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jeudi 8 octobre 2009

Lettre ouverte aux "concurents" du général Ben Ali

Par Khaled Ben M'Barek,Besançon, 6/10/2009



Si Mostfa, Sid'Ahmed, Si Néjib, chers compatriotes,
Depuis les premières « élections » législatives et présidentielles organisées en1989, il s'est toujours trouvé quelqu'un pour dire qu'il ne faut pas jouer lachaise vide et qu'il faut tenter de réformer de l'intérieur. Depuis, le généralBen Ali a toujours pris ces gens-là comme témoins d'une forme de régularité deSES élections. C'était, nous disait-on, un moyen de promouvoir le processus démocratique. La loi électorale a été actionnée comme miroir aux alouettes,comme un éternel début potentiel, comme la promesse d'une maturité en devenir.A chaque fois, Ben Ali est le premier surpris par la facilité avec laquelle ça marche. Il n'a même pas besoin de recourir à autant de répression qu'il l'atoujours prévu et préparé, puisqu'une bonne frange de la société politique,toutes tendances confondues, entre dans son jeu, se montre aussi crédule et court éperdument après on ne sait quels dividendes électoraux.
Chers compatriotes, Ben Ali se prépare à vous utiliser contre vous-mêmes et contre votre peuple pour demeurer au pouvoir, avec une certaine légitimité qu'il tire de vous et de votre présence à ses côtés, même en tant que challengers.Comment pouvez-vous admettre que les résultats de ces « élections » sont décidées d'avance jusqu'au moindre détail pour ensuite vous précipiter pour yparticiper à quelque titre que ce soit ? Comment ne craignez-vous pas pour la part quelconque de crédibilité que vous pouvez revendiquer auprès de l'opinion tunisienne ? Etes-vous à ce point disposés à compromettre une vie de lutte militante pour un résultat qui pourtant ne fait pas l'ombre d'un doute ? Est-il possible qu'un militaire insignifiant se joue d'éminents intellectuels comme vous ?
Compteriez-vous sérieusement rivaliser avec les agents Bouchiha, Mouada, Thabetou Inoubli ? Même le Tajdid, cher Sid'Ahmed Brahim, se voit doublé par le parti écolo fantoche de Khammaci, qui se présente miraculeusement presque dans toutes les circonscriptions et qui est parti pour récupérer une bonne partie des sièges qui auraient pu être attribués à l'ex-PCT, qui montre des velléités d'autonomie.
Messieurs, même mus par la meilleure bonne volonté du monde à son égard, le général s'est débrouillé pour vous éliminer d'une course présidentielle pourtant gagnée d'avance et très haut la main par lui. Il vous a ainsi évité, sauf à Sid'Ahmed Brahim, la grande humiliation des zéros virgule quelques poussières qu'il avait infligé à d'autres avant vous. Allez-vous vous laisser faire ? L'expérience ne vous est-elle d'aucun secours ? N'avez-vous pas pitié de votre propre amour propre ainsi avili ?

Et n'allez surtout pas prétendre protester après coup ! Ben Ali aura beau jeu,comme à chaque fois depuis 1989, de vous traiter de mauvais joueurs. Vous entrez dans le jeu uniquement pour gagner, mais si vous perdez vous renversez la table. Pour une fois, il faudra reconnaître à cet instant que sa logique est plus cohérente que la vôtre.

Messieurs, vous avez chacun une vie d'activisme politique et il peut être possible que ce soit votre dernière campagne « électorale », du moins en tant que responsable de vos formations. Profitez-en pour rétablir la valeur de l'action politique dans notre pays, pour déposer devant l'Histoire votre témoignage véridique que JAMAIS sous le général de renseignement Zine Ben Ali aucune élection digne de ce nom n'a vu le jour, jamais aucun vrai parlement n'a été élu, aucune institution n'a été authentiquement républicaine.

Profitez-en, Messieurs, pour sortir du magma gluant des marchandages, des compromissions, du faux témoignage rémunéré en sièges - c'est le cas de la dire- sonnants et trébuchants.

Nombre de milieux étrangers ont les yeux fixés sur vous, vous font confiance et souvent accordent leur perception de la réalité tunisienne et leurs prises de position avec l'idée que vous leur donnez sur la situation dans notre pays.Votre présence aux côtés de Ben Ali laisse à penser à beaucoup d'entre eux qu'il s'agit d'une course démocratique pour quelque alternance, même purement virtuelle. Dès lors, les étrangers ne peuvent plus se montrer plus tunisiens que les Tunisiens. Ce slogan détestable nous l'avons entendu des années durant dans les années 90-2000, souvent de gens dont la sincérité ne pouvait souffrir d'aucun soupçon.

Jusqu'à quand allez-vous reproduire ce schéma à la Sisyphe ? Quand est-ce que vous allez rejoindre les aspirations de la masse des Tunisiens qui, même accablés d'impuissance, cherchent divers modes de contestation, parfois ostensible, pour signifier leur ras-le-bol et leur soif d'un changement désespérément attendu depuis deux décennies ? N'avez-vous pas vu que des jeunes Tunisiens ont pris les armes face à cette banquise bénalienne qui s'apparente à un Désert des Tartares ?

Messieurs, chers compatriotes,
L'ennemi de la liberté s'apprête à nous gouverner encore de cinq ans en cinq ans et ne se voit pas exister hors du pouvoir. Il est ligoté dans une logique absolument implacable : ce qu'il a commis envers le peuple tunisien lui vaudrait devant un tribunal régulier un châtiment proportionnellement adapté à la souffrance tragique provoquée. Or, il sait qu'un éventuel successeur ne peut construire aucune espèce de légitimité s'il ne commence par débénaliser le pays au Kärcher et à la soude caustique.

La solution qui semble d'ores et déjà être mise en oeuvre c'est la succession monarchique. Mais que faire en l'absence d'un héritier mâle en âge de prendrela relève ? Ben Ali ne semble nullement rassuré à l'idée de lancer l'une de ses filles dans l'arène. Reste LA solution : un gendre jeune et (plus ou moins) politiquement vierge, qui doit tout à son beau-père et grand-père de ses enfants, donc qui, certainement en sera le protecteur. j'ai nommé le désormais fameux Sakhr El Matri.

Je vous appelle solennellement, dès ce mercredi à Paris, à proclamer, avec le CRLDHT et nos amis de France et d'ailleurs, notre hostilité commune résolue à la transmission monarchique de la Tunisie au gendre de l'actuel Régent ou à tout autre. Il est de votre responsabilité de ne pas laisser pourrir la situation comme cela se passe en Egypte et en Libye, où l'on n'est pas loin de considérer que les dés sont jetés. Le peuple tunisien doit être mis en garde contre ce sort funeste que l'on prépare pour ses générations à venir. Mais nul ne vous écoutera si vous êtes en même temps impliqués, même à votre corps défendant, dans une falsification caractérisée de la volonté populaire par de médiocres faussaires dont l'avenir du pays est le dernier des soucis.

Je suis encore une fois navré de ne pouvoir être parmi vous en cette soirée demercredi, mais je suis soulagé à l'idée d'avoir pu vous communiquer une partie de ma détresse que nul ne parte au secours du peuple tunisien en cette épreuve dite électorale.
Je vous suis reconnaissant de m'avoir écouté.

Khaled BEN M'BAREK, réfugié politique depuis 16 ans, antitortiocrate privé deson pays et qui n'y rentrera que quand la liberté y rentrera, tête haute,dignité et honneur intacts pour témoigner contre Ben Ali et ses courtisans et ses rabatteurs, tous honnis jusqu'au siècle des siècles.

mercredi 7 octobre 2009

Khadija Ryadi, du syndicalisme aux Droits de l'Homme

Par Aïcha Akalay, L'économiste, 5/10/2009

A la tête de l’AMDH depuis 2007· Son combat: liberté, égalité… et féminisme!· Entre Marx et Vanessa Redgrave

«Nous luttons pour que vive l’homme et meure le dragon». Khadija Ryadi aurait pu accoucher de ces mots. Ils naîtront sous la plume poétique de Saïda Menebhi, le 17 novembre 1976, alors qu’elle était détenue dans le sinistre commissariat de Derb Moulay Cherif. Khadija n’oubliera jamais Saïda, cette figure emblématique de la lutte des détenus politiques. Madame la présidente de l’Association marocaine des droits humains doit peut-être beaucoup à Saïda Menebhi, et elle le lui rend bien. «La mort de Saïda a donné la vie à beaucoup d’autres personnes», dit-elle avec émotion. Saïda est un modèle, une idole… mais surtout la preuve que le courage se puise dans les principes et les grands idéaux. Et des principes, Khadija Ryadi en a à revendre. Beaucoup trop selon ses détracteurs qui l’estampillent «d’intégriste des droits de l’Homme».

Pourtant, Khadija n’a pas de barbe pour coiffer ce sobriquet. Le sourire avenant, la voix douce, une disponibilité sans faille, elle inspire d’abord la bonhomie. Elle est surtout d’un grand flegme. Déconcertant d’ailleurs, quand on connaît l’énergie explosive dont elle fait preuve dans les manifestations, quitte à prendre de sacrés coups de gourdin. Sa coupe à la garçonne est là pour rappeler son dynamisme et son côté bien ancré dans l’air du temps. Flirtant avec la cinquantaine, elle en fait dix de moins. Elle dira sans doute que son secret de jouvence, c’est le militantisme.

Khadija est née le 27 décembre 1960, un mardi comme Karl Marx. A Rabat, elle grandit plongée dans le monde ouvrier, tellement cher au philosophe de la lutte des classes. Papa était syndicaliste très actif et maman s’occupait des tâches ménagères et de l’éducation de la marmaille. Bien évidemment Khadija tient beaucoup de son père. Elle a lu étant petite les nombreuses lettres de menaces et d’intimidation qu’il recevait. De là prendra source la révolte. Elle voulait être architecte ou professeur de sciences naturelles, mais ce sont ses deux sœurs qui le seront à sa place. Khadija, une fois son bac en poche en 1978, poursuit des études d’informaticienne à l’Insea (Institut national de sSatistique et d’Economie appliquée).C’est à cette époque qu’elle se familiarise avec le militantisme (de gauche) en intégrant l’Unem (l’Union nationale des étudiants marocains).
Dans les années 1980, elle fait aussi partie d’un ciné-club, où l’organisation de la Semaine de la Palestine chaque année restera son meilleur souvenir. Moins par amour du cinéma que par conviction politique, elle reste marquée par l’engagement de Vanessa Redgrave. L’actrice du fameux «Blow up» d’Antonioni, et égérie du cinéma anglais des années 1960 et 1970, produisait à cette époque de nombreux films sur la révolution palestinienne. Khadija sera touchée par cette militante trotskyste qui soutient une cause, non pas par solidarité religieuse ou ethnique, mais par souci d’universalisme.Khadija s’imposera la même exigence. Membre de l’UMT (Union marocaine du travail) puis de l’AMDH, avant d’en prendre la présidence en 2007, elle garde comme référentiel, dans tous ses combats, les traités internationaux qui régissent les droits de l’Homme. Cette Marocaine qui se dit d’abord Africaine, puis citoyenne du monde, livre un diagnostic inquiétant de l’état des droits humains au Royaume. Selon elle, «nous ne sommes pas dans un pays démocratique», et «toutes les avancées que nous avons connues (droits civiques, politiques et droits des femmes) ne sont que partielles. Quant aux droits économiques, sociaux et culturels, ils sont à un stade catastrophique. C’est incroyable de constater que dans l’indifférence générale, l’école est en faillite et, par conséquent, tout l’avenir du Maroc en danger». Khadija ne badine pas avec l’humain. Quitte à être à contre-courant, elle demande d’abord une révision de la Constitution en vue d’une harmonisation avec les traités internationaux dont le Maroc est signataire. L’égalité des hommes et des femmes, notamment sur la question de l’héritage, le respect des libertés privées (d’où son soutien au mouvement MALI récemment), l’abolition de la peine de mort… sont autant de dossiers sur lesquels elle ne manie pas la langue de bois. Sa réserve, par contre, pointe son nez quand il s’agit de parler de sa relation avec Annahj Addimocrati dont elle a longtemps fait partie. Soucieuse d’être avant tout présidente de l’AMDH, elle met au placard ses opinions politiques le temps d’une interview. Pas de bureau pour la présidente de l’AMDH, elle accueille dans une salle de réunion et sacrifie sa pose déjeuner de fonctionnaire surbookée pour défendre encore et toujours ses idées. Khadija aurait pu détourner la devise française pour résumer son combat: liberté, égalité… et féminisme!

Rapport mondial sur le développement humain 2009


Lever les barrières : Mobilité et développement humains

Le sens profond du développement humain est de mettre les personnes au centre du développement. Cela signifie que les êtres humains réalisent leur potentiel, élargissent leurs choix et profitent de leur liberté pour mener les vies auxquelles ils tiennent. Depuis 1990, les Rapports annuels sur le développement humain ont examiné les défis tels que la pauvreté, les sexospécifités, la démocratie, les droits de l'homme, la liberté culturelle, la mondialisation, la pénurie en eau et le changement climatique.
Les migrations, à la fois à l'intérieur et au-delà des frontières, sont devenues un thème d'une importance croissante dans les débats nationaux et internationaux, et elles sont le thème central du Rapport mondial sur le développement humain 2009 (RDH09). Le point de départ est que la distribution des capacités à l'échelle mondiale est extraordinairement inégale, et que ceci constitue un facteur majeur d'entraînement incitant les personnes à se déplacer. Les migrations peuvent élargir leurs choix, par exemple du point de vue des revenus, de l'accès aux services et de la participation, mais les opportunités qui s'ouvrent aux personnes varient entre celles qui sont les mieux loties et celles dont les compétences et les atouts sont limités. Ces inégalités sous-jacentes, qui peuvent être aggravées par les distorsions entre les politiques publiques, sont l'un des thèmes du Rapport.
Le Rapport enquête sur les migrations dans le contexte des évolutions et tendances démographiques à la fois en termes de croissance et d'inégalités. Il présente également des expériences individuelles, familiales et au niveau des villages, plus détaillées et nuancées et examine les trajectoires moins visibles que poursuivent généralement les groupes désavantagés, telles que les migrations à court terme et saisonnières.
Il existe toute une série d'éléments d'appréciation à propos des impacts positifs des migrations sur le développement humain, à travers des possibilités telles que l'augmentation des revenus des foyers et l'amélioration de l'accès à l'éducation et aux services de santé. Selon des données supplémentaires, tout porte à croire que les migrations peuvent donner des moyens d'action aux groupes traditionnellement désavantagés, en particulier les femmes. En même temps, les risques qui pèsent sur le développement humain sont également présents là où les migrations constituent une réaction à des menaces et à un déni du choix, et là où les possibilités normales de mouvement sont limitées.
Les politiques nationales et locales jouent un rôle crucial en permettant de mieux atteindre des résultats en matière de développement humain au profit des personnes qui choisissent d'émigrer pour améliorer leur situation comme au profit de toutes celles qui sont forcées de se déplacer en raison de conflits, de la dégradation de l'environnement ou pour d'autres raisons encore. Des restrictions mises en place par le pays d'accueil peuvent à la fois augmenter les coûts et les risques des migrations. Parallèlement, des résultats négatifs peuvent apparaître au niveau des pays dans lesquels les droits civiques fondamentaux, tels que le droit de vote, l'éducation et les soins de santé, sont refusés à ceux qui se sont déplacés à travers les limites provinciales pour travailler et vivre. Le RDH09 montre de quelle manière une approche du développement humain peut représenter un moyen de résoudre certains des problèmes sous-jacents qui fragilisent les avantages potentiels de la mobilité et/ou forcent les gens à la migration.
Éditions traduites
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Commander le rapport Toute commande du Rapport mondial sur le développement humain 2007/2008 doit être adressée aux distributeurs du Rapport. Les éditions dans les différentes langues sont imprimées et distribuées par des éditeurs particuliers.
Liste de contacts

RMDH 2009 : L’inclusion et l’intégration sont fondamentales sur le plan du développement humain
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En mémoire de Mehdi Ben Barka, rassemblement face à la Brasserie Lipp

29 Octobre 1965 - 29 Octobre 2009

44 ème anniversaire de l'enlèvement de

MEHDI BEN BARKA

L’Institut Mehdi Ben Barka - Mémoire Vivante
et le
SNES – FSU
appellent à un rassemblement à sa mémoire


Pour la Vérité et la Justice
Contre les atteintes à la mémoire

Aujourd'hui la recherche de la vérité pourra-t-elle avancer en France et au Maroc ?
Les raisons et les complicités d'états continueront-elles à entraver l'action de la justice ?


Le Jeudi 29 octobre 2009 à 18h30
Boulevard Saint Germain face à la Brasserie LIPP
Métro: Saint-Germain-des-Prés
Paris




Avec le soutien de : (premiers signataires)
Association des Marocains en France (AMF), Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), Association des Parents et Amis des Disparus au Maroc (APADAM), Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Forum Marocain Vérité et Justice – France ( FVJ-France), La Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Les Verts, FEMED (fédération euro-meditéranéenne contre les disparitions forcées), CFDA (collectif des familles de disparus en Algérie), la Fédération des Tunisiens pour une Cityonneté des deux Rives (FTCR Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT), …

17 Octobre : Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté

Par le Bureau Central de l'AMDH, 7/10/ 2009

A l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la pauvreté, L'AMDH organise au niveau national trois journées d'action
« Contre le chômage, la hausse des prix, la Pauvreté et pour la vie dans la dignité »

Depuis 1993, le 17 octobre de chaque année, et suite à une résolution de l'ONU, le monde célèbre la Journée Internationale pour l'Elimination de la Pauvreté. A cette occasion, et dans la plupart des pays, des millions de personnes descendent dans les rues pour protester contre la pauvreté dans ses divers aspects hideux, qui se propage malgré l'accumulation par l'humanité de moyens énormes pour la satisfaction des besoins de tous les êtres humains. Ils expriment en même temps leur solidarité avec les pauvres à travers le monde, leur volonté de lutter contre la pauvreté et d'extirper ses causes résidant dans la mondialisation libérale sauvage, la domination impérialiste, l'exploitation économique qui permet aux privilégiés d'accumuler des richesses colossales pendant que des millions de gens restent la proie à l'exploitation, au chômage, à la pauvreté, à la faim, à la maladie, à l'ignorance et à toutes les manifestations de la misère. Les objectifs de l'ONU pour le développement n'ont pu contribuer à la régression de la pauvreté ; les efforts fournis ont abouti à leur tour à des disparités entre les divers pays et entre les citoyenNes à l'intérieur de chaque pays. Le mouvement mondial de défense des droits humains participe également et de manière active à la commémoration de la journée internationale pour l'élimination de la pauvreté, cette tare qui constitue une source essentielle des violations des droits économiques sociaux et culturels consacrés par les conventions internationales des droits humains.


Au Maroc, des millions de citoyenNEs souffrent de la pauvreté et des violations sans bornes de leurs droits économiques, sociaux et culturels et plus particulièrement des droits au développement, au travail, à la santé, à la sécurité sociale, à l'enseignement, au logement décent, à la vie dans la dignité, à l'environnement sain, sans parler des violations généralisées des droits des travailleurs.Ces violations s'intensifient avec la crise économique mondiale et ses conséquences néfastes sur l'économie marocaine, avec l'aggravation du chômage – notamment des diplômés –, avec l'augmentation continue du coût de la vie comme conséquence de l'augmentation des prix des produits et services essentiels pour l'ensemble des citoyenNEs et avec l'incapacité des autorités à faire face à la sécheresse et aux inondationsEt vue l'inégalité de base entre hommes et femmes, ce sont ces dernières qui sont les plus exposées aux violations et par conséquent à la pauvreté, ce qui explique leur forte présence au sein des mouvements sociaux de lutte contre la pauvreté et ce qui exige plus d'effort pour renforcer leur participation organisée à l'action militante contre la pauvreté.

En conséquence, l'AMDH a décidé de s'engager avec énergie dans la commémoration de la journée internationale pour l'élimination de la pauvreté en organisant « trois jours de mobilisation contre le chômage, la hausse des prix, la pauvreté et pour la vie digne » le 16 – 17 – 18 octobre 2009.Durant ces trois journées, toutes les sections de l'AMDH (90) organiseront, en comptant sur leurs moyens propres ou en partenariat avec les organisations démocratiques concernées, des activités de rayonnement culturelles et militantes dont la plus importante est l'organisation le samedi 17 octobre en fin de journée d'un sit-in d'une demi-heure.Il est nécessaire pour cela d'œuvrer pour activer les coordinations locales contre la cherté de la vie pour qu'elles assument leur rôle de manière organisée et unitaire.

Ces activités ont pour objectifs essentiels de revendiquer :


- Le respect du droit humain et constitutionnel au travail pour l'ensemble des citoyenNEs, et notamment les diplômés enchômagés, tout en instituant une allocation de chômage.

- La cessation de la hausse des prix des produits et services essentiels dans la vie des gens, tout en prenant des mesures pour compenser les hausses antérieures par l'augmentation des salaires et des pensions de retraite, la baisse des impôts ou leur suppression pour les revenus faibles et moyens et pour les pensions de retraite.

- Le respect des droits des travailleurs en commençant par l'application de la législation du travail malgré ses aspects négatifs.

- La mise en place des conditions de la vie dans la dignité pour l'ensemble des citoyenNEs, ce qui impose le respect de l'ensemble des droits économiques, sociaux et culturels pour touTEs.

- La libération de tous les détenus suite à la répression des mouvements de protestation sociale.

Ces activités visent également :
- La solidarité avec les migrants subsahariens transitant par le Maroc et qui souffrent de la misère et de la pauvreté de manière intolérable.
- Faire prendre conscience des causes de la pauvreté, de l'importance des droits économiques, sociaux et culturels, des mécanismes de leur protection et leur promotion ; c'est une occasion à saisir pour débattre collectivement des mécanismes militants pour la défense de ces droits en commençant par élargir le champ d'action des coordinations
– qui devraient servir d'outil pour la défense de l'ensemble des droits économiques, sociaux et culturels
–, rationnaliser et démocratiser leur action qui devrait regrouper l'ensemble des forces démocratiques se préoccupant de la lutte pour ces droits.
A cette occasion, le bureau central de l'AMDH lance un appel chaleureux à touTEs les militantEs et à toutes les sections de l'AMDH pour œuvrer énergiquement au succès des activités relatives à la journée internationale pour l'élimination de la pauvreté, main dans la main avec l'ensemble des forces démocratiques : organisations de défense des droits humains, syndicales, de femmes, de jeunes, des diplômés enchômagés, partis politiques et autres associations militantes.L'AMDH appelle également les forces démocratiques à faire de la journée internationale pour l'élimination de la pauvreté une occasion de lutte unitaire et organisée contre le chômage, la hausse des prix, la pauvreté et pour la vie dans la dignité.Enfin l'AMDH appelle l'ensemble des citoyennes et citoyens souffrant du chômage, de la cherté de la vie, de la pauvreté et en tant que principaux concernés par le combat pour la dignité, à participer efficacement à commémorer cette journée internationale.

TUNISIE Rassemblement : non à la présidence à vie

Par Raja Chamekh, 7/10/2009

Le collectif pour le boycott des élection d'octobre 2009 en Tunisie organise un rassemblement dimanche 11 octobre 2009 pour dénoncer la mascarade électorale que Ben Ali organise le 25 octobre (voir texte d'appel ci-dessous).Nous vous invitons à rejoindre notre initiative, pour signer l'appel et soutenir notre action envoyez votre signature à
contact@boycottelections2009.net Pour le collectif Raja Chamekh.

NON A LA PRESIDENCE A VIE
Dénonçons la mascarade électorale du 25 octobre

Le régime de Ben Ali organise des "élections" présidentielles et législatives ce 25 octobre. Une nouvelle mascarade électorale, dont les résultats sont connus d'avance, tout comme ses précédentes.
Le peuple tunisien est privé de libertés et de ses droits les plus élémentaires. Il ne jouit d'aucune liberté d'expression, de manifestation, d'organisation...
Les opposants et les militants du mouvement associatif autonome subissent des violences policières recrudescentes. Le mouvement social est réprimé et les animateurs du bassin minier, condamnés à de lourdes peines, croupissent en prison depuis juin 2008.
Le collectif pour le boycott des élections d'octobre 2009 en Tunisie vous invite à un rassemblement pour dénoncer cette mascarade électorale.
Rassemblement à la station de métro Couronnes (ligne 2), Paris 11ème
dimanche 11 octobre 2009 à partir de 13h00

Khouribga quadrillé

Par Ali Fkir, 6/10/200

Dans le cadre de leur plan de lutte pour des droits légitimes, les 850 ouvriers licenciés abusivement par l'OCP (géant groupe étatique), ont essayé d'organiser le 06/10/2009 un sit in en face des locaux administratifs de l'OCP à Khouribga, mais ils furent empêchés par des cordons des forces de répression qui ont été acheminées en renfort des autres régions du Maroc. La ville de Khouribga est pratiquement quadrillée.

Nous devons tous et toutes:

- Condamner le licenciement abusif dont sont victimes ces prolétaires
- Dénoncer la terreur étatique qui s'abat sur la population de Khouribga
- Nous solidariser avec ces victimes de l'arbitraire


تقرير حول اعتصام 06 اكتوبر 2009

نزل عمال سميسي ريجي المنضوون تحت لواء نقابتهم العتيدة الاتحاد المغربي للشغل بعزم وصمود أمام إدارة المكتب الشريف للفوسفاط بخريبكة يوم الثلاثاء06 اكتوبر 2009 ،وكلهم حماس وإصرار على المضي قدما في درب النضال حتى تحقيق مطالبهم العادلة والمشروعة، لتنفيد احتجاجهم امام الادارة على الساعة 12 زوالا في برنامج نضالي مسطر من طرفهم،
وقد فوجئ العمال بإنزال مكثف للقوات المخزنية منذ الساعات الأولى للصباح آتية من عدد من المدن المغربية، حيت أحكمت إغلاق جميع الطرقات المؤدية إلى الإدارة في وجه الجميع ومحاصرة العمال بشكل همجي ومرعب بعيدا عن ادارة الفوسفاط لتقوم بدلك بمنع الاعتصام بتهديد من طرف رجال السلطة بشكل استفزازي لقمع العمال.
وتفاديا للدخول في اصطدامات مع القوات المخزنية، تدخل المكتب النقابي طالبا من العمال الانسحاب والاعتصام داخل مقر الاتحاد المغربي للشغل بخريبكة.

ع. ك Photos prises le 6/10/2009

mardi 6 octobre 2009

Guinée - 2006, 2007, 2009 : les massacres se succèdent, l’impunité demeure

Communiqué de Survie, 6/10/2009

L’association Survie condamne avec force le massacre du lundi 28 septembre à Conakry en Guinée et soutient sans réserve les mouvements de la société civile dans son combat pour la démocratie et la justice. Survie dénonce la grande tolérance de la diplomatie française à l’égard des exactions des régimes guinéens depuis plusieurs décennies.
Plus de 150 morts, plus de 1000 blessés, des dizaines de viols et d’arrestations : c’est le terrifiant bilan de la répression sanglante, opérée au grand jour par l’armée guinéenne, du meeting pacifique organisé à Conakry par des mouvements de la société civile guinéenne pour rappeler l’engagement du capitaine putschiste Moussa Dadis Camara de ne pas se présenter à l’élection présidentielle de janvier 2010. Ces victimes s’ajoutent à celles des mouvements sociaux réprimés en 2006 et en janvier 2007 avec la même sauvagerie par des soudards sans foi ni loi confortés par des décennies d’exercice d’un pouvoir militaire aux crimes restés impunis.
Préoccupée par le sort des populations guinéennes et par le risque que l’arbitraire triomphe une nouvelle fois des mobilisations réclamant un Etat de droit en Guinée, l’association Survie :
1/ se montre attentive quant au rôle joué par la France dans cette crise politique et dénonce la grande tolérance de notre diplomatie à l’égard des exactions des régimes guinéens depuis plusieurs décennies.
Après la rupture historique du lendemain du référendum de 1958, un rapprochement franco-guinéen opéré dans les années 1980 a conduit la France à soutenir militairement et diplomatiquement le régime de Lansana Conté. La visite symbolique de Jacques Chirac en 1999 à Conakry, peu après la mascarade électorale qui avait vu l’opposant Alpha Condé privé de sa victoire à la présidentielle, a ainsi constitué un des temps fort d’un certain « renouveau » de la relation franco-guinéenne. Depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, la politique de la « Françafrique décomplexée », qui repose sur une défense inconditionnelle des positions économiques acquises (Gabon, Congo, Tchad …) ou à conquérir (Libye, RDCongo, Angola, Afrique du Sud ...) a placé la Guinée parmi les territoires de prospection pour les entreprises françaises. Ceci amène notre association à :
> douter sérieusement des « vraies fausses » pressions exercées par la France à l’égard de la junte guinéenne. Celles-ci sont en outre décrédibilisées par le fait qu’Alain Joyandet s’est rendu cet été à Conakry pour tenter de convaincre Dadis Camara de ne pas se présenter à la présidentielle, quelques jours à peine après avoir félicité le général Abdel Aziz qui venait de mettre en oeuvre en Mauritanie le même scénario que Dadis Camara ;
> dénoncer le rôle joué par des émissaires d’une diplomatie parallèle sans mandat officiel, à l’instar du député Patrick Balkany, partisan déclaré de la candidature de Dadis Camara à la présidentielle ;
> réclamer la fin (et non la simple suspension) de la coopération militaire française (2 millions d’euros par an, dont 9 coopérants encadrant les officiers de l’armée guinéenne, depuis 2007) ainsi que l’arrêt de toute vente d’armes françaises au régime ;
> demander aux parlementaires français de réclamer que la lumière soit faite sur la stratégie menée par la diplomatie française à l’égard du régime guinéen et sur les soutiens apportés à celui-ci (coopération militaire, économique, ventes d’armes, etc.), en particulier depuis les exactions de 2006 ;
2/ se fait le relais des revendications des mouvements de la société civile guinéenne, rassemblés en particulier au sein des Forces Vives de Guinée pour exiger :
> la fin de la répression à l’égard des opposants, caractérisée d’après les témoins directs par des centaines d’arrestations mais aussi par des disparitions et des exécutions extra judiciaires ;
> la libération des prisonniers faits par les militaires pendant et après la manifestation du 28 septembre ;
> l’ouverture d’une enquête internationale et d’une procédure judiciaire devant les tribunaux internationaux pour déterminer les responsabilités dans les massacres et poursuivre les coupables, auteurs et commanditaires ;
> la conduite par la communauté internationale d’un dialogue afin de déterminer l’opportunité de recourir à l’intervention d’une force internationale visant à protéger les populations des exactions des militaires et sécuriser les conditions d’un processus électoral libre et transparent ;
> le rejet du mandat de médiateur confié au président burkinabé Blaise Compaoré, lui-même impliqué dans un certain nombre de conflits sanglants ayant endeuillé la sous-région (Libéria, Côte d’Ivoire) et coutumier de la fraude électorale dans son propre pays. Les Guinéens proposent déjà des alternatives plus crédibles comme Alpha Omar Konaré ;
3/ exprime son inquiétude et sa vigilance concernant :
> la volonté réelle de la communauté internationale d’agir pour protéger le peuple guinéen, inquiétude confortée par l’impunité restée de mise après les tueries de 2006 et 2007 ;
> le rôle des multinationales (minières et autres) engagées en Guinée qui peuvent, comme dans d’autres crises dans la sous-région, être tentées de soutenir et financer telle ou telle partie susceptible de garantir le maintien de leur rentes.
> le rôle, constaté par des témoins des massacres du 28 septembre, joué par des mercenaires libériens au sein ou en marge de l’armée guinéenne, qui renvoient au souvenir de conflits sous-régionaux de funeste mémoire.
Enfin, préoccupée par le symbole que l’impunité en Guinée après de telles exactions pourrait véhiculer dans le reste de l’Afrique, dans un contexte de régression des mouvements de transition démocratique amorcés dans les années 90, l’association Survie appelle à un mouvement de solidarité et de dialogue avec toute les sociétés civiles confrontées à la perpétuation ou au retour de régimes autoritaires au Gabon, au Congo, au Togo, en Mauritanie et au Niger.
Contact presse : Stéphanie Dubois de Prisque stephanie.duboisdeprisque(a)survie.org Tel. : 01 44 61 03 25
Photos du Lundi Noir de Conakry




Déclaration N° 5 du Forum des Forces Vives de Guinée, 30/9/2009


Le 28 Septembre 2009 à Conakry, des centaines de milliers de nos compatriotes de toutes les communautés, de tous les âges et de toutes les conditions, manifestant pacifiquement dans un stade de foot ball clos contre la dictature militaire et pour le retour à une vie constitutionnelle normale, ont été piégés, brutalisés, humiliés, violentés, violés, poignardés et tués par des escadrons drogués de l'armée. Lors de ces manifestations historiques, nous avons assisté à des scènes d'une barbarie inouïe que rien, sinon la volonté du CNDD de terroriser et soumettre le peuple de Guinée ne justifiait. Des centaines de femmes et de jeunes filles ont été déshabillées, violées, les canons des fusils introduits dans leurs parties intimes, tout ceci publiquement et sous les yeux de la hiérarchie militaire.
Depuis le 23 Décembre 2008, le Forum des Forces Vives de Guinée a engagé toutes les démarches pacifiques possibles pour arriver à un consensus pour la conduite d'une transition apaisée. En face, nous n'avons rencontré que mépris, diktat, humiliations, insultes et dérision de la part de la junte du CNDD et de son chef. Les libertés fondamentales ont été graduellement confisquées, les médias mis aux ordres. Dans le même temps, contrairement à leurs premiers engagements publics nous avons assisté à une opération de légalisation du pouvoir militaire. Ceci avec une dilapidation sans précédent des fonds publics. Le Forum des Forces Vives a alors entrepris d'organiser un meeting d'information et de sensibilisation, montrant que le peuple n'acceptait pas l'usurpation du pouvoir par les militaires.

Ce meeting citoyen pouvait simplement éclairer l'opinion publique Guinéenne sur les enjeux des prochains scrutins. Malgré l'appel aux autorités pour sécuriser cette manifestation pacifique, le Forum des Forces Vives de Guinée n'a rencontré que dissuasion ou manœuvres diverses pour l'annuler. Au lieu de protéger les lieux sensibles le CNDD a infiltré des casseurs qui ont été responsables de tous les dégâts constatés, notamment ceux concernant les commissariats saccagés. Ceci dans l'objectif de discréditer l'ensemble des leaders politiques du Forum, dont les différents domiciles ont été mis à sac et pillés par les militaires.

Capitaine Moussa Dadis Camara chef de la junte, Général Sékouba Konaté Ministre de la défense, Commandant Moussa Keita Secrétaire permanent de la junte sont les responsables du massacre de nos compatriotes, au stade du 28 Septembre. Leurs hordes avides de sang, sous la conduite du Capitaine Diakité dit Toumba aide de camp de Moussa Dadis Camara, son adjoint Théodore Kourouma, neveu de Moussa Dadis Camara et bien d'autres, cagoulés ou non ont exécuté les basses œuvres en tuant et violant froidement. Ces viols collectifs et les humiliations insupportables perpétrées contre de centaines d'innocentes constituent des atteintes graves à la dignité humaine. Les auteurs et commanditaires de ces actes ignobles doivent tous répondre de leurs barbaries. Désormais les choses sont claires. Ils massacreront tout citoyen qui voudra exercer son droit d'avoir une opinion. Ils installeront et entretiendront sans état d'âme la guerre civile. Ils ont déjà mis en place une milice à caractère ethnique. Il faut donc arrêter leurs mains criminelles, avant qu'ils ne mettent le feu à notre cher pays.

Le dialogue interne est devenu impossible.

Devant la gravité exceptionnelle de la situation, le Forum des forces vives de Guinée:

1 – S'incline avec une infinie tristesse devant ces morts et exprime sa profonde douleur face à cette tragédie délibérée. Il exprime sa solidarité aux familles de toutes les victimes.
2 – Exige de la junte et de son gouvernement:
· la restitution immédiate des corps des victimes de leurs massacres, afin que les familles puissent enterrer dignement les leurs;
· le recensement exhaustif des disparus;
· la prise en charge médicale complète de tous les blessés;
· la libération immédiate et inconditionnelle des détenus; la libération et prise en charge immédiate des femmes violées et encore sequestrées.
· la réparation immédiates des domiciles saccagés, la restitution des biens dérobés.
3 – Lance un appel pressant à la CEDEAO, à l'Union Africaine et au Groupe International de Contact, pour organiser en urgence l'envoi en Guinée d'une force de paix chargée de protéger les populations guinéennes contre ses forces armées déchainées, que le président de la junte lui même dit ne pas pouvoir contrôler;
4 – Lance un appel aux citoyens et organisations spécialisés pour la préparation immédiate d'un dossier d'accusation afin de traduire les responsables et commanditaires identifiés des massacres de nos populations devant le Tribunal Pénal International, pour crimes contre l'humanité.
5 – Décide de réunir rapidement une concertation nationale pour installer un organe consensuel et efficace devant mener la transition vers des élections libres et transparentes, en raison de la désormais disqualification du CNDD et de son gouvernement en tant que force dirigeante responsable d'un état unitaire respectant les droits humains les plus élémentaires.
6 – Lance un appel à tous les Guinéens et Guinéennes, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, à rester mobilisés, à s'opposer à la dictature militaire.

Cinquante années de dictatures civile et militaire, ça suffit. Le peuple de Guinée ne l'acceptera plus.

Conakry le 30 Septembre 2009

Le Forum des Forces Vives de Guinée

Tunisie : agressions et tracasseries continuent

Par le PCOT, 4/10/2009


Après l'agression de Hamma Hammami mardi dernier à son retour de Paris, ce soir c'était au tour de son épouse l'avocate et défenseure des droits humains Me Radhia Nasaroui de subir les tracasseries policières à l'aéroport de Tunis. Les bagages à main de Me Nasraoui ont été minutieusement fouillés. Elle n'a pas pu récupérer ses bagages de soute, deux valises comme par hasard annoncées comme "perdues".

Son confrère Me Abdrraouf Ayadi, venu l'accueillir à l'aéroport en compagnie de son mari Hamma Hammami, a retrouvé la serrure du coffre de sa voiture défoncée. Après avoir parcouru à peine quelques mètres, la voiture de Me Ayadi s'est brusquement arrêtée. En regardant de près, il s'est rendu compte qu'un produit "suspect" a été introduit dans le réservoir.A la veille de la mascarade électorale du 25 de ce mois, les agressions physiques et le harcèlement des opposants et des militants associatifs connait une recrudescence sans précédent. Une vaine tentative de faire taire toute protestation contre ces "élections" et la dénonciation du régime despotique de Ben Ali.

Du Tanger littéraire au théâtre Darna des harragas.



Entretien avec Eric Valentin réalisé par Franck Delorieux, L'Humanité,3/10/2009

Sur les falaises de Tanger, des hommes se tiennent, debout ou assis, face à l’Espagne, dont ils regardent les côtes pendant des heures. Ils rêvent de fuir la misère du Maroc. Parmi eux, on trouve des enfants. Orphelins, fils d’une famille trop nombreuse, nés à Tanger ou dans le Rif, ils survivent de vol, de mendicité ou de prostitution. Ils ont pour plus sûr avenir la prison ou la drogue, un peu de kif quand ils peuvent en acheter, plus souvent de l’essence sniffée sur un chiffon. Ils passent la plupart de leur temps dans le port, espérant pouvoir se faufiler dans les cales des bateaux ou dans des barques pour le h’rig (franchir la Méditerranée). Surnommés harragas (brûleurs) parce que les passeurs leur demandent de détruire leurs papiers d’identité avant la traversée, certains tentent de traverser le détroit de Gibraltar à la nage : la mer rejette souvent leurs chaussures sur la plage. L’association Darna (notre maison) a été créée en 1995 pour leur venir en aide. Elle regroupe diverses activités dont le théâte Darna, dirigé par Éric Valentin, également auteur, avec Mohamed Mrabet, du recueil le Poisson conteur. Éric Valentin nous accueille dans le petit théâtre où une dizaine d’enfants répètent le spectacle annuel.

Tu travailles au théâtre Darna avec les enfants depuis cinq ans. Qu’est-ce qui t’a amené à le faire ?
Éric Valentin.
Ma présence au Maroc est liée à Mrabet. Comme j’écrivais avec lui sur Tanger, des concours de circonstances m’ont fait rencontrer les gens qui s’occupent de l’association. Ils n’avaient personne pour ce lieu qui avait fermé pendant deux ans à cause de problèmes de sécurité. Il avait failli brûler. Des femmes d’expatriés français qui n’ont pas grand-chose à faire ont cherché de l’argent pour permettre la rénovation du lieu. Quand je suis arrivé, la rénovation venait de s’achever. J’ai été tout de suite prévenu : il n’y avait pas de budget mais aussi pas de programme. Tout était à faire.
Tu es venu ici pour Mrabet ?
Éric Valentin
. Non, je voulais faire un petit documentaire sur la ville de Larache et Jean Genet. J’écrivais sur le fantasme de Genet pour le monde musulman et, à l’inverse, sur le fantasme des Larachois sur la tombe de Genet. Les producteurs français m’ont poussé à aller explorer ce qu’il restait du Tanger littéraire de cette époque-là. Mrabet était le seul à rester en vie. Je l’ai interviewé sur Genet et il m’a lancé plusieurs appels. J’ai donc lâché le documentaire et j’ai écrit avec lui le Poisson conteur.

Comment s’est passée l’écriture de ce livre avec Mrabet ?
Éric Valentin
. Pendant tout l’entretien sur Genet, il m’a plutôt raconté sa vie à lui. Il l’a racontée comme il le fait aujourd’hui, en affirmant qu’il s’était fait voler, piller. Cet aspect un peu misérable ne me plaisait pas mais sa façon de parler, de mélanger le français, l’espagnol et l’anglais - je ne comprenais pas encore l’arabe - était belle, poétique. Mrabet a un vrai phrasé de conteurs et, en tant qu’acteur, l’oralité de sa langue m’a passionné. À cette époque, il était encore très malade, affaibli. On pensait qu’il allait bientôt mourir. Il y avait donc urgence. Il attendait depuis longtemps que quelqu’un lui propose ça, tout en étant très méfiant parce que des gens, après Bowles, sont venus l’interviewer, prenaient un texte ou deux sur cassettes et ne revenaient jamais. Pendant deux mois, je suis allé deux ou trois fois par semaine chez lui. Les séances duraient assez longtemps. En prenant un café ou en déjeunant, nous parlions et tout d’un coup, quand il le sentait, il me racontait une histoire. Dans le Poisson conteur, il n’y a que deux ou trois contes qui ont vraiment été donnés comme ça. Quand Mrabet raconte une histoire, la première personne pour qui il la raconte, c’est lui. Souvent, sans qu’il s’en rende compte, revenaient les mêmes grosses ficelles, ou le même début, mais je le laissais parler parce qu’il introduisait des nouveautés plus intéressantes que lors du premier récit. Ensuite j’ai reconstitué le puzzle avec plein de petits morceaux d’histoires. J’ai repris ce principe, deux ou trois ans après, en réunissant tout ce qu’il m’avait dit dans nos conversations sur sa vie. Il m’a dit que le grand livre qu’il n’avait pas encore écrit, c’était celui de sa vie. Je me suis donc mis en retrait pendant un mois du théâtre Darna. J’ai refait quatre ou cinq entretiens sur des sujets précis, demandant des compléments bien que je n’aie pas cherché à faire un livre historique. Ce qui m’intéresse, c’est l’aspect fantastique. J’ai voulu aussi fouiller son rapport avec Bowles au-delà d’« il m’a tout volé ». Ils avaient un rapport très théâtral, une mise en scène par rapport aux gens qui visitaient Bowles, un jeu entre le « bon sauvage » et le « maître ». Ils en étaient conscients et en jouaient

Et ambigu ?
Éric Valentin. Je pense que si Mrabet a tant duré auprès de Bowles, contrairement aux autres puisqu’il est resté quarante ans à ses côtés, c’est peut-être justement parce qu’il était beau, brutal et inaccessible. Moi, ça ne m’intéressait pas de savoir s’ils avaient oui ou non couché ensemble. Mrabet, se sentant en fin de vie, allant à la mosquée tous les jours, édulcore son histoire mais je sentais qu’il y avait eu entre eux de la séduction. Il ne pouvait pas en être autrement. Mais ce qui a vraiment attaché Mrabet à Bowles, c’est sa femme, Jane. Il s’en est occupé jusqu’à son départ pour Malaga (où elle a été internée dans un hôpital psychiatrique). Il en parle toujours avec une énorme tendresse. Il est resté dix ans de sa vie avec elle. Il affirme - je pense que c’est une petite révision - qu’il est resté parce que c’est elle qui lui a demandé de s’occuper de son Paul, qui la traitait comme une chienne d’ailleurs. avec Paul Bowles
Revenons à ta méthode de travail avec lui. Après avoir établi le texte, lui lisais-tu le conte ?
Éric Valentin. Non, il ne voulait pas.
Il ne s’intéressait pas à la manière dont tu avais mis en forme le conte ?
Éric Valentin
. Bizarrement non, alors que je pensais que c’était la chose la plus importante. Au début, je me suis rendu compte que j’étais obligé de dénaturer un peu son travail parce qu’il ne s’agissait pas de simple traduction ou de retranscription. Quand Mrabet n’a pas les mots, il mime. Il fait beaucoup d’onomatopées. Il fallait tout de suite réécrire. Forcément, j’ai été obligé de réinventer, d’interpréter. Quand je le lui ai dit, il m’a répondu qu’il m’avait choisi et que c’était désormais mon travail, et qu’on se reverrait à la sortie du livre. En fait, il voulait l’objet. Cela faisait au moins quinze ans qu’aucun nouveau livre n’avait paru. À la fin de sa vie, Bowles s’occupait d’un poète latino-américain et avait mis de côté Mrabet. Mrabet me disait qu’il déposait des bandes sur le bureau et qu’il n’obtenait jamais de réponse. Il trouvait toujours Bowles en train de travailler sur d’autres textes ou en présence d’autres auteurs.
Mrabet s’est-il intéressé à ce que tu fais à Darna ?
Éric Valentin
. Je lui en ai parlé. Il a tout de suite fait le parallèle entre ces enfants et lui. Il a voulu un jour décorer le théâtre avec des peintures sur le plafond mais il n’en est pas capable. Il a vu un spectacle qu’il a beaucoup aimé. Mais il ne sort pratiquement plus de chez lui.
Revenons donc à Darna. Quelle est la place du théâtre dans l’association ?
Éric Valentin. L’association est un mélange de refuge et d’école. Une partie des enfants, en totale rupture familiale, dorment à l’association, puis une centaine d’enfants viennent chaque jour dans l’école suivre une formation et repartent chez eux. Souvent, en quittant Darna, ils vont encore quelques heures dans la rue pour revendre des Kleenex ou des chewing-gums et rapporter un peu d’argent : s’ils sont déscolarisés, c’est parfois parce que les parents les ont retirés de l’école pour les aider à gagner quelques dirhams. Darna a aussi créé une ferme pédagogique, à dix kilomètres du centre, près de l’aéroport, où vont les grands qu’il fallait éloigner du centre-ville parce qu’ils étaient trop impliqués dans des combines ou à cause de la toxicomanie, pour les éloigner des fournisseurs. Il s’agit, pour ceux qui sont issus de l’exode rural, de leur apprendre des techniques pour qu’ils retournent dans leur village les transmettre à leurs parents ou à leur famille. La Maison des femmes, au-delà du restaurant, est un espace d’alphabétisation et de formations en confection textile moderne et traditionnel surtout. Et il y a le théâtre. Quand je l’ai repris, j’ai voulu développer un maximum d’ateliers avec les enfants, aller le plus possible vers la création. Moi qui étais comédien en France et qui n’avais jamais travaillé dans le milieu associatif ou avec des enfants, j’ai pris une sacrée claque en voyant leur façon de bouger leur corps sur scène, ce qui est l’héritage de la démerde dans la rue, mais aussi par leur phrasé, le sens des mots qui est aussi un instrument de survie dans la rue et qui est donc surdéveloppé. Enfin, j’ai été frappé par leur capacité à prendre des risques en entrant dans des sujets tabous. Vu que leur parole est bafouée, ils n’hésitent pas à monter sur scène pour dénoncer ce qu’ils vivent. Ils ont un engagement politique dix fois plus fort que celui des gens avec qui je travaillais en France. J’ai retrouvé avec eux les raisons pour lesquelles je voulais faire du théâtre, notamment avec le spectacle Gagne ton visa.
Peux-tu nous dire ce qu’était ce spectacle ?
Éric Valentin
. Comme le précédent spectacle, Dounia Hania, Gagne ton visa parle de l’émigration clandestine. Les enfants avaient demandé ce sujet ou celui de la vie dans la rue et ses répartitions hiérarchiques. Les gens qui viennent dans le nord du Maroc, que ce soient des journalistes ou des personnes avec des enveloppes pour les distribuer à divers projets, ne sont intéressés que par le phénomène de l’émigration clandestine. On s’est donc retrouvé avec ce spectacle dans des festivals, à passer à la télévision… ce qui, d’une part, a provoqué des réactions ingérables chez les enfants et, d’autre part, nous a instrumentalisés. Un festival, organisé par les Espagnols sur la prévention de l’émigration et qui regroupait toutes les associations du Nord qui présentaient des petites danses, des petits trucs à la con, entretenait le rêve d’une manière totalement incohérente, par exemple en offrant des tee-shirts de foot aux enfants. Quand ils nous ont invités pour la troisième fois, je ne voulais pas y aller. De rage, j’ai écrit Gagne ton visa, qui est une parodie de concours télévisé dans lequel, grâce à la misère des autres, on va engranger de l’Audimat et de l’argent. Les enfants ont tout de suite compris et joué le jeu à fond. Le spectacle n’a été joué qu’une seule fois à l’extérieur. Nous n’avons pas été virés parce que nous étions invités mais cela a jeté un froid terrible. Ils ne m’ont plus jamais contacté. Nous l’avons repris un an après en le creusant.
Comment les enfants réagissent-ils au fait de faire du théâtre ?
Éric Valentin. Ils recherchent en premier le travail d’atelier, pas la représentation. Au début, je croyais qu’ils cherchaient la reconnaissance puisqu’on leur crache dessus dans la rue et qu’ici on les applaudit. Mais, en fait, le travail régulier les centre, les calme. Nous accompagnons leur développement physique ou psychologique. Ils viennent pour se connaître, chercher ce qu’ils sont, un miroir.
Revois-tu les enfants avec lesquels tu as travaillé depuis cinq ans ?
Éric Valentin
. (Il montre une photographie d’un spectacle accrochée au mur.) C’est le premier spectacle qu’on a monté. Il y en a un qui est mort, un qui est fou, un qui est en prison, deux qui ont disparu, un qui est en attente de procès, un autre qui a dû passer en Espagne et deux autres que je vois zoner dans la rue. À l’association, on pense qu’un gamin sur dix s’en sort.
Théâtre Darna, 48, rue Salah-Eddine-al-Ayyoubi, Foudaq Chejra, Tanger.
Mohamed Mrabet et Eric Valentin : Le Poisson conteur et autres stories de Tanger -édition Le bec en l'air - 2006 (103 pages - 26€)

Solidarité avec le caricaturiste Khalid Gueddar

par PIER GAJEWSKI, 6/10/2009

Après les tristes mésaventures au Maroc du caricaturiste Khalid Gueddar, chaque jour et jusqu’au 12 octobre, date de son procès, un dessinateur lui apporte un soutien illustré. Aujourd’hui Pier.

Pour Khalid
© Pier’

lundi 5 octobre 2009

Assemblée Générale , section Rabat, du FMVJ

INVITATION
Le bureau de la section régionale du Forum Marocain pour la Vérité et la Justice invite tout les militantEs des régions de Rabat, Salé, Kénitra, Témara à prendre part à l'assemblèe Génèrale de la section qui aura lieu le vendredi 9 octobre 2009 à 18 heures au siège central de l'AMDH situé au 6 rue Aguensous, Av.Hassan II Rabat.

L'ordre du jour :
*Election des délégués au prochain congrès national du FMVJ prévu pour les 11,12 et 13 décembre 2009
* Renforcement du bureau régional
Prière de diffuser l'information à tous les membres de la section régionale du FMVJ

L'AMDH Paris affirme sa solidarité avec les 850 ouvriers licenciés de l'OCP

AMDH Paris, 5/10/2009


Bonjour,


Dans le cadre de la campagne de solidarité entreprise par l'Association Marocaine des Droits Humains en guise de solidarité avec les 850 ouvriers licenciés de l'OCP, son groupe de soutien localisé à Paris organise une distribution de tracts le mercredi 7 octobre lors de la journée intersyndicale à Paris.
Pour les personnes qui veulent se joindre à cette action, prière de nous retrouver à côté du café Kleber (en Face de la place du Trocadéro) à 16h45.
Salutations militantes.


Ci-joints le tract de solidarité, à diffuser largement autour de vous, par Mohamed, coordinateur du groupe de soutien de l'AMDH localisé à Paris.

Appel pour la solidarité avec les 850 ouvriers licenciés dans la région de Khouribga au Maroc.L’Office Chérifienne des Phosphates (OCP) détenu par l’Etat marocain est le leader mondial sur le marché du phosphate et des produits dérivés et la première entreprise au Maroc. Mais malgré le chiffre d’affaires important enregistré au cours de l’été 2009, le groupe a cru bon de licencier, à travers sa filiale SMESI-Régie, 850 ouvriers. Ces derniers qui travaillaient depuis 2001 dans le cadre de CDD renouvelables n’ont fait que créer un bureau syndical pour défendre leurs droits.
Aujourd’hui ces travailleurs et leurs familles sont privés de leur gagne pain et commencent à vendre leurs biens (télé, habits, bicyclette, etc.). Sachant qu’au Maroc aucune allocation chômage n’est prévue et que les ouvriers prennent souvent en charge des familles nombreuses (femme, enfants, parents et autres proches en détresse), les conséquences sont désastreuses pour une vaste population précaire.
Malgré tous les efforts fournis par la section de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) de Khouribga en coopération avec le syndicat Union Marocaine du Travail (UMT) qui encadre les travailleurs au niveau local, malgré les grandes luttes des travailleurs et leurs sacrifices, ainsi que les correspondances du Bureau Central de l’AMDH adressées au Premier Ministre, au Ministre de l’emploi, à la Ministre de l’énergie et des mines et au directeur général de l’OCP, les responsables n’ont pas accepté les revendications des travailleurs qui sont : la réintégration inconditionnelle des 850 ouvriers par l'OCP, et le respect de leur droit à la libre adhésion au syndicat de leur choix.
Nous espérons pouvoir compter sur votre soutien aux 850 ouvriers marocains en dénonçant officiellement la violation de leurs droits et ce en passant notamment par une prise de position publique de vos représentants syndicaux et politiques.
N.B : à la suite de la protestation des ouvriers quatre d’entre eux sont poursuivis en justice
.
Email :
amdh.paris@gmail.com Site : http://www.amdh.org.ma/
Adresse : Appt N°1, Im 6, Rue Aguensous, Av. Hassan II, Les Orangers (Près de Auto-Hall), Rabat, Maroc.
Téléphone: +212 537 73 09 61 Fax: +212 537 73 88 51

Rien ne sera plus comme avant !

Par Ahmed Assermouh, 5/10/2009

MALI ! MOUVEMENT ALTERNATIFPOUR LES LIBERTE INDIVIDUELLES jaillit de nulle part, sans avertir, à Mohammedia et en pleine période de ramadan 2009.

Des jeunes et des moins jeunes décident, volontairement et vaillamment, de mettre un terme à tant de silence, tant d’hypocrisie, tant d’humiliation, tant de tartufferie, tant de terrorisme, tant de mensonge et tant de souffrance.

L’article° 222 du code pénal marocain punit tous ceux et toutes celles qui refusent d’être musulmans(Es) dans un pays sous la botte de l’arabisme et de l’islamisme, de un à douze mois de prison ferme.
Une sorte d’épée de Damoclès qui guette et épie dans l’ombre, les Femmes et les Hommes qui tiennent à faire valoir leur différence, leur cohérence et leur attachement indéfectible à la liberté religieuse reconnue dans la loi fondamentale du Royaume.
Faut- il le rappeler, le mois de ramadan est une longue période de la vie où rien ne se fait au plan travail, rendement, rigueur et efficacité.
On est étourdi toute la journée et on passe la nuit à manger et à boire pour ceux qui en ont les moyens.
Au fait, qui jeûne pendant ce mois de « ferveur » religieuse imposée sous peine de lynchage et/ou de prison?
Le musulman pardi !
et qui est musulman dans un pays dit musulman ?
Au Maroc en tout cas, tout(e) marocain((e) est forcément musulman(e).
Donc il (elle) est obligé(e) de jeûner.
C’est ainsi !
L’état arabiste et intégriste a donc disposé, (article 222 du code pénal), qu’un(e marocain(e) qui ne simule pas son jeûne en public risque entre un à six mois de prison ferme !!!
Six mois de cachot parce que vous avez bu une gorgée d’eau ou avalé une bouchée de pain !!!
Le comble c’est que pendant 11 mois de l’année tout le monde ignore et se fout allègrement de celles et de ceux, et ils sont des millions, qui ne peuvent ni boire ni manger quand la faim et la soif les torturent.
Pendant le mois de ramadan, en revanche, on les surveille et on les contrôle pour les attraper entrain de rompre le jeûne et enfin les envoyer au cachot. Belle morale ! Bel exemple ?
Sinon, les acteurs décideurs vous soufflent à l’oreille que vous pouvez boire et manger en vous cachant !
L’humiliation absolue!

Ils oublient, ces mécréants si ignares, que le dieu de l’islam entend et voit tout !
Alors c’est dieu qu’il faut craindre ou c’est l’homme ? Au Maroc les deux !

Et l’ennui c’est que le deuxième est réellement présent et prend beaucoup de liberté par rapport au premier !!!

Voilà pourquoi aussi, on parle d’ un milliard de musulmans dans le monde quand il n’y en a même pas 300 millions !
MALI gicle de Mohammedia et donne la preuve éclatante que ceux que l’on considère, par la force, comme étant des musulmans
Ne le sont pas en réalité.

La prouesse exceptionnelle et historique que vient de signer MALI dans un Pays où on veut envoyer les gens au paradis les menottes aux mains,
Reste un tournant majeur dans la vie religieuse des Marocaines et des Marocains.

Rien ne sera plus comme avant !

Les tracasseries, les embûches, les velléités de faire peur, les menaces de tout genre, n’y feront rien.
La liberté et la dignité n’ont pas de prix.
Elles valent tout sacrifice.
Le coran menace les gens du jugement dernier.
Les humains les jugent et exécutent leurs jugements ici bas !
où est le salut ?

Qui a chargé les humains de juger et de condamner leur semblables?

Quand on sait que ces jeunes et moins jeunes de MALI sont en majorité, semble-t-il, des Femmes, l’enivrement est somptueux !
Et l’espoir renait.
La femme musulmane est la victime facile de l’homme. Ce fait est corrélé par les textes dits sacrés.
La volonté et le courage des acteurs de MALI aura des conséquences immenses ………………………………..
L’AMDH a joué son rôle auprès des Maliens et de la façon qui sied à son statut.

Échec à la régente

Lire un extrait du livre

La Découverte évite l'interdiction d'un livre sur la femme du président Ben Ali
La Découverte a mis en vente le 1er octobre La régente de Carthage, de Nicolas Beau et Catherine Graciet, après que le TGI de Paris a débouté Leila Trabelsi, première dame de Tunisie, de sa demande d’interdiction.
Le TGI de Paris a débouté mercredi 30 septembre au soir l'épouse du président tunisien, Leila Trabelsi, qui demandait l'interdiction d'un livre à paraître le lendemain aux éditions La Découverte comportant, « une série de propos qu’elle estime diffamatoires à son égard et d’autres passages qu’elle qualifie d’injurieux », selon l'ordonnance dont nous avons obtenu jeudi une copie.
Les journalistes Nicolas Beau (Le Canard Enchaîné et Bakchich) et Catherine Graciet enquêtent dans La régente de Carthage sur le rôle déterminant de l'épouse du président Zine el-Abidine Ben Ali dans la gestion de la Tunisie, plongeant dans « les arcanes, les alliances, et les trahisons d’un pouvoir familial mesquin et perverti, qui tient lieu d’Etat dans une société à la dérive », lit-on en quatrième de couverture.
Saisi en référé, le tribunal de grande instance a rejeté la requête de Leila Trabelsi en considérant notamment que celle-ci « n'a pas respecté dans son assignation l'obligation qui pèse sur elle d'indiquer les textes de loi applicables à la poursuite ».
Ce défaut de visa « met les défenseurs dans l'incapacité de savoir exactement ce qui leur est reproché et d'organiser leur défense », précise le tribunal dans son ordonnance.Le TGI a donc prononcé « l’annulation de l’assignation délivré le 29 septembre à la requête de Leila Trabelsi épouse Ben Ali » et la condamne « à payer à la société éditions de la Découverte la somme de 1 500 euros ».
Tiré à 18 000 exemplaires, La régente de Cathage a été mis en vente comme prévu jeudi 1er octobre.

Le MALI rencontre l'AMDH

Par Ali Fkir, 3/10/2009
Des jeunes se réclamant du mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI) dont Zineb et Ibtissam arrêtées puis relâchées par la police de Mohammedia, se sont renduEs le samedi 3 octobre 2009 au siège central de L'AMDH, sis à Rabat.
La rencontre avec Khadija Riadi s'est passée en présence d'autres militantEs de l'AMDH, des journalistes et de certainEs démocrates conséquentEs.
La présidente de l'AMDH, Khadija Riadi a dénoncé une nouvelle fois la réaction répressive de l'Etat marocain face à l'initiative légitime de ces jeunes citoyenNEs. Khadija Riadi a précisé que la position exprimée par les instances dirigeantes et locales de l'AMDH, découle des principes de l'universalité et de la globalité des droits humains qui se trouvent soulignés dans les statuts de l'association qu'elle dirige.
Zineb El Rhazoui a tenu quant à elle, à remercier l'AMDH pour sa précieuse solidarité, de même qu'elle a tenu à préciser que MALI n'est ni une association ni une organisation. C'est un mouvement citoyen qui défend le droit de culte, et qui regroupe des jeûneurs et des non jeûneurs. C'est un mouvement démocratique où chacun a ses propres repères idéologiques et politiques .
Un débat fructueux s'en est suivi. TouTEs les intervenantEs ont exprimé leur soutien à ce mouvement de jeunes qui ont osé jeter une pierre dans la mare des tabous.
L'Histoire leur donnera raison. C'est la logique de l'évolution de toute société. Certes, le makhzen et tous les hypocrites peuvent ralentir la cadence de cette évolution mais ne l’arrêteront jamais.

Solidarité avec le caricaturiste Khalid Gueddar

Après les tristes mésaventures au Maroc du caricaturiste Khalid Gueddar, chaque jour et jusqu’au 12 octobre, date de son procès, un dessinateur lui apporte un soutien illustré. Aujourd’hui Pakman.


© Pakman

Ben Barka : la curieuse volte-face du gouvernement français

Par David Servenay Rue89 04/10/2009

En moins de 24 heures, la justice française a émis puis suspendu les mandats d'arrêt internationaux visant quatre Marocains.

Michèle Alliot-Marie va-t-elle couvrir les assassins de Mehdi Ben Barka ? Cruel dilemme pour la ministre de la Justice qui n'a pas la réputation de se laisser impressionner par les (vrais) enjeux politiques. Alertée par la famille de l'opposant marocain disparu en France en 1965, elle avait décidé de débloquer le dossier…

« Le juge d'instruction n'a pas répondu »
Vendredi matin, Guillaume Didier, le porte-parole du ministère de la Justice affirmait que tous les obstacles techniques avaient été levés pour permettre la diffusion de quatre mandats d'arrêt internationaux visant des officiels marocains :
Le général Hosni Benslimane, le chef de la gendarmerie
Le général Abdelhak Kadiri, ancien patron de la DGED (service de renseignements militaires)
Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki l'un des membres présumés du commando ayant enlevé l'opposant
Abdelhak Achaachi, agent du Cab1, unité secrète des services marocains
Ces mandats d'arrêt traînaient au fond d'un tiroir de la Chancellerie depuis deux ans, Rachida Dati ayant manifestement choisi de les oublier.

Version officielle du ministère :
« Depuis deux ans, le bureau d'entraide pénale internationale réclame des compléments d'information au juge d'instruction qui n'a pas répondu à ces demandes. On lui a alors posé un ultimatum : il devait répondre avant le 10 septembre. On n'avait alors pas la capacité de retenir plus longtemps ces mandats d'arrêt. Nous les avons donc transmis au ministère de l'Intérieur qui a transmis à Interpol. »
Pas de chance : dans la journée, Interpol « constate des insuffisances » et renvoit les mandats d'arrêt à la Chancellerie. Le parquet de Paris demande donc vendredi soir leur suspension. Retour à la case départ.
Incompréhensible pour Bachir Ben Barka, joint samedi par Rue89 :
« Le fait que ce soit le ministère de la Justice, avec le même conseiller, qui se déjuge du matin au soir, en moins de 24 heures… c'est juste ahurissant, inimaginable de la part du pays de la démocratie. Je suis en colère : à peine une porte est-elle entrouverte qu'elle se referme brutalement ! C'est la raison d'Etat de la manière la plus cynique. »

Une sourde lutte au sein du gouvernement
En réalité, MAM a un autre point de vue sur le dossier que son prédecesseur. Elle ne veut pas couvrir 44 ans de dysfonctionnements judiciaires. Mais l'Elysée veille : le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a donc été dépêché cette semaine pour alerter son homologue marocain.
A-t-on voulu mettre en porte-à-faux la Garde des Sceaux ? Concrètement, Alliot-Marie ne prend pas (trop) de risques car ces mandats d'arrêt n'avaient en fait qu'un seul objectif, comme le rappelle le fils de l'opposant :
« Il y avait une possibilité, pour ces gens [les officiels marocains, ndlr], de s'expliquer devant un juge marocain. Le juge Ramaël a lancé ces mandats d'arrêt parce qu'il n'avait pas pu les entendre. On pourrait les faire entendre par un juge marocain, pour avoir leur part de vérité sur cette affaire… »
Sauf qu'un mandat d'arrêt vaut mise en examen… donc lourdes charges contre les personnes visées. Patrick Ramaël est le huitième juge d'instruction sur le dossier Ben Barka. Et cet ex-officier veut aller au bout de l'affaire, notamment pour identifier le lieu où le corps de l'opposant a été enterré.

La lettre morte au président de la République
Le dossier Ben Barka est l'une des grandes affaires d'Etat de la Ve République. Impliquant le patron du service 7 du Sdece (chargé des effractions commises par les services spéciaux français), une flopée de membres du Service d'action civique, des truands et les services marocains, il symbolise la zone grise du renseignement.
Bachir Ben Barka en a vu d'autres, comme cette
tentative de refaire l'histoire par un film de fiction diffusé par France 2 il y a deux ans (voir la vidéo, réalisée en octobre 2007).
Pour débloquer le dossier, Bachir Ben Barka, aujourd'hui franco-marocain, a essayé de sensibiliser le président de la République :
« Comme victime, on a le sentiment d'être ignoré et méprisé. Il y a un an, j'ai écrit à Nicolas Sarkozy. J'ai eu droit à une réponse du ministère des Affaires étrangères, où nous avons été reçus par des conseillers du ministre Bernard Kouchner. Qu'est-ce que cela veut dire ? L'affaire Ben Barka n'est-elle plus une affaire française ? Le président de la République a pourtant reçu un certain nombre de victimes depuis son entrée à l'Elysée. »
Vrai. Mais Nicolas Sarkozy estime sans doute que la France a trop d'intérêts croisés au Maroc pour sacrifier la raison d'Etat sur l'autel de la vérité historique. Comme en 1965.

Manifestation pour obtenir la vérité sur l'affaire Ben Barka le 29/10/2002 à Rabat (photo Joëlle Vassort)