrainte jouée par l’exécutif Zapatero. Molesse pro-marocaine à l’entame du démantèlement du camp d’El Ayoune, puis fermeté sans précédent, ensuite fermeté contre la répression marocaine, bien sûr. Rabat soupçonnant à cet égard Zapatero d’avoir consciemment laisser monter la colère anti-marocaine pour réguler ses déclarations et les mettre au diapason européen. Les Marocains sont d’autant plus enclins à penser ainsi que des eurodéputés, notamment socialistes, traditionnellement mous et sans courage face au drame du peuple sahraoui, ont été très actifs pour faire adopter la résolution que Rabat ne gobe pas, alors pas du tout. Pour autant, l’Algérie reçoit, pour ainsi dire, pour son grade. Seul fait marquant, cette fois-ci — et c’est un tournant —, Alger n’est pas la seule capitale à monter au créneau pour dénoncer la répression dans les territoires sahraouis occupés.
Le Maroc a constaté, en cette période internationale trouble, triste et qui annonce les jours les plus sombres par des tas de grands décideurs de la planète, qu’il ne suffit pas — il ne suffit plus — d’être le larbin de service pour s’en sortir et coloniser en silence. Ça ne marchera plus. Un malheur n’arrive jamais seul, le courroux marocain est aggravé par la montée en France (Affaires étrangères et Défense) de deux personnalités que Rabat soupçonne de rouler pour Alger. Le bon vieux temps de Kouchner le magnifique, pour le Maroc, cela s’entend, est certes fini, ce qui est une excellente chose pour les Sahraouis. Mais est-ce sera suffisant pour que le peuple des ténèbres jouisse, enfin, de son droit à un référendum d'autodétermination. Et dire que cela prendra, seulement, «une journée, une seule journée», selon la belle formule de James Baker.
 http://diasporasaharaui.blogspot.com/2010/11/resolution-du-pe-sur-le-so-suite-et-pas.html

Communiqué du collectif « Votation citoyenne »

LDH, Anne Garacoïts, Paris, 1/10/2010
Campagne 2010-2012
« Communes pour l’égalité, OUI au droit de vote
et d’éligibilité des résidents étrangers aux élections locales »
Impulsée par le collectif Votation citoyenne, relayée par de nombreuses municipalités et des collectifs militants, la campagne « Oui au droit de vote des étrangers ! » prend de l’ampleur et pose avec force l’urgence d’accorder le droit de vote et d’éligibilité aux résidents étrangers extra-européens aux élections locales.
Revendiquée depuis plus de trente ans, soutenue par de nombreux élus notamment en mai 2000 lors de l’adoption, par l’Assemblée nationale, d’une proposition de loi, la question du droit de vote et d’éligibilité des résidents non européens aux élections locales (municipales, cantonales, régionales) reste posée. L’opinion y est majoritairement favorable depuis dix ans et les partis politiques sont de plus en plus nombreux à être acquis à cette cause. Alors pourquoi attendre ?
Rejeter cet impératif démocratique constitue un déni de droit aux résidents étrangers non européens qui pourtant participent à la vie économique, sociale, culturelle et associative et contribuent ainsi à la vie citoyenne, tout autant qu’une mise en péril de cette même vie citoyenne et des valeurs d’égalité qui sont aux origines de notre République. C’est se priver de cette formidable opportunité d’intégration que serait le droit de vote. C’est refuser d’avancer vers un suffrage réellement universel.
En France des étrangers votent déjà aux élections municipales. En effet le traité de Maastricht (1992) a reconnu le droit de vote et d’éligibilité aux citoyens de l’Union européenne pour les élections municipales. La majorité des pays de l'Union européenne (dix-huit pays) a déjà étendu totalement ou partiellement ce droit à l’ensemble des résidents européens ou non européens.
Le collectif Votation citoyenne lance une nouvelle campagne
pour la période 2010 – 2012.
Il appelle les municipalités, avec les collectifs citoyens, les organisations locales et nationales, à multiplier les initiatives pour aller à la rencontre de tous les citoyens, en organisant des Votations citoyennes, des référendums d’initiative locale, des débats publics, des animations et des expositions en faveur du droit de vote et d'éligibilité des résidents étrangers aux élections locales.
Actuellement, près d’une centaine de villes ont répondu à cet appel et s’engagent, en novembre et en décembre, dans la campagne. A Toulouse, près de trois mille citoyens ont participé à la Votation citoyenne entre le 2 et le 6 novembre. A Lyon, une Votation citoyenne est organisée entre le 12 novembre et le 5 décembre dans plusieurs arrondissements de la ville. Il en est de même, en décembre, à Albertville, Fontenay-aux-Roses, Grenoble, Lorient, Limoges, Marseille, Nanterre, Orly, Périgueux, Roubaix, Tours et des dizaines d’autres villes.
A Ivry-sur-Seine, la municipalité a franchi une étape supplémentaire. Avec le collectif d’associations locales, elle organise un référendum d’initiative locale le dimanche 5 décembre sur le droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers aux élections locales, avec établissement d’une liste électorale additive ouverte aux résidents d’Ivry non inscrits aux listes électorales établies. Ce jour-là, dix bureaux de vote seront ouverts.
Une seconde vague d’initiatives (référendums, votations) est programmée pour le printemps 2011. A Paris, une Votation citoyenne, soutenue par la municipalité, aura lieu dans cette même période.
La campagne actuelle sur le droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers aux élections locales s’inscrit délibérément dans le débat public. Cette mobilisation sera maintenue jusqu’aux prochaines élections parlementaires et présidentielles de 2012.
Comme a été gagné le combat pour le droit de vote des femmes, nous gagnerons cet autre combat démocratique !
Contact pour le collectif Votation citoyenne :
Anne Garacoïts : anne.garacoits@ldh-france.org Tél. 01 56 55 51 08

Climat de terreur au Sahara Occidental : Nouvelles attaques marocaines sur les Sahraouis, étudiants et chômeurs

Par Apso 29/11/10
Comme en confirmation des préoccupations exprimées par la résolution importante mais finalement frileuse du Parlement Européen sur le Sahara Occidental, (votée le 25 novembre), les colons marocains, jeunes et adultes, assistés des forces de sécurité marocaines ont violemment attaqué des étudiants et chômeurs sahraouis à El Aaiun , Smara, et Dakhla dans les territoires occupés du Sahara Occidental.
Les faits qui se sont déroulés ce 29 novembre sont fondamentalement très graves et très préoccupants. La population marocaine, à l’image du gouvernement, semble croire qu’une démonstration de force et de violence sur la population sahraouie est la preuve de leur propriété sur le territoire.
Le Parlement Européen, comme l’ONU ne peuvent plus continuer à mettre sur le même plan le colonisé et le colonisateur, quand à l’évidence l’idée d’une solution du conflit « mutuellement acceptable » renforce le sentiment d’impunité du gouvernement marocain, et le pousse à soutenir les colons dans des actes de guerre civile.
El Aauin
Au matin du lundi 29 novembre 2010, à El Aaiun, des étudiants marocains du lycée Mohamed V, (à proximité de l’Hôtel Parador) et leurs parents ont manifesté à l’intérieur de l’enceinte de l’établissement scolaire. Ils brandissaient le drapeau marocain, et étaient armés de bâtons et de couteaux. 
Ils criaient tous des slogans hostiles aux Sahraouis, racistes.
Dans le même temps, des Marocains ont attaqué des étudiants sahraouis. 13 jeunes ont été blessés, dont : Saadani Aalia, Zaara El Hallaqi, Baba Ahmed Ndour, Mahmoud Dahi, Abbahi Breika
Les jeunes Sahraouis les plus gravement touchés ont été emmenés par leur familles à l’hôpital civil de El Aaiun.
Le même scénario s’est déroulé dans le collège Tenmia (le développement). Manifestation, drapeaux et bâtons, attaque des élèves sahraouis. Le jeune Abdalahi Fueiras a été blessé à la tête, et conduit à l'hôpital
Selon des témoins, les policiers marocains présents sur les lieux ont regardé les attaques des colons sur les Sahraouis sans intervenir.
Smara
Lundi matin, des Marocains dont les étudiants de l’établissement scolaire secondaire Moulay Rachid, ont décidé de manifester en faveur du roi du Maroc, et du maintien de la colonisation du Sahara Occidental.
Divers corps des forces de sécurité marocaines accompagnaient la manifestation. Les étudiants sahraouis qui ne sont pas partis défiler étaient restés au lycée.
Sous les yeux de la police qui n’est pas intervenue, des jeunes marocains ont attaqué les jeunes filles sahraouies avec des bâtons et des couteaux, et en les insultant, puis ont attaqué la salle de classe dans laquelle les jeunes sahraouis ont essayé de se protéger et de se barricader.

Dans la violence de l’assaut, les vitres des salles de classes ont été cassées, les grilles de protection arrachées, et de nombreux étudiants sahraouis blessés.
Les parents de ces étudiants venus chercher leurs enfants pour les conduire à l’hôpital ont eux aussi été attaqués par les colons et la police marocaine.
Les 5 adultes blessés sont:
Fatma Al Adli, Conseillère municipale de la ville de Smara, Daoud Limam. père d’un étudiant, Mnaisir Abeidi. père d’un étudiant, Louara Najem Elkabech mère d’un étudiant, Abdelahi Chichaoui. Professeur dans l’établissement
Les 36 élèves blessés sont :
Lamaadal Saleh, Lafdil Ali, Hnini Yahdih, Mariem Zaouati, Atfarah Zabat, Siba Oulaya, Rabab Hamoudi, Doueya Laayel, Jadaya Yenhaoui, Ahmed El Ouaban, Halima Sidi Mohamed Boubakr, Labuehi Embarka, Suelika Brahim Hmaim, Barikalaa Nadif, Saiba Lahbib, Warda Mankour, Aicha Boualam, Aoubba Aicha, Ahmed Ailaa, Dlaimi Bouzaina, Yahia Graibis, Hnini Ahmed, Alhouria Ahmoudi, Babouzaid Elmehdi, Ahmed El Idrisi, Souelhi Lamaadal, Ahmed Basiri, Hamoudi Erguaibi, Aomar Boukanin, Labuehi Hamza, Hamza Bardali, Moustafa Zaigam, Lamira Albalek, Zahra Kazaz, Ali Lafdil, Mohamed Dada
Dakhla
Ce même lundi matin, un sit-in pacifique réunissait des Sahraouis diplômés-chômeurs, et chômeurs devant le bâtiment du gouvernement provincial. Ils réclamaient le droit au travail et l’amélioration des conditions sociales des Sahraouis sur la base de leur droits à décision et bénéfice sur les ressources naturelles du territoire.
Les forces de sécurités, sous les ordres de Harith Harbi, ont violemment dispersé le groupe, à coup de matraques et de pieds, blessant onze personnes, qui sont : Mohamed Almoun Abdelahi, Mourad Embarek, Almadah Elaïdique, Said Mouissa, Nanah Chouna, Boukhari Abdellahi, Zraiwil Bachri, Mayara Ali, Salami Mayara, Cheikh Alali, Cheikh Hammie.
Sources Apso Sahara, traductions Apso
Photo Trabna Smara, http://trabna.com/ السلطات المغربية تسلح ميلشيات من المستوطنين المغاربة للهجوم على التلاميذ الصحراويين
Publié par APSO

Témoignage : J'étais dans le campement de Gdem Izik,

Par Nina,, 26/11/ 2010
J'étais dans le campement de Gdem Izik, Nina, Sahraouie, 20 ans
J'étais dans le campement de Gdem Izik quand les Marocains nous ont attaqués.
Il y avait vraiment beaucoup de Marocains, et toutes les forces de sécurités possibles. L'armée, la police, la gendarmerie royale, les forces auxiliaires, les sapeurs pompiers et d'autres que je n'ai pas reconnu nous ont attaqués.
Il y avait toutes les sirènes des ambulances qui sonnaient constamment, et l'hélicoptère qui tournait pour nous effrayer.Les enfants pleuraient et hurlaient de peur. Ils s'étouffaient à cause des gaz lacrymogènes.
On avait l'impression que les Marocains voulaient nous encercler pour tous nous tuer.C'était terrible, vraiment horrible.
J'ai fui et je suis allée à pied à El Aaiun.
Nous les jeunes, on est parti à pied. Les voitures, c'était pour les femmes, les bébés et les vieux. Il y avait des Sahraouis avec des 4x4 qui ont fait la navette pour conduire les gens en ville.
Avec nos mains, on a creusé une tranchée dans le mur pour faire une brèche, et pour que les 4x4 puissent aller plus loin vers le camp chercher les gens.
Dans El Aaiun, les Sahraouis ont commencé les manifestations quand ils ont su qu'on avait été attaqués. Pour protester et pour dénoncer. Pour montrer qu'on n’a pas peur.
C'est grâce à cet Intifada que les Marocains ne nous ont pas tous tués. Parce qu'ils étaient désorganisés ou pris au dépourvus je ne sais pas.
Quand on est arrivés à Laouda, on a trouvé des voitures, et on est allés vers l'avenue de Smara et le centre ville pour protester, rejoindre l'Intifada.
On a été surpris que les Marocains utilisent des armes dans El Aaiun. Dans les camps on savait qu'ils allaient le faire, parce qu'ils l'avaient déjà fait quand ils ont tué Najim. Mais, dans la ville, on a été surpris. Même quand ils sont allés saccager les maisons ils avaient les fusils. J'ai ramassé des cartouches par terre. Elles sont en plastique.
Maintenant je suis toujours cachée. Je sais que la police me cherche.
Nina, Traduction APSO, 30 novembre 2010
Note : Laouda est un quartier à l’Est de El Aaiun
Publié par APSO
 http://apsosahra.blogspot.com/2010/11/jetais-dans-le-campement-de-gdem-izik.html

mardi 30 novembre 2010

Sahara : Le mutisme complice des uns et des autres

Par LEMILITANTSANSFRONTIERES,Le Révolté, 29/11/2010

Au Sahara occidental, l’injustice et les tueries sont au quotidien. Jusqu’à quand donc ce mutisme complice de la part des uns et des autres ?
Faut-il encourager, par-ci et par-là, dans leurs constantes dérives ceux qui se plaisent à se croire des intouchables en ce monde où les grandes instances internationales qui le gèrent semblent toujours user du droit « des deux poids deux mesures » ?
Y aurait-il donc sur cette terre qui sent la putréfaction : des êtres, des semblants d’êtres et des non êtres, parmi tous les êtres humains qui la peuplent ?
Le manque de décisions fermes et décisives à l’encontre de ceux qui font fi du respect d’autrui, c’est -à- dire ceux qui font toujours fi des décisions de ces grandes Instances mondiales et qui ne sont guère décidés à mettre un terme aux dépassements qui sont les leurs ne fait que compliquer les situations et encourager cette anthropophagie qui veut s’installer un peu partout dans ce monde malade : malade de ses hommes, de ses maîtres, de ceux qui pensent toujours que c’est toujours, et encore, leur règne. Ô Injustice caractérisée qui perdure !
L’attaque de la part de l’armée marocaine du camp de Gdeim Izik près de la ville occupée d'El Aaiun, ( Laâyoune ou El-Ayoun), capitale de la RASD, proclamée sous contrôle marocain, n’avait-il pas fait plus de 19 Sahraouis tués, 723 blessés et 159 disparus selon un bilan provisoire du gouvernement sahraoui ?
Cette attaque ne serait –elle pas une punition à cause du rejet de l'occupation marocaine et la demande du droit à l'autodétermination par le peuple sahraoui?
N’est-ce pas aussi une manière d’entraver encore les négociations en cours ?
Il faut que tous les amoureux du Sahara se déclarent de par le monde et fassent entendre leur courroux.
Qu’ils prennent position !
Qu’ils condamnent vivement!
Le Sahara n’est-il donc beau que par son histoire millénaire, ses paysages féeriques, sa faune qui nous captive et sa flore qui nous subjugue ?
Et ses hommes ?
Leur mort est-elle si négligeable ?
Si le Maroc propose la solution de l'autonomie.
Le Polisario, lui, rejette cette proposition et réclame l'autodétermination. N’est-ce pas si légitime à l’orée de l’an 2011 ?
Depuis le 27 février 1976 le Front Polisario a proclamé la RASD : République arabe sahraoui démocratique, revendique la souveraineté sur le territoire du Sahara occidental , cependant l'ONU considère que la décolonisation elle-même n’est pas terminée et ne reconnaît ni la RASD qui est membre de l'Union africaine depuis 1982 ni la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.
Entre temps, les peuples à chaque confrontation armée, payent un lourd tribut quant au peuple sahraoui qui ne compte pas plus de 200 000 âmes, c’est l'épuration ethnique pure et simple qui l’aurait guetté si ce n’était les camps de réfugiés de la région de Tindouf, en Algérie, qui abritent la majorité de la communauté sahraouie en exil, dont le président de la RASD : Mohamed Abdelaziz.
Pourquoi tout ce laxisme? Pourquoi faire perdurer le mal et tout ce mal ? 
Après les derniers événements meurtriers au Sahara Occidental , en Espagne par solidarité avec le Peuple sahraoui, des manifestants de différentes sensibilités ont martelé le pavé et ont crié à l’injustice que subit toujours et de plus en plus ce peuple que l’on martyrise impunément.
Les manifestants espagnols interpellent le gouvernement afin qu’il intervienne dans la résolution du conflit puisque c’est lui la puissance coloniale tutélaire.
Alors, pourquoi ne pas conjuguer tous les efforts afin que le recensement final des votants ait lieu au plus vite et que le référendum sur le statut final se fasse ? Pourquoi tarder encore et favoriser l’enlisement et la tuerie entre deux peuples frères ? Enfin, l’Espagne, face à ses rues qui commencent à gronder, s’empresse de demander des «éclaircissements» au Maroc.
http://diasporasaharaui.blogspot.com/2010/11/sahara-le-mutisme-complice-des-uns-et.html

Maroc : bidonvilles inondés et grave accident à Mohammedia

Par Ali Fkir, 30/11/2010
Mohammedia en deuil
Mohammedia se noie
1- Ramenant des ouvriers de Bouznika (où ils travaillent à l'ex VALEO) vers Mohammedia, le car de transport de personnel est tombé dans la rivière en crue à l'entrée de Benyakhlef ( 5 km de Mohammedia).. Jusqu'à 13H du 30 novembre 2010 ,seules 18 dépouilles ont été repêchées.
2 - Les bidonvilles ont été envahis par des torrents d'eau. Les milliers d'habitant-es ont perdu leurs maigres biens. Dans cette calamité les responsabilités sont déterminées, et les habitant-es le disent clairement:
- Les autorités n'ont rien fait pour résorber ces quartiers de bidonvilles, où sont entassées les victimes de l'exclusion, les sans droits de citoyenneté
- Les autorités n'ont rien fait pour détourner les courants d'eau , ni faciliter le dégagement des eaux des mares qui se forment à l'intérieur de ces quartiers
- Les forces de "sécurité" (??!!!) ont encerclé les quartiers par "mesure de sécurité" (??!!!), alors qu'il fallait dépêcher sur les lieux des militaires et autres forces publiques afin de secourir les milliers de personnes en danger réel.
- Les "élus" ont brillé par leur absence. Par prudence, ils ont préférer ne pas se montrer.
- Les sinistrés sont livrés à eux-mêmes, s'entraident, font ce qu'ils peuvent.
Les représentants de l'AMDH, section de Mohammedia ont rendu visite aux habitant-es du douar Ould Elhadj Milidoudi (Hay Amal), au quartier Al massira et au quartier Chanti Jedid. C'est la désolation la plus complète!
D'autres militant-es (à leur tête la présidente de la section), se sont rendu-es à l'hôpital pour s'en quêter du sort des dizaines d'ouvriers, victimes de l'accident à l'entrée de Benyakhlef. La section a présenté aux familles des victimes ( la plupart du quartier Assaâda) ses condoléances
Rappelons que des policiers ont empêché (en connaissance de cause) la voiture qui transportait la délégation de la section locale de l'AMDH de pénétrer dans la zone sinistrée d'Al Massira. On y arrivait à pied par d'autres ruelles.
Il fallait entendre les victimes parler avec rage des "élus", du Sahara, de la télévision...on n'en revenait pas!
Les militant-es des droits humains, les militants progressistes se doivent d'exprimer sur le terrain leur solidarité avec les victimes des intempéries, qui ne sont autres que des victimes des politiques de l'Etat, de la démagogies des "élus" et des autres vendeurs de rêves sans lendemain.
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 Les pauvres refusent la fatalité
-Les représentants des principaux bidonvilles de Mohammedia se sont retrouvés ce soir (30/11/2010) au local de l'AMDH, section de Mohammedia,
Ils ont discuté de leur lamentable situation suite aux dernières intempéries et surtout face au désintéressement des autorités concernées, et des démarches à entreprendre pour arracher leurs légitimes droits.
 - Les sinistrés  des bidonvilles de la ville de Mohammedia en général et ceux d'Al Massira en particulier (le quartier le plus touché) n'ont reçu jusqu'à présent aucune aide: ni nourriture, ni vêtements, ni couvertures... la plupart passeront la nuit, ventre creux, grelottant de froid, à la belle étoile.
 - Ce soir, les  centaines d'habitants (hommes, femmes, enfants, bébés, âgé-es) du douar Brahma Charqui (situé à la périphérie de Mohammedi) ont envahi la ville de Mohammedia et ont pris d'assaut les immeubles neufs (inhabitables) du quartier ANNASR, leur bidonville étant englouti par les eaux.
 Ils furent évacué-es sans ménagement aucun, et cantonné-es dans un terrain vague à la sortie de la ville. Il est 23 heure (la nuit du du 30 novembre 2010), il pleut, les sinistré-es sont encerclé-es par les diverses forces de répression. Les bébés, les âgé-es, les malades se trouvent dans une situation indescriptible. Ni nourriture, ni toits, ni couvertures. Du jamais vu!
                   La solidarité nous interpelle 
N'oublions pas que le Maroc a reçu le prix de l'habitat 2010 !(NDLR)

Les vérités sur l'apatride Moustapha Selma Ould Sidi Mouloud

29/11/ 2010
En remarquant le retard pris par les autorités marocaines à répondre à sa requête de rentrer chez son père à Smara, Moustapha se rend compte qu'il a été malmené par le Makhzen.
Le Maroc désire que "leur militant des droits de l'homme" reste le plus longtemps possible chez le Polisario pour  continuer le concert orchestré pour tromper les Marocains et la communauté internationale.
Le fonctionnaire de l'HCR qui lui rend visite régulièrement déclare être soumis au secret professionnel, surtout lorsqu'il s'agit de la vie privée d'un individu. Moustapha doit avoir demandé au fonctionnaire onusien de révéler les détails de son triste périple.
Maintenant il comprend comment le Makhzen l'a laissé tomber au point de devenir un apatride qu'aucun pays ne veut accueillir. La Mauritanie a accepté à condition que ce soit provisoire, en attendant de lui trouver une destination.
Déçu, se considérant sali par les Marocains, trahi par ceux qui lui ont promis des merveilles, Moustapha se livre aux confidences avec les Sahraouis. 
Lors de son séjour à Zouérate, il avoue avoir remarqué des gens qui le filaient. "Les Marocains voulaient me tuer pour jeter la responsabilité sur le Polisario", affirme-t-il. Il sait qu'ils sont capables de le faire. C'est la raison pour laquelle le Front Polisario ne peut le confier à personne sauf à la plus haute instance onusienne pour les réfugiés : le HCR. Celui-ci cherche depuis presque deux mois une solution pour faire sortir Moustpha de M'heiriz dans les territoires libérés du Sahara Occidental.

Sahara Occidental : 21 blessés dans les écoles de Smara

El Mundo, 29/11/2010
Les écoles de Smara assiégés par des colons marocains et il y aurait 21 blessés
La tension monte et se propage au Sahara Occidental. De fait, le conflit s'est déplacé à Smara, où des citoyens marocains protégés par la police marocaine sont entrés dans quelques écoles et il y a 21 enfants (lycéens ndlr) blessés à l'hôpital, selon des sources locales.
Smara est une ville du désert qui se trouve au nord-est du Sahara Occidental. C'est la dernière ville avant d'arriver au mur que sépare le Sahara Occidental du Sahara libre.
Hier soir a eu lieu une manifestation d'étudiants de soutien à la résolution du Parlement Européen, qui condamnait l'usage de la violence durant l'assaut au campement de 'Gdeim Izik' et demandait une enquête indépendante de l'ONU au Sahara.
Mais à El Aaiún, la capitale de l'ancienne colonie espagnole, le calme ne règne pas non plus. La Police marocaine est aussi entrée dans l'Institut Mohamed VI grâce aux affrontements entre les étudiants marocains, qui voulaient faire une protestation antiespagnole comme à Casablanca, et les Sahraouis.

La 18ème édition du Festival de la culture: "une plate-forme de solidarité avec les victimes de Gdeim Izik

Par Diaspora Saharaui,ministère de la Culture,  29/11/2010
Aousserd (camps de réfugiés sahraouis) 29/11/2010 (SPS) La ministre de la Culture, Mme Khadija Hamdi a indiqué que la 18ème édition du Festival national des arts populaires et de la culture constitue "une plate-forme de solidarité avec les victimes du camp de Gdeim Izik et la ville occupée d’El Aaiun et un rejet de l’occupation marocaine du Sahara occidental".
"L'assaut meurtrier contre le camp de Gdeim izik est une forme de représailles contre l'identité nationale sahraouie manifestée par des tentes dans le désert qui relatent l'authenticité et la continuation de cette identité", a précisé la ministre.
"La culture demeure également une forme de résistance à l’instar de la lutte armée et la résistance pacifique menée par la population sahraouie dans la partie occupée du Sahara occidental, au sud du Maroc et dans les universités marocaines", a ajouté la ministre.
Le festival de la culture qui s’est ouvert ce lundi à la wilaya d’Aousserd prendra fin dans la nuit par l’annonce des résultats des compétitions entre les dairas de la wilaya, selon l’agenda des festivités.
Par ailleurs, le festival organisé cette année au niveau régional se poursuivra dans les autres wilayas dans les prochains jours et sera clôturé à l’occasion du 35ème anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique, le 27 février 2011, ont indiqué les organisateurs. (SPS)

lundi 29 novembre 2010

Sahara occidental : La justice espagnole entre en piste

Par. Mohamed Zaaf, Le Jeune Indépendant, 29/11/2010
M. Taïeb Fassi Fihri, le ministre marocain des Affaires étrangères, disait récemment que son pays refusait que les Nations unies enquêtent sur l'assaut sanglant du 8 novembre à Gdeim Isik et son prolongement féroce les jours suivants contre les populations autochtones à El-Ayoun. M. Fihri assurait aussi que Rabat n'acceptera pas que les prérogatives de la Minurso soient élargies à la surveillance des droits humains dans les territoires occupés du Sahara occidental.

Le Sahara occidental occupé par la force depuis 1975 deviendrait-il un énorme Tazmamart à ciel ouvert où l'impunité régnerait aux côtés de Mohammed VI ? S'il agrée le trône voisin, un tel projet ne semble pas du tout convenir à la justice d'Espagne. En effet, le parquet national espagnol, la plus haute instance juridiciaire du pays, envisage, à la lumière de la répression meurtrière d'El-Ayoun, de lancer une action contre de hauts responsables marocains pour «crimes contre l'humanité». Lundi dernier, la Société espagnole des droits humains annonçait que la famille de Babi Hamada Karak Boudjemâa allait déposer plainte.
Boudjemâa, un Sahraoui qui portait la nationalité espagnole, avait été descendu de son bus dans un barrage puis écrasé volontairement, de manière répétitive par un véhicule de la police jusqu'à ce que mort s'ensuive.
 Pour sa part, l'ONG espagnole demande l'arrestation immédiate du ministre de l'Interieur, M. Taïeb Echerqaoui, et de l'ex-wali d'El-Ayoun, M. Mohamed Jalmous.
Le parquet national aura-t-il plus de réussite que le juge Baltasar Garzon qui a été relevé de ses fonctions quelques jours avant d'entamer l'enquête sur le viol marocain des droits humains qu'il envisageait de lancer dans les camps de refugiés sahraouis, près de Tindouf. Quoi qu'il en soit, l'action du parquet national doit déplaire doublement au makhzen puisqu'il se prononce clairement sur le statut du Sahara occidental. La justice madrilène est formelle : l'Espagne reste la puissance administrante au Sahara occidental et l'accord de Madrid de 1975 partageant le territoire entre la Mauritanie et le Maroc est tout à fait «illégal». Ainsi, la justice espagnole fait entendre au trône des vérités que Jiménez et le gouvernement d'Espagne évitent de lui dire publiquement.
 http://diasporasaharaui.blogspot.com/2010/11/la-justice-espagnole-entre-en-piste.html

Maroc -Panique au palais royal

spontanément
La dernière résolution du Parlement européen en faveur de l’autodétermination du peuple sahraoui, qui appelle l’ONU à envoyer une commission d’enquête sur l’agression contre El Ayoun, semble avoir ébranlé le palais. Hier, Mohammed VI a «répondu», à sa manière, à la mise à nu européenne en ameutant ses sujets à
Casablanca.
Ils étaient près d’un million, même trois millions pour les amateurs de la gymnastique des chiffres, à s’être rassemblés dans la capitale économique du royaume pour crier – au propre et au figuré – leur attachement à la «marocanité» du Sahara.
Brandissant des drapeaux marocains comme lors de la «marche verte» de 1975, ces bons sujets de sa majesté ont longuement brocardé le parti populaire espagnol à l’origine de la résolution du Parlement européen. C’est la première fois depuis 35 ans que la monarchie organise une mobilisation aussi importante, alors que sa propagande se voulait rassurante sur le succès international de son «plan d’autonomie». Mais le ton et les termes de la résolution du Parlement européen constituent une véritable claque au makhzen. C’est aussi un cinglant échec de 19 années d’activisme diplomatique qui a tenté de vendre une image d’un Maroc des droits de l’homme et où les Sahraouis occupés respirent la joie et la quiétude dans le royaume du «commandeur des croyants».
Mariage de raison
C’est cette image déformée que les eurodéputés – porte-voix des peuples d’Europe – ont dénoncée dans leur résolution inédite, pendant que les dirigeants politiques de certains Etats, notamment la France et l’Espagne, continuent leur mariage de raison avec la monarchie. Le rassemblement d’hier s’apparente donc à une «marche verte bis» déclinant un Maroc uni en bloc derrière son souverain pour la «cause sacrée». Quasiment tous les partis politiques ont répondu à l’appel de la «patrie» dans une sainte alliance contre… un parti espagnol ! «La marche populaire de Casablanca constitue un nouveau message du peuple marocain à tous ceux qui pensent pouvoir nuire à l’intégrité territoriale du royaume.»
Le propos est celui du président du Rassemblement national des indépendants (RNI), Salaheddine Mezouar. Voilà qui montre la voie royale. Mieux encore, ce responsable pense que cette marche «illustre le climat de démocratie, de liberté et de modernité prévalant au Maroc». Comme si ces milliers de personnes étaient sorties dans la rue. Mais aussi, paradoxe, elle est «un message d’amitié et de fraternité au peuple espagnol pour lui signifier qu’il ne doit pas se laisser entraîner par les mensonges des forces rétrogrades et que les deux peuples se doivent de vivre dans la paix et la fraternité».
La sainte alliance
C’est une bien curieuse façon de «draguer» le peuple espagnol majoritairement acquis à la cause sahraouie.
Les organisateurs de la marche d’hier, qui se recrutent parmi tous les partis politiques représentés au Parlement y compris les islamistes du PJD, les syndicats, ont protesté contre une résolution jugée «partiale et injuste». On y a entendu surtout des slogans hostiles au Parti populaire (PP) espagnol, qualifié de parti «fasciste».
Cette démonstration de force, qui servira sans doute la monarchie, mais ne pourra pas effacer la teneur de la résolution du Parlement européen, constitue la première action du plan de riposte. Mercredi prochain, le MAE marocain se rendra à Strasbourg pour faire entendre, vainement, la version royale des tragiques événements d’El Ayoun. Mais le coup est déjà parti. Autre manœuvre, Mohammed VI a donné, vendredi, son onction à Ahmadou Ould Souilem, le transfuge sahraoui, qu’il vient de nommer comme ambassadeur de sa majesté au royaume d’Espagne.
Qui mieux, pense-t-il, qu’un Sahraoui «retourné» pour plaider la cause de l’autonomie chez ce voisin bienveillant, mais parfois encombrant, en effet ! Mais tout compte fait, le roi du Maroc est conscient que ses certitudes sur le Sahara occidental sont désormais bousculées par la mise à nu d’El Ayoun. Le monde entier a découvert en «live» à quoi ressemblait la vie – plutôt la mort – dans un territoire occupé. Les persécutés ne sont pas à Tindouf, mais bel et bien à El Ayoun, Dakhla, Asmara et dans toutes les villes sahraouies occupées. 

Pakistan. Sauver Asia Bibi de la peine de mort pour blasphème

Par Aziz Enhaili, Chroniqueur de Tolerance.ca, 29/11/2010


Asia Bibi est une Pakistanaise chrétienne. Suite à une plainte de voisines, elle a été condamnée à mort pour blasphème contre l'islam. En raison du caractère injuste de sa condamnation, Islamabad devrait la libérer. Tout en prenant sérieusement de nécessaires précautions.
Le Pakistan est un grand pays musulman. Sa minorité chrétienne représente 2,5% de près des 168 millions de ses habitants. Dans un pays polarisé et souffrant d’équilibres sociopolitiques fragiles, les membres de cette communauté abrahamique sont, de temps en temps, à la fois victimes de persécutions et une cible d’attentats meurtriers. Comme les membres d’autres minorités, ils vivent depuis des décennies sous la menace d’une loi anti-blasphème. Asia Bibi, une des leurs, est à ce jour la dernière victime de cette épée de Damoclès suspendue au-dessus notamment de leurs têtes.
Asia Bibi, une chrétienne victime d’une loi inique dans son propre pays
Asia Bibi est une mère âgée de 45 ans. À en croire la version répandue par ses sympathisants sur le net, elle s’était disputée avec des villageoises musulmanes relativement au partage d’un point d'eau. Ces voisines l’auraient accusé d’avoir tenu des propos blasphématoires à l’endroit du prophète Mohamed. Suite à une plainte pour blasphème enregistrée dans un commissariat de police, elle est arrêtée en juin 2009.
En raison de la gravité de cette accusation dans un pays comme le Pakistan, les proches d’Asia Bibi craignaient qu’elle soit condamnée à la prison, même à perpétuité. Mais ce que personne n’avait envisagé, c’est qu’elle soit condamnée, le 8 novembre dernier, à la peine capitale. C’est dans ce sens que s’est prononcé un juge ultraconservateur dépendant de Nankana Sahib, un district de la province centrale du Pendjab. Avec le risque d’être pendue.
Pour échapper à cette sentence, Asia Bibi a fait appel. Mais, même si la peine de mort est commuée, elle court quand même un autre risque. Tout fanatique pourrait, à tout moment, s’en prendre à elle, au nom d’une prétendue défense d’un islam qui serait outragé. Que Dieu l’en préserve! D’ailleurs, ce ne serait pas la première à qui cela pourrait arriver. À titre d’illustration, deux de ses compatriotes de confession chrétienne, jugés récemment pour le même motif et disculpés, ont été assassinés dès leur sortie du tribunal!
Son triste sort lui a attiré la sympathie de plusieurs aux quatre coins du monde. Même le pape Benoît XVI a joint sa voix au concert de tous ceux qui demandent sa grâce au président pakistanais Asif Ali Zardari.
C’est dire l’importance symbolique que ce cas revêt aujourd’hui.
À cause de cette pression internationale, on a entendu un responsable politique pakistanais comme M. Shahbaz Bhatti, le ministre fédéral en charge des minorités (un poste appelé à disparaître prochainement!), déclarer d’abord qu’elle était innocente, avant de souhaiter la voir libérée rapidement, conséquence d’une grâce présidentielle. Une manière, peut-être, de donner des gages de bonne volonté au généreux allié américain. Mais, semble-t-il, il ne fallait pas plus pour que des groupes islamistes radicaux, à l’affût du moindre prétexte susceptible de polariser le paysage social, exercent de fortes pressions sur le pouvoir civil en vue de l’intimider et de faire plier sa volonté à la leur. D’où leur accusation du ministre en personne, lui-même chrétien, de blasphème. Son tort? S’être porté à la défense de deux autres chrétiens (les frères Emmanuel et Sajid Rashid) accusés eux également de blasphème. Accusation niée par eux. Ils seront assassinés, le 19 juin 2010, dans l’enceinte même du tribunal de Faisalabad, dès le prononcé de leur acquittement. D’ailleurs, Allama Ahmed Mian Hammadi, un haut dignitaire religieux musulman, a déjà autorisé implicitement la décapitation du même ministre (voir sa déclaration publiée dans le quotidien pakistanais Daily Jasarat). Il lui a reproché sa déclaration voulant que la loi ait été violée dans le cas des deux frères chrétiens. Aux yeux du clerc ultraconservateur, les musulmans ne peuvent tolérer le blasphème contre le prophète Mohamed.
Pour vraiment sauver la vie d’Asia Bibi
En raison des graves menaces pesant sur la sécurité d’Asia Bibi, il faudrait, à court terme, éviter tout geste ou déclaration de quiconque qui pourraient être exploités par des islamistes radicaux pour jeter encore un peu de l’huile sur un feu qui couve déjà depuis de nombreuses années. Autrement dit, il faudrait éviter même la moindre apparence de provocation. C’est ce type de démarche qui pourrait faciliter un peu la tâche du président pakistanais dans cette affaire délicate. Autre mesure à prendre rapidement: assurer la protection d’Asia Bibi dans son lieu de détention. Il n’est pas exclu qu’une de ses codétenues prenne de son propre chef (ou sous influence) l’initiative d’exécuter celle qui se serait prise au bien aimé prophète de l’islam.
Entre-temps, il faudrait agir sur deux fronts. D’abord, le secteur judiciaire. Islamabad serait mieux inspirée d’ordonner, d’entrée de jeu, l’ouverture d’une nouvelle enquête policière et la tenue d’un nouveau procès judiciaire. Pour faciliter la tenue d’un procès juste, il vaudrait mieux le déplacer loin de la localité de Nankana, le lieu du jugement controversé initial. Ensuite, le front politique. Pour pouvoir absorber la colère d’une foule chauffée à blanc par de populistes (dont l’ultraconservateur Jamiat Ulma Islam (JUI), allié du Pakistan Peoples Party, parti du président) voulant ultimement provoquer la chute du pouvoir civil, il vaudrait mieux que l’appareil judiciaire pakistanais procède par étape avant d’établir de manière irréfutable l’innocence d’Asia Bibi. Dans ce cas de figure, elle n’aura plus besoin de la grâce du président Zardari,
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Qu’Asia Bibi ait tenu ou non des propos blasphématoires, sa condamnation a été l’occasion pour plusieurs au Pakistan et à l’étranger de prendre conscience de l’état réel de la liberté d’expression et de la situation de la minorité chrétienne dans ce pays. Autre motif d’inquiétude: la facilité déconcertante avec laquelle certains acteurs extrémistes arrivent à manipuler les masses, à fragiliser le pouvoir civil et à déstabiliser tout un pays, n’augure rien de bon pour l’avenir du Pakistan dans son ensemble, y compris pour ceux qui aujourd’hui manipulent les ficelles derrière les rideaux fermés.

Invitation à une conférence : «Situation actuelle des Droits Humains au Maroc : Entre législation et pratique»

A l’occasion de la Journée Internationale 
des Droits de l’Homme,
Les Amis de l’AMDH (Association Marocaine des Droits Humains)- PARIS
Organisent
Un Débat Public sous le thème :
«Situation actuelle des Droits Humains au Maroc :
Entre législation et pratique»
Animé par :
Madame Khadija RYADI, Présidente de
L’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH).
Dimanche 05 décembre 2010, à 14h00.
Lieu : Salle Louise Michel, Bourse du Travail
11, Rue Génin, 93200 Saint-Denis
(métro 13 : station "St-Denis - Porte de Paris")
Depuis sa création en 1979, l’AMDH se base sur les conventions internationales et défend les libertés individuelles et collectives, la liberté d’expression, les droits civils et politiques, les droits économiques, sociaux et culturels, etc. L’AMDH est présidée depuis 2007 par Mme Khadija Ryadi, elle compte 90 sections et plus de 10 000 adhérents, dans toutes les régions du Maroc.
Association « Les Amis de l’AMDH » - PARIS
{ex- Groupe de soutien de l’AMDH-Paris}
e-mail : amdh.paris@gmail.com
Tél 1 : 06.12.84.33.64
Salutations militantes,
JAITE Mohamed
Coordinateur du groupe de soutien AMDH-Paris
Tél : 06.12.84.33.64

Casablanca :Commémoration des martyr-es de la marche rouge

Par Ali Fkir, 28/11/2010
Au moment où certains se présentent en piètres acteurs dans un spectacle de bouffonnerie, mobilisant les biens publics, retransmettant en direct les gesticulation et les fanfaronnades des adeptes du makhzen, aussi bien les classiques que les néo, pour réussir "la marche blanche" du dimanche 28 novembre 2010, des centaines de personnes, tête haute, se sont retrouvées (sans l'aide de personne) au complexe Touria Sekkat à Casablanca pour commémorer la journée des martyr-es, ceux et celles qui sont tombé-es dans le champs du combat contre le despotisme makhzenien, ceux et celles qui sont tombé-es au cours de la marche rouge.
Ils, elles étaient là le samedi 27 novembre 2010, pour rendre hommage aux martyr-es ittihadiines, marxistes-léninstes, aux militant-es de la résistance populaire contre le pouvoir du bloc des classes dominantes (compradores, grands propriétaires terriens, spéculateurs, bureaucrates bourgeois (militaires et civils), trafiquants de drogue, et arrivistes de tous bords.
El hadj Abdelkader Zeroual, Fatima El Manouzi, Khadija Mnebhi, docteur Omar Jbiha Abdelkarim Kacem Ouazzani, Abelhak Ouassouli, Abdelkader Chbada, Abdelkarim El Manouzi, la famille de Aziza Brahhou...chacun, chacune a perdu au moins un ou une de leurs proches dans la résistance populaire contre le système en place.
Ils, elles n'ont pas besoin de la télévision, de la radio et surtout des "hourra!" des individus comme les Naciri, Lachgar et autres derniers parvenus à la table du makhzen, pour répondre à l'humble invitation d'ANNAHJ ADDIMOCRATI afin de célébrer cette journée de martyr-es, et pour réaffirmer leur détermination à continuer le combat pour la VERITE, pour la JUSTICE, pour un NOUVEAU MAROC.
Vive la résistanc contre les véritables responsables
des malheureux du peuple marocain
VIVE LA MARCHE ROUGE

 Emouvant moment
Fatima El Manouzi au nom des familles des disparu-es....
Khadija Mnebhi, soeur de Saïda
Omar Jbiha, frère de Rahhal...
Serfaty, sa "démission" des dernières années n'efface pas ses 60 ans d'engagement et de sacrifices.
Serfaty, sa "démission" des dernières années n'efface pas ses 60 ans d'engagement et de sacrifices.

Tous ensemble pour réclamer la libération du colonel major Terhzaz

Ayad Ahram, ASDHOM, 26/11/2010
Le colonel major Kaddour Terhzaz est toujours incarcéré à la prison Zaki de Salé. Il purge une peine de douze ans après avoir été condamné pour « divulgation d’information relevant du secret défense ». Son procès expéditif était entaché de plusieurs irrégularités. L’ASDHOM réclame haut et fort sa libération.
Pour plus d’éléments sur cette affaire, je vous prie de visualiser la vidéo suivante qui retrace un peu toutes les actions menées par sa famille, soutenue par les associations des droits de l’Homme dont l’ASDHOM.

Cordialement,

SURVIE : projection-débat sur le Sahara Occidental : "Une république en exil"

Par Survie Paris, 29/11/2010
Soirée sur le Sahara Occidental, projection-débat "Une république en exil" le jeudi 2 décembre à Paris, 19h
Maison des Associations du 3ème, 5 rue Perrée, M° République / Temple
 "Une république en exil" de Cheikh Djemaï de 2007, durée 52mn
Avec
Michèle Decaster de l’AFASPA,
France Weyl avocate et observatrice de l’Association Internationale des Juristes Démocrates et membre de l’association Droit Solidarité,
Jean-Paul Lemarec secrétaire général du CORELSO, Bachir Mouride de l’ AFAPREDESA
Brahim Sabbar de l’ASVDH, Association Sahraouie Des Victimes des Violations Graves des Droits de l’Homme Commises par l’Etat du Maroc
sous réserves :
Brahim Sabbar militant des droits de l’homme ex-disparu et emprisonné
et le réalisateur du film, Cheikh Djemaï.
Au Sahara occidental occupé par le Maroc, une véritable intifada est en cours. Le gouvernement français est le principal obstacle à la paix au Sahara Occidental et refuse l’extension des prérogatives de la MINURSO à la surveillance des droits de l’Homme. Le droit international ne s’applique pas. Lors de notre soirée nous essaierons d’expliquer le contexte, les ressorts qui font d’une décolonisation ratée le socle d’une lutte légitime pour le droit à l’autodétermination qui, depuis 1991, date du cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario, est approuvée par le Conseil de Sécurité des Nations unies à l’exception de la France....