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lundi 25 octobre 2010

France : Pourquoi tant d'acharnement à vouloir "sauver" les retraites...


Sevriena, l’entreprise sarkozyste de démolition des retraites
  • Par Thierry Brun, POLITIS, 24/10/2010 
  • Sevriena, une nouvelle société d’assurance spécialisée dans la retraite par capitalisation, créée par Guillaume Sarkozy, entend bien profiter de la réforme des retraites. Histoire d’une opportune naissance destinée à rafler un juteux pactole compris en 40 et 110 milliards d’euros.
    « Je garantirai la pérennité du régime de retraite… Je ne changerai pas le régime par répartition (…) par un régime où chacun épargnerait de son côté… Il faudra que tout soit mis sur la table : l’âge de la retraite, la durée de cotisation et la pénibilité. La seule piste que je ferme tout de suite, c’est celle de la diminution des pensions… La réforme des retraites concernera tout le monde… Les pensions sont trop basses... » Nicolas Sarkozy sur TF1 le 25 janvier 2010.
    Nicolas Sarkozy veut-il vraiment sauver le régime de retraite par répartition ? Plusieurs faits récents contredisent cette profession de foi présidentielle. Nicolas Sarkozy est arc-bouté sur le projet de loi réformant les retraites pour d’autres raisons : la future loi contient quelques articles destinés à booster la retraite par capitalisation [1] au détriment de l’actuel système par répartition. Du sur mesure pour les banques et sociétés d’assurance, en particulier Malakoff Médéric, un groupe issu de la fusion en 2008 de Malakoff et de Médéric, qui est devenu dès sa création le premier groupe paritaire de protection sociale en France, avec plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
    Ce groupe dirigé par Guillaume Sarkozy, frère du chef de l’État, a le vent en poupe et a misé gros sur l’adoption de la réforme des retraites. Car il a récemment créé avec la Caisse nationale de prévoyance (CNP Assurances), premier assureur de personnes en France avec un chiffre d’affaires de 31,5 milliards d’euros en 2007, une société d’assurance du nom de Sevriena dont le destin programmé consiste à développer massivement la retraite par capitalisation. Cette société a déjà prévu une forte croissance de ses résultats : un document confidentiel (voir plus bas) estime le potentiel de création de valeur de cette entreprise à 634 millions d’euros dans 10 ans et à 1,2 milliards dans 20 ans.
    Peu de citoyens en seront informés : les principales banques et sociétés d’assurance guettent avec impatience l’adoption définitive du projet de réforme des retraites, notamment parce qu’il contient un dispositif que Nicolas Sarkozy et le gouvernement se gardent bien d’ébruiter. En effet, si l’on examine attentivement le texte de la réforme, les préoccupations réelles de Nicolas Sarkozy sont très éloignées du sauvetage de l’actuel système de retraite. Les dernières pages du projet de réforme des retraites adoptés le 15 septembre à l’Assemblée nationale contiennent un « titre V » entièrement consacré à la retraite par capitalisation, comme nous l’écrivions dans Politis (numéro du jeudi 23 septembre 2010).
    Certes, ce n’est pas le cœur de la réforme, mais cette partie du projet de loi, nommée : « Mesures relatives à l’épargne retraite », décline une série de mesures dans un article 32 de cinq pages, qui va profondément modifier la réglementation de la retraite par capitalisation, jurent les spécialistes de l’épargne retraite. Pour les assureurs et les banques, un grand pas est désormais franchi : cet article 32 permettra de dynamiter le système de retraite par répartition, un souhait depuis longtemps exprimé par le groupe mutualiste Malakoff Médéric du frère de Nicolas Sarkozy.
    Pendant la procédure parlementaire accélérée, qui a débuté en juin 2010 par l’audition d’Eric Woerth à l’Assemblée nationale, dans un parfait timing, Malakoff Médéric a lancé avec la Caisse nationale de prévoyance (CNP) la nouvelle société d’assurance Sevriena. « Guillaume Sarkozy a engagé son entreprise dans une politique visant à en faire un acteur majeur de la retraite complémentaire privée. Et il a trouvé des alliés autrement plus puissants que lui, en l’occurrence la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le bras armé financier de l’Etat, et sa filiale la Caisse nationale de prévoyance (CNP). Ensemble, tous ces partenaires vont créer, le 1er janvier prochain, une société commune qui rêve de rafler une bonne part du marché qui se profile », a rappelé récemment Médiapart (ici). En clair, la réforme est un formidable outil qui conduira à « l’asphyxie financière des grands régimes par répartition » et sera donc « propice à l’éclosion de ces grands fonds de pension qui n’étaient pas encore parvenus à s’acclimater en France, à quelques rares exceptions près ».
    D’ores et déjà sur les rangs, le groupe Malakoff Médéric a pris une longueur d’avance. Réunie à Paris le lundi 21 juin 2010, écrit Emmanuel Cogos, directeur adjoint du développement de l’agence de presse AEF, qui traite quotidiennement des questions de Protection sociale, de Ressources humaines (ici), « l’association sommitale du groupe de retraite et de prévoyance Malakoff Médéric a donné son feu vert à la réalisation du « projet M », nom de code du projet d’épargne retraite que prépare ce groupe, dirigé par Guillaume Sarkozy, avec la CNP, filiale de la Caisse des dépôts » (ici).
    Selon l’Agefi, agence économique et financière, le conseil d’administration de l’assureur coté « a approuvé les modalités de création de cette coentreprise, baptisée Sevriena » et le « démarrage opérationnel de Sevriena, qui héritera des portefeuilles de ses deux maisons mères, est prévu pour janvier 2011 » (ici) L’affaire est désormais bien engagée.
    L’autorité de la concurrence a officiellement enregistré le 18 juin 2010 l’opération de concentration en cours entre le Groupe Malakoff Médéric et le groupe CNP. Le document fourni par les parties indique que les deux groupes envisagent la création d’une société commune dont les activités seront « la création, la gestion, la distribution de produits de retraite complémentaire par capitalisation, à titre collectif ou individuel, principalement à destination des entreprises et de leurs salariés, des associations et de leurs adhérents, des travailleurs non salariés et des retraites ; la création, la gestion et la distribution de produits d’épargne salariale à destination des entreprises et des salariés des entreprises ainsi que la tenue de compte et conservation ; et, à titre accessoire, la distribution de services liés à la retraite ».
    Le document officiel du Bulletin des annonces obligatoires (Balo) daté du 23 juin 2010 a formalisé les opérations de capitalisation de Sevriena, qui se sont achevées fin juillet 2010. Et l’on apprend de source syndicale que Guillaume Sarkozy devrait en occuper le poste de président du conseil de surveillance.
    Notons ici la simultanéité des événements : la mise en place de la future société d’assurance, qui proposera ses produits de retraite par capitalisation en 2011, se fait dans la période pendant laquelle le gouvernement lance son projet de réforme des retraites. En fait, dès 2008. La caisse des dépôts et consignations (CDC), l’assureur public CNP et le groupe de protection sociale mutualiste Médéric veulent créer une filiale commune spécialisée dans le financement des retraites. Leur idée est de compenser l’érosion des taux de remplacement, c’est-à-dire du niveau des pensions versées par les régimes obligatoires, en proposant des solutions de retraite complémentaires aux salariés cadres et non-cadres.
    Médéric compte profiter de l’expérience de la CNP, un partenaire de premier plan d’entreprises de toutes tailles pour les retraites complémentaires. La CNP assure notamment la gestion des régimes Préfon (fonds de pension destiné aux agents de la fonction publique) et Fonpel (fonds de pension destiné aux élus locaux). Et la joint venture Sevriena promet de belles perspectives avec la réforme des retraites.
    Un document confidentiel daté de mars 2009, intitulé : « Projet de regroupement des activités d’épargne retraite et d’épargne salariale de CNP assurance, de Malakoff Médéric et de Quatrem »
    PDF - 724.3 ko
    Document CNP-Médéric
    souligne qu’à l’horizon 2020, « une baisse du taux de remplacement de l’ordre de 8 % est attendue pour une carrière complète. Cette baisse est toutefois variable selon le niveau du salaire et le profil de carrière ». Le document note ainsi que « Pour les salariés qui auront subi des « trous » de carrière et pour les générations qui prendront leur retraite après 2020, la baisse du taux de remplacement sera plus forte » et a estimé le montant potentiel de collecte d’épargne retraite « qui est nécessaire pour financer le maintien du niveau de vie des futurs retraités » en 2020.
    Ainsi un juteux gâteau est convoité, « compris entre 40 milliards d’euros et 110 milliards d’euros, suivant les hypothèses de comportement des individus ». Ce document de 2009 exprime aussi « la nécessité de développer une nouvelle offre d’épargne retraite » qui a quelques similitudes avec l’actuelle réforme.
    Rien n’a donc été laissé au hasard. L’émergence prochaine de Sevriena montre que Nicolas Sarkozy et son gouvernement sont loin d’avoir tourné la page de la capitalisation. Ainsi, le document confidentiel de 2009 révèle que « la structure née d’un partenariat équilibré entre la CDC, CNP Assurances et le Groupe MM [Médéric] aura une action décisive dans la prise de conscience du marché et une contribution majeure au financement des besoins de retraite des salariés, cadres et non cadres. En dix ans, elle s’imposera comme le leader des solutions d’épargne retraite collective et individuelle avec une part de marché de plus de 17% en retraite collective et 4% en retraite individuelle » .
    La réforme Sarkozy vise justement à renforcer l’épargne retraite créée par la réforme Fillon de 2003. Elle répond aussi à une demande expresse du Medef qui, en mai, avait rencontré le ministre du Travail, Eric Woerth. Laurence Parisot, présidente du Medef, avait alors réclamé « un nouveau dispositif très incitatif, voire obligatoire, de système par capitalisation ». Avant sa rencontre avec le ministre, la patronne du Medef avait vanté les « vertus » de la capitalisation, qui « crée des richesses et n’en ponctionne pas », et estimé que, « sur le long terme, l’évolution des marchés est toujours gagnante ». On comprend désormais pourquoi le Medef, dont Guillaume Sarkozy a été un temps son vice-président, trouve tant de vertu à la capitalisation.
    Les discussions autour du projet de loi les incitent à aller vite. Le vœu de l’administratrice de la BNP Paribas, une des banques très favorables à la retraite par capitalisation, a été exaucé haut la main par les députés UMP proches des banques et des assureurs. Les amendements déposés par Xavier Bertrand, Arnaud Robinet et surtout par le très libéral Yannick Paternotte, secrétaire général des réformateurs, ont servi de base au texte adopté par l’Assemblée nationale.
    Xavier Paternotte a présenté pas moins de 15 amendements relatifs à l’épargne retraite, et en a cosigné pas moins de 90 autres avec ses collègues. Et en fervent promoteur du « second pilier de la capitalisation », le député a réussi son coup en obtenant, en juillet 2010, le feu vert de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale et la bénédiction des assureurs.
    La logique du texte adopté est claire : « Nous voulons inscrire l’épargne retraite comme un appui [à la retraite par répartition] et non comme un tabou », a plaidé Arnaud Robinet. Ainsi, le projet de réforme des retraites prévoit que la moitié des sommes perçues par un salarié au titre de la participation aux résultats de l’entreprise sera, sauf avis contraire dudit salarié, obligatoirement versée sur le plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco).
    Les députés UMP ont étendu cette mesure à d’autres formes de capitalisation qui bénéficient d’avantages fiscaux : le plan d’épargne retraite d’entreprise (Pere) et le plan d’épargne retraite populaire (Perp). Enfin, pour renforcer l’attractivité de la retraite par capitalisation, l’homme lige de Nicolas Sarkozy, secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, est coauteur d’une mesure qui permet une sortie en capital, certes limitée à 20 %, lors du départ en retraite.
    Xavier Paternotte n’hésite pas à reprendre à son compte les arguments du Medef pour expliquer ce volet de la réforme des retraites : « Relancer l’épargne retraite constitue une urgence sociale et un gage de compétitivité du tissu économique, favorable à l’emploi de demain ». C’est oublier le caractère très inégalitaire et la logique de ces fonds d’épargne retraite qui cherchent à maximiser les rendements et prennent des risques sur les marchés financiers. La crise a par ailleurs infligé un cinglant démenti à ceux qui juraient que le rendement du système par capitalisation était supérieur à celui du système par répartition.
    Mais peu importe. Le recul de la retraite par répartition depuis les premières grandes réformes, qui ont commencé dans les années 1990 (voir l’encadré ci-dessous), s’est accompagné de la mise en place progressive des fonds de pension « à la française » qui sont un enjeu de taille pour les compagnies d’assurance et le capital financier. Laisser un champ de plusieurs centaines de milliards hors des marchés financiers leur est insupportable. Sevriena se chargera de récupérer cette manne.
    La montée de la capitalisation
    On doit au très libéral Alain Madelin l’instauration en 1994 de la première retraite par capitalisation, un an après la réforme de 1993. Elle concerne les non salariés (industriels, professions libérales, commerçants) et son encours est de 19 milliards d’euros en 2009. Il faudra attendre 1997 et l’adoption de la loi Thomas (qui sera abrogée en 2002) pour que naissent les plans d’épargne retraite, autre nom de la retraite par capitalisation. En 2003, la réforme de François Fillon favorise le développement de l’épargne retraite individuelle, avec la création du plan d’épargne retraite populaire (Perp), qui s’adresse aux 9,2 millions de salariés du privé imposables et du plan d’épargne retraite collectif (Perco) qui remplace le plan partenarial d’épargne salariale volontaire (PPESV), créé par la gauche en 2001. Le Perp a drainé 5,3 milliards d’euros en 2009 et le Perco, 3 milliards, jugés nettement insuffisant par les sociétés d’assurances qui convoitent les quelque 100 milliards d’euros de la retraite par répartition.
    Rappelons que le Perp et le Perco ont été institués par des amendements déposés par Hervé Novelli, chef de file des libéraux au sein de l’UMP, et par un certain… Eric Woerth. Au total, tous produits confondus, l’encours de l’épargne retraite est de 123,8 milliards d’euros en 2009.
    _T.B.

Notes

[1] Dans un système de retraite « par répartition », on prélève des cotisations sociales qui sont immédiatement reversées aux retraités. Dans un système de retraite « par capitalisation », l’épargne individuelle est placée dans des institutions financières (fonds de pension, compagnies d’assurances…). En France, les fonds de pension ont pris le nom d’ « épargne retraite », sans doute pour ne pas effrayer les salariés trop bien informés.

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dimanche 24 octobre 2010

Chut ! Le Roi est là !

Par Ali Fkir, 24/10/2010
Les services du ministère de l'intérieur ont interdit au comité de suivi du dossier de l'habitat à Casablanca, comité composé des représentantes des quartiers populaires de Casablanca et de l'AMDH (section de Casablanca), d'organiser les activités prévues (tente des droits humains, conférence de presse et  sit in). Le conseil des "élus" à qui incombe le devoir de dresser la tente sur la demande du comité de suivi n'a fait que suivre les instructions des autorités administratives.
Rappelons qu'au Maroc, les "élus" sont avant toute autre chose les préférés/sbires des services du ministère de l'intérieur, et que la quasi totalité de ces individus sont liés à des activités douteuses. Rappelons aussi que presque 80% des Marocain-es en âge de voter ne s'étaient pas rendu-es aux urnes makhzaniennes au cours des dernières mascarades électorales (2007 - 2009).
Les votant-es étaient composés de "militant-es" des forces politiques ( le nombre des "militant-es" des partis électoralistes - 33 formations - ne dépasse pas les 500 000 ) et les démuni-es qui ont été contraint-es à vendre leurs voix au plus offrant.
Rappelons aussi que toutes les "institutions représentatives des citoyen-nes" se trouvent subordonnées aux services étatiques et malhzaniens.
Le fonctionnaire et le nommé par dahir se trouvent placés au dessus du "mandaté du peuple". C'est là la démocratie marocaine, la démocratie héritée de l'ère de Hassan II, c'est pourquoi la plupart des officiels la dénomment la démocratie Hassanienne.
Au Maroc d'aujourd'hui, aller aux urnes makhzaniennes, voter, c'est cautionner purement et simplement le despotisme, c'est accepter une réalité de non droit, c'est accepter le rôle de figurant, c'est accepter d'être manipulé comme une marionnette
Malgré ces interdits (Les autorités ont invoqué comme justification - oralement- la présence du Roi à Casblanca) les habitant-es des quartiers populaires et les militant-es de l'AMDH ont organisé un sit in de protestation le samedi 23 octobre 2010 face à la wilya de grand Casablanca.
En démocratie, les citoyen-nes ont le droit de faire entendre directement au chef de l'Etat leurs légitimes revendications.
Les sans-droits à un logement salubre, ont bravé les obstacles et ont fait entendre leur voix. Le sit in n'a connu aucun incident majeur à part l'hospitalisation (en urgence) de Aziza, l'une des représentantes de Derb Ghalef, suite à un malaise. Elle est rentrée chez elle sans conséquence grave.
Bravo les Casablancaises et les Casablancais!
Bravo les militant-es de l'AMDH (section de Casablanca)!
Quelques photos du sit in du 23 octobre 2010, organisé par le comité de suivi du dossier de l'habitat à Casablanca
 
 PHOTO DE LA SEMAINE: des femmes avec leurs bébés se sont rangées derrière la banderole de l'AMDH. Mes dames vous êtes la fierté de la femme marocaines ! vous êtes notre fierté ! l'AMDH est la conscience de notre société, conscience toujours éveillée malgré les coups-bas qui sont tirés de diverses bases

Campements sahraouis de la résistance, pacifisme contre violence

Par APSO, 23/10/2010
 Nouvelles des campements :
-  Les campements de Sahraouis exilés, de 20 à 30 tentes et installés en dehors des villes de Boujdour et Smara occupées ont été violemment dispersés par des interventions répétées de la gendarmerie marocaine.
-  Les campements situés à 25 kilomètres de El Aaiun (territoires occupés du Sahara Occidental) sont organisés très efficacement par les jeunes sahraouis.
Selon un recensement fait le 19 octobre, 2200 tentes étaient plantées. Des familles et des jeunes arrivent tous les jours et toutes les nuits malgré les barrages de la gendarmerie. L’estimation aujourd’hui est de plus de 4000 tentes.
Les violentes attaques des forces de sécurités marocaines sont régulières contre les Sahraouis qui veulent accéder aux campements pour apporter l’eau les ravitaillements, ou conduire de nouveaux exilés. Les attaques à coup de pierre contre les voitures, des interpellations et enlèvements pour tabassages, les tirs à balles réelles, ont fait une quarantaine de blessés hier, dont des femmes des enfants et des vieillards.
Le comité d’organisation des camps, composés de jeunes Sahraouis pour beaucoup diplômés chômeurs, comporte un groupe de protection qui veille sur les campements 24h sur 24, un groupe d’information et d’organisation des concertations, un groupe attaché à l’organisation de le distribution de l’eau.
Il manque sur place du personnel de santé. Il n’y a en effet pas de jeunes sahraouis médecins à El Aaiun.
Après une rencontre du comité d’organisation des campements avec les autorités marocaines, il ressort que les revendications des Sahraouis qui ont ainsi choisi de s’exiler sur leur propre terre en dehors de leur ville occupée ne sont pas, ou plus, d’ordre socio-économiques. À l’exigence des autorités d’un recensement exact des campements et de l’identification précise des participants pouvant prétendre à un emploi ou autre avantage, les Sahraouis exilés ont déclaré qu’ils revendiquaient l’application du droit international à l’autodétermination de leur peuple sur sa terre et ses ressources naturelles, et pas autre chose. Il serait bon en effet que le Maroc respecte ses engagements devant la communauté internationale et appuie les revendications sahraouies par la mise en place du referendum d’autodétermination comportant les choix rattachement ou indépendance.
La stratégie marocaine habituelle consistant à casser les mouvements de revendication par des promesses semble avoir fait long feu. D’autant qu’à bien les examiner, ces promesses d’emploi ou autres jamais tenues, coûtaient cher à la population sahraouie qui devaient fournir à chaque fois les photocopies de ses diplômes et identité dûment légalisées (contre paiement auprès des autorités marocaines…).
http://ap-so.blogspot.com

samedi 23 octobre 2010

Maroc : Protection de la biodiversité, une urgence mais pas encore une priorité

Par Salma Bakri, 20/10/2010
193 pays en débattent ces jours-ci à l'occasion de la conférence de l’ONU sur la diversité des espèces. La biodiversité est un enjeu majeur au niveau mondial, mais aussi au Maroc. Au royaume, le sujet est discuté, mais ne figure pas encore en première position des priorités nationales.
L'autruche à cou rouge a disparu du Maroc au 20è siècle
Plus de 15 000 personnes provenant de 193 pays signataires participent à la conférence des pays membres de la convention sur la biodiversité. Les travaux qui ont débuté ce lundi 18 octobre pour s'étendre jusqu'au 29, visent à formuler un nouveau plan stratégique pour la période 2011-2020 ainsi qu'une vision de la biodiversité en 2050.
« Nous allons discuter sincèrement de l'avenir de la Terre pour trouver une solution », a déclaré le ministre japonais de l'Environnement, Ryu Matsumoto, dans son discours d'ouverture. « Transmettre une Terre, belle, avec une biodiversité riche, aux prochaines générations est le désir partagé partout dans le monde », a-t-il ajouté.
Des questions budgétaires et stratégiques vont être au cœur des débats.
De plus, les avancées constatées jusqu’à présent seront évaluées, de nouveaux objectifs seront fixés afin de limiter la perte constante d'espèces, et au final aura lieu la signature du protocole « ABS ». Ce protocole devrait mettre en place un meilleur cadre juridique pour répartir équitablement les bénéfices tirés de l'exploitation des ressources génétiques.
Au Maroc, diversité biologique exceptionnelle – et enjeux de taille
Le Maroc a signé la convention sur la biodiversité en 1992 pour la ratifier en 1995. Depuis, un suivi régulier de la biodiversité a lieu, le dernier rapport national datant de 2009. Quelques constats s'imposent.
La biodiversité au Maroc est d’une variété et diversité remarquable. Comme l'explique le Centre d'Echange d'Information sur la Biodiversité du Maroc, cela est dû à sa situation géographique entre la Méditerranée et l’Atlantique ainsi qu'à la diversité de ses écosystèmes. Les espèces animales et végétales recensées dépassent les 32 000 (dont plus de 24 000 sont animales); un chiffre qui démontre la richesse du pays en la matière.
Mais la faune et la flore sont de plus en plus en danger à cause de l’activité humaine. Parmi les espèces disparus tout au long du XXème siècle, on peut citer le crocodile d’Afrique de l’Ouest et l’autruche à cou rouge (voir photo)… Et aujourd’hui encore, de nombreux mammifères, poissons et oiseaux font partie des espèces menacées.
Quelques exemples d’espèces menacées et leurs caractéristiques
Comme le mentionne Telquel dans un article dédié à la faune marocaine, la tortue mauresque est une espèce lente et vulnérable. C’est la seule tortue terrestre du Maghreb qui supporte bien le climat chaud et sec. Elle est victime du développement agricole et la construction de routes sans passages aménagés pour la faune.
Autre exemple d'espèce menacée, le singe magot est le seul primate à vivre au nord du Sahara. En 30 ans, la population marocaine de magots est passée d’environ 17 000 à 8 000 individus, et ils ne seraient plus que 3000 d’après une étude en 2009. Les estimations montrent que 300 jeunes singes sont capturés chaque année pour être exportés vers l’Europe ou exposés aux touristes. Cette espèce est également menacée par la surexploitation forestière et la diminution de la diversité végétale.
Pour protéger sa biodiversité, le Maroc a mis en place plusieurs initiatives, telles que l’élaboration de la charte environnementale, des journées nationales de sensibilisation et des conférences pour le grand public ainsi que les étudiants. Il y a également plusieurs parcs naturels pour préserver le patrimoine biologique naturel. Les principaux sont : Le parc d'Al Hoceima, le parc d'Ifrane, le parc de Souss-Massa, le parc de Tazekka et le parc de Toubkal.
Une chose est sûre, même si ce n'est pas une priorité, la population -notamment rurale- est de plus en plus consciente de la problématique de la biodiversité. Le nombre d'associations dans ce domaine ainsi que leurs actions ont permis d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur la menace qui pèse sur telle ou telle espèce. Les autorités marocaines gagneraient à appuyer ce mouvement de la société civile afin de protéger sa principale richesse naturelle : sa biodiversité.
La panthère de l’Atlas n’a pas disparu !
La Maroc avait déclaré l’extinction totale de l'espèce autochtone de panthère, chose qui vient d'être réfutée par une équipe de chercheurs espagnols. Ils ont révélé l'existence d’une colonie d’une trentaine de panthères dans un endroit inhabité de l’Atlas marocain.
Leur découverte a fait l'objet d'un ouvrage publié en mai 2010 : «El leopardo del Atlas » (Le léopard de l’Atlas) du professeur, zoologue, Francisco Purroy.
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Peut-on protéger la biodiversité et en même temps inviter des chasseurs qataris à la détruire ?
Lire : dimanche 17 octobre 2010, Destruction de la biodiversité : le Maroc invite les Qataris à chasser les oiseaux rares au Sahara Occidental (ndlr)

France : Tenir bon ! Le mouvement ne s’arrêtera pas

Par Clémentine Autain, 23.10.2010
Tenir bon ! Le mouvement ne s’arrête pas. Ça en bouche un coin à tous les arrogants qui veulent gouverner contre le peuple ou s’en mettre plein les poches sur le dos des travailleurs… Les médias annonçaient depuis quelques jours la cassure de l’unité syndicale. Raté : deux nouvelles journées d’action unitaire sont lancées, jeudi prochain et le 6 novembre. La base pousse et elle a raison. Non seulement il est insupportable de voir un gouvernement rester aussi inflexible devant l’ampleur de la contestation mais l’exaspération dépasse la seule revendication sur les retraites. Si la mobilisation est aussi forte et qu’elle reçoit un soutien aussi massif des Français, c’est que la colère et l’exaspération sont profondes.
 L’une des questions fondamentales qui émerge avec force, c’est celle de l’inégale répartition des richesses. Tant de pauvreté et de difficultés à joindre les deux bouts face à tant de profits et à une oligarchie sûre d’elle-même, c’est insupportable. Et ça s’exprime. La crise du capitalisme sert d’alibi pour baisser le niveau de l’intervention publique par une politique de rigueur qui accroît les inégalités sociales. Le climat indique que cette voie n’apparaît pas juste au plus grand nombre. Demander au commun des mortels de faire des “efforts” quand flambent, malgré la crise, les dividendes des actionnaires, c’est too much… Hier, on apprenait dans Les Echos que les sociétés du CAC 40 disposaient de 146 milliards d’euros de trésorerie à la fin juin 2010. Une manne en hausse de 5% par rapport à juin 2009, ce qui va permettre de reverser quelques généreux dividendes aux actionnaires. Pendant ce temps-là, les salaires stagnent et l’on nous demande de travailler plus longtemps !
La réalité, c’est que l’augmentation de la durée de cotisation, singulièrement dans le cadre d’un chômage de masse, va conduire à une baisse des pensions. Les gains de productivité, bien réels et fruits du travail des salariés, ne seront pas mis au service d’une amélioration des conditions de vie et d’un rééquilibrage du rapport capital/travail. Qu’on arête donc de nous dire que c’est pour sauver le système par répartition que la contre-réforme sur les retraites est en marche ! C’est au contraire la porte ouverte à la capitalisation.
Enfin, et c’est extrêmement inquiétant, la droite au pouvoir a décidé d’assortir sa position de fermeture à une offensive contre les grévistes et manifestants. Elle prépare le terrain de la violence, se frotte les mains à l’idée de dérapages, de scènes d’affrontements que l’on pourrait voir en boucle sur les chaînes de télé en lieu et place des manifestations pacifiques gigantesques et des revendications censées exprimées posément. Les lycéens ont été visés. Non seulement par un amalgame verbal entre jeunes et casseurs mais aussi, concrètement, par de graves dérapages. Je pense au lycéen montreuillois blessé à l’oeil. A Meaux et ailleurs, même histoire. Les flashballs sont de sortie. Ce matin, les gendarmes s’en sont pris aux grévistes de la raffinerie de Grandpuits en Ile-de-France. Plusieurs salariés sont blessés. Où est la démocratie ? Ce n’est pas le mouvement qui porte en germe de la violence, c’est la contre-offensive des gouvernants.
Il faut tenir bon !
source :Pour une alternative citoyenne à gauche

Sahara Occidental occupé : mal-vivre dans un campement

Par : Diaspora Sahraouie, 21/10/2010
La situation humanitaire se complique avec le mauvais temps dans le camp levé dans la banlieue de la ville d'El Aaiún (capitale occupée du Sahara Occidental, ndds). Selon des sources sahraouies, elles sont déjà 15.000 personnes clôturées par la police qui empêche l'entrée d'eau potable et de nourriture. Personne ne sait comment peut terminer cette protestation.
La situation humanitaire dans le camp levé aux environs d'El Aaiun, distant d'à peine 18 kilomètres de la ville, se complique avec le mauvais temps, comme rapporté par une source sahraouie. Le comité qui se charge de la distribution d'aliments et d'eau, créé d'une manière presque spontanée à cause des circonstances, se trouve avec un grave problème humain : le manque de tout ce qui est nécessaire et indispensable pour la vie humaine. Les puits se sèchent et l'eau n'est pas tout à fait potable, par conséquent, il est probable que le nombre de malades augmente, surtout entre la population infantile et vieille. Obtenir du lait pour les bébés est presque impossible et les mères mal alimentées n'ont pas de moyen de les allaiter.
Les pots-de-vin fonctionnent parfois avec un conducteur marocain, moyennant une quantité d'argent, qui s'engage à déplacer quelques bidons d'eau. Trois camions sont entrés mardi. On ne sait pas ce qui arrivera dans les prochains jours, et la nuit non plus, parce que l'eau n'est pas suffisante pour couvrir les nécessités d'une population de plus de 15.000 personnes qui continue d'augmenter.
Malgré le cercle imposé par la police et l'armée marocaines, qui a réquisitionné environ 45 voitures de Sahraouis qui essayaient d'entrer dans le camp, pour ceux qui conservent encore leur véhicule il est impossible de trouver du carburant, puisque dans chaque station-service il y a des sentinelles plantées pour l'empêcher.
vidéo : http://diasporasaharaui.blogspot.com/
La pluie n'a pas arrêté pendant beaucoup de nuits. Les couvertures, melhfas et des faibles matériels utilisés comme protection, sont tout de suite tombées . Quelques Khaïmas n'ont pas résisté toute la nuit et on essaie de reloger toutes les personnes qui n'ont plus de couverture. Pendant la journée, la pluie disparait par moments en donnant des petites trêves qui sont utilisées pour lever une nouvelle protection.
Tous travaillent pour la sécurité des habitants du camp. Certains s'occupent de la vigilance, pendant que d'autres distribuent le peu de vivres dont ils disposent, malgré l'angoisse  due au fait de devoir faire une longue queue pour avoir un peu d'eau. Un comité se charge de l'information et tout le monde aide.
Le premier camp a surgi d'un groupe de Sahraouis qui a décidé de protester pour le manque de travail, de logements dignes, de santé et d'opportunités pour les jeunes licenciés. Savoir que sa terre est riche en minerais, en poissons et d'autres ressources naturelles et devoir vivre dans la misère parce que le gouvernement marocain offre un travail aux colons, même récemment arrivés des différentes villes du Maroc, tandis qu'on nie à la population sahraouie le droit à tout dans leur propre terre, a provoqué un grand mécontentement, qui n'est pas nouveau, et qu'a provoqué la protestation de beaucoup de Sahraouis qui n'ont jamais vu le gouvernement marocain accomplir une seule de ses promesses.
Mais plus tard, d'autres se sont joints pour appuyer les demandes des premiers, et ensuite d'autres fatigués de voir comment, chaque jour, ses droits sont violés et la population sahraouie martyrisée, et plus tard, beaucoup d'autres qui exigent le départ du Maroc et qu'on les laisse vivre en paix, et maintenant tous revendiquant la liberté.
"Il n'y a pas de drapeaux, on aimerait pouvoir le faire, notre drapeau sahraoui, mais nous savons que si nous le faisons ils vont nous massacrer, nous ne pouvons pas permettre que tant de Saharauis meurent écrasés par l'armée marocaine, mais nous ne permettons pas non plus qu'ils s'y immiscent. C'est clair : ce que nous sommes et ce que nous demandons, nous voulons un Sahara libre", assurent-ils.
"Les conditions dans le camp sont très difficiles, c'est un travail quotidien trouver de l'eau, mais les gens se sentent plus libres ici que chez eux dans la ville, nous nous protégeons nous-mêmes et il n'y a pas de vols, ni disputes, nous sommes dans une situation dramatique pour manque de nourriture, d'eau et de médicaments, mais notre conscience est lucide et nous connaissons le motif pour lequel nous sommes venus et avons décidé de passer par ceci. D'ici nous ne bougerons pas, malgré le fait que nous voyons les policiers et savons qu'à tout moment ils vont recevoir l'ordre de nous attaquer".
C'est la description donnée par un membre du Comité organisateur avec le sentiment qu'on respire entre les milliers de Sahraouis déplacés.



vendredi 22 octobre 2010

Amnesty International : Des militants sahraouis jugés pour s’être rendus dans des camps de réfugiés


Communiqué de presse
Par AMNESTY INTERNATIONAL, 14/10/2010 
Les autorités marocaines doivent libérer immédiatement et sans condition les militants sahraouis qui sont sur le point d’être jugés à la suite de leur visite dans des camps de réfugiés gérés par le Front Polisario, affirme Amnesty International jeudi 14 octobre.


Le procès de Brahim Dahane, Ali Salem Tamek et Ahmed Nasiri débute le 15 octobre et doit se dérouler devant le tribunal de première instance de Casablanca. Les trois hommes sont accusés d’« atteinte à la sécurité intérieure » du Maroc. Amnesty International les considère tous trois comme des prisonniers d’opinion.
Yahdih Ettarouzi, Saleh Labihi, Dakja Lashgar, et Rachid Sghir, qui sont en liberté provisoire, passent eux aussi en jugement, pour les mêmes raisons.
« Le fait que les autorités marocaines poursuivent en justice ces sept personnes, parmi lesquelles se trouvent des défenseurs des droits humains et d’anciennes victimes de disparition forcée, pour s’être rendues dans des camps de réfugiés et avoir rencontré, ouvertement et en toute liberté, des responsables du Front Polisario est tout simplement inacceptable », a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.
« Brahim Dahane, Ali Salem Tamek et Ahmed Nasiri sont incarcérés depuis plus d’un an pour des actes par lesquels ils n’ont fait qu’exercer pacifiquement de leur droit à la liberté d’expression et d’association. Il est évident que les charges retenues contre eux sont motivées par des considérations politiques et elles doivent être abandonnées. Ces poursuites doivent cesser. »
Ces sept personnes ont tout d’abord été inculpées d’« atteinte à la sécurité intérieure » et à « l’intégrité territoriale » du Maroc. Cette affaire a fait l’objet d’une longue enquête, dirigée pendant près de 12 mois par un tribunal militaire, avant d’être transmise à une juridiction civile.
Les trois hommes toujours détenus sont à la prison de Salé, près de Rabat, depuis le 16 octobre 2009. Ils ont été arrêtés le 8 octobre 2009 à l’aéroport Mohammed V, à Casablanca, alors qu’ils revenaient des camps de réfugiés de Tindouf, en Algérie.
Un certain nombre de militants sahraouis, dont Brahim Dahane, Ali Salem Tamek et Ahmed Nasiri, sont victimes d’actes de harcèlement et d’intimidation pour s’être publiquement exprimés en faveur de l’auto-détermination pour le Sahara occidental, annexé par le Maroc en 1975, et pour avoir rassemblé des informations sur les violations des droits humains commises par les autorités marocaines.
Dans une déclaration transmise par sa famille, Brahim Dahane a dit : « Depuis un quart de siècle nous sommes victimes d’arrestations arbitraires, de disparitions forcées et de harcèlement à cause de nos opinions, exprimées pacifiquement. »
Le Front populaire pour la libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro (Front Polisario), qui réclame l’indépendance du Sahara occidental, dirige un gouvernement autoproclamé en exil, la République arabe sahraouie démocratique (RASD).
« Les autorités marocaines ne devraient pas traiter l’expression pacifique d’opinions politiques comme un problème lié à la sécurité nationale, comme elles le font dans cette affaire, a déclaré Malcom Smart. Elles devraient plutôt remplir leurs obligations en matière de droits humains et faire la preuve de leur engagement en faveur de l’état de droit en garantissant le droit à la liberté d’expression et d’association pour toutes les personnes qui manifestent pacifiquement leur soutien en faveur de l’auto-détermination du Sahara occidental. »
Le Front Polisario réprime lui aussi la dissidence. Le 21 septembre 2010, Moustapha Salma, un membre du Front Polisario, a été arrêté par des responsables de ce mouvement alors qu’il se rendait aux camps de Tindouf après s’être exprimé en faveur de l’autonomie pour le Sahara occidental sous autorité marocaine.
Bien que cet homme soit lui aussi un civil, c’est un tribunal militaire qui a d’abord été saisi de l’affaire. Moustapha Salma était accusé d’atteinte à la sécurité de la RASD. Selon l’agence Sahara Press Service, il aurait été libéré le 6 octobre, mais ses proches sont sans nouvelle de lui depuis son arrestation, ce qui soulève des craintes quant à sa sécurité.
Note aux rédacteurs
Cette affaire, avec ses similarités avec le cas de Moustapha Salma, démontre une fois de plus qu’il est important que la surveillance des droits humains fasse partie du mandat de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) afin de protéger les populations concernées, étant donné que les autorités marocaines et le Front Polisario s’accusent mutuellement d’exploiter les préoccupations en matière de droits humains à des fins politiques.
Les Sahraouis sont arrivés du Sahara occidental dans les camps de réfugiés de Tindouf en 1975 et 1976, après l’annexion de ce territoire par le Maroc. Le gouvernement algérien estime à 165 000 le nombre de réfugiés accueillis dans ces camps. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) vient en aide à quelque « 90 000 personnes vulnérables dans les camps ». Un cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario est entré en vigueur en 1991.
Document public
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Pour obtenir de plus amples informations, veuillez prendre contact avec le Service de presse d’Amnesty International à Londres, au Royaume-Uni ; tél. : +44 20 7413 5566 ; courriel : press@amnesty.org.
Secrétariat international, Amnesty International, 1 Easton St., Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni
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Maroc- Affaire Aicha Mokhtari : Le Premier Ministre condamné

Le tribunal administratif d'Oujda condamne l'Exécutif à verser des dommages et intérêts s'élevant à 450.000 DH (et non 450 000 000, erreur d'un article précédent) à la famille de la défunte.
Par Mohamed Badrane | LE MATIN, 16/10/2010
Le verdict est tombé dans l'affaire Aicha Mokhtari. Le tribunal administratif d'Oujda a condamné le gouvernement en la personne du Premier ministre à verser des dommages et intérêts à la famille de la défunte Aicha Mokhtari. Au total, les héritiers légaux de la défunte recevront des dommages et intérêts s'élevant à 450.000 dirhams.
«Ce jugement est une véritable source de fierté pour nous. Mais il s'agit surtout d'un hommage rendu à titre posthume à ma sœur Aicha», affirme Abdelaziz Mokhtari qui a mené un véritable combat durant trois années, frappant à toutes les portes pour sauver sa sœur. L'histoire commence lorsqu'en mai 2009, Aicha Mokhtari, encore en vie, saisit la justice. Cette femme, décédée des suites d'un cancer quelques mois après, dénonçait dans sa plainte l'inertie du ministère de la Santé à fournir l'aide nécessaire pour se soigner. Gravement malade et souffrant de douleurs atroces au niveau de son genou qui l'empêchait de dormir la nuit, Aicha devait se rendre à l'étranger pour poursuivre son traitement sur prescription de son médecin traitant. Les séances de chimiothérapie que la défunte suivait à Oujda ont eu des effets secondaires sur sa santé. Son cas nécessitait une prise en charge particulière, d'où la nécessité de partir à l'étranger. Mais ce qui devait être de simples démarches administratives de routine auprès des services consulaires français au Maroc, s'est transformé en un véritable cauchemar pour la défunte et sa famille.
Homonymie
Une affaire d'homonymie avec une ressortissante algérienne qui porte le même nom et prénom mène le consulat de la France à refuser la demande de visa. Une véritable course contre la montre s'est enclenchée par la suite pour la famille de la défunte pour la sauver. Pressés par le temps puisque sa maladie était dans un stade très avancé et sa vie de facto en danger, les membres de la famille Mokhtari ont frappé à toutes les portes au Maroc et en France pour sauver Aïcha mais en vain. Les réponses des différentes institutions françaises (présidence de la république, ministère des Affaires étrangères et celui de l'Immigration notamment) s'accordaient toutes à confirmer la souveraineté des autorités consulaires quant à l'acceptation ou le refus des demandes de visa. Les réponses des responsables marocains n'ont pas été, selon les membres de la famille Mokhtari, d'un grand soutien.
Dans leur plainte, ils reprochent au ministère de la Santé «l'inertie» et le «manque de soutien» afin de trouver une solution pour une meilleure prise en charge de la défunte. En effet, la famille Mokhatri avait saisi la Primature. Sa lettre sera transférée à la ministre de la Santé qui a répondu en affirmant, selon les documents joints à la plainte, que la défunte s'est volontairement abstenue de poursuivre son traitement aux services hospitaliers publics tout en choisissant de partir en France pour se soigner. Une version récusée par les Mokhtari qui, eux, assurent que le médecin traitant, voyant l'état de santé de sa patiente se détériorer de jour en jour, finit par lui prescrire de partir à l'étranger pour poursuivre son traitement. Les choses s'arrêteront à ce stade pour Aicha qui a rendu l'âme sans connaître la suite de cette affaire. Après sa mort, les membres de sa famille se constituent en partie civile dans le procès. «Nous avons véritablement confiance en notre justice. Ce verdict est le couronnement de trois années de combat que nous avons mené», ajoute Abdelaziz Mokhtari. A noter qu'une plainte a été déjà déposée en France pour poursuivre également le gouvernement français. «Pour ma famille, les choses ne vont pas s'arrêter à ce niveau. Nous comptons également saisir, dans les prochains jours, la chambre correctionnelle à Oujda pour poursuivre les responsables de la mort de ma sœur. Nous menons l'affaire jusqu'au bout», conclut-il.
Saisine
La famille Mokhtari a saisi de nombreux responsables marocains et français. Selon un membre de la famille, aucun des responsables marocains contactés n'a répondu à ses lettres.
Pour leur part, tous les ministres et autres responsables français contactés ont affirmé que les services du ministère de l'Immigration sont seuls responsables et souverains dans les demandes de visa. Le ministre français de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité nationale a, dans une lettre, expliqué le refus de la demande de la défunte. En effet, dans une lettre qui date du 6 mai 2008, le responsable français affirme que «Aïcha Mokhtari n'a pas fourni plusieurs pièces justificatives demandées pour l'établissement du type de visa qu'elle souhaitait (moyens de subsistance suffisants pour assurer le séjour en France et garantir le retour dans le pays de résidence, adéquation entre les documents présentés, capacité de l'hébergeant à prendre en charge l'intéressée». Un manque de pièces qui lui a valu un refus.
Repères
Etapes
L'Etat de santé de la défunte se détériore et nécessite, selon l'avis de son médecin, une prise en charge médicale à l'étranger.
La famille de la patiente a choisi l'Institut de cancérologie Gustave Roussy en France, un des centres européens les plus connus en matière de lutte contre le cancer.
Le consulat de la France à Fès refuse la demande de visa pour une question d'homonymie.
Le 15 août 2009, Aicha Mokhtari décède à Oujda sans avoir l'occasion de poursuivre son traitement.

Maroc-Affaire du colonel-major Kaddour Terhzaz : Les avocats reviennent à la charge

Par Khadidiatou Diop, Aufait Maroc, 21/10/2010
Le 28 novembre prochain, l'ancien colonel-major Kaddour Terhzaz aura passé deux ans derrière les murs de la prison de Salé pour avoir révélé “un secret de Polichinelle” de l'avis de ses avocats et “un secret défense” selon l'accusation. Aux côtés de sa famille, Me Jamai et Me Bourdon étaient mercredi à Rabat au siège de l'AMDH où ils se sont publiquement exprimés sur cette affaire.
Me. Abderrahim Jamai, avocat./DR

Avocat au barreau de Paris, Me Bourdon affichait une mine dépitée, visiblement contrarié de n'avoir pas pu rencontrer son client à son arrivée “malgré les assurances écrites et orales” qu'il dit avoir reçues.
“Je pense que c'est de la part de ceux qui ont pris la responsabilité de m'interdire de voir mon client une erreur. Il aurait été au contraire ingénieux et intelligent de me permettre de le voir pour témoigner peut-être du fait qu'il recevait les soins adaptés à un état de santé dont on sait qu'il se dégrade.”
Maître William Bourdon
De son côté, on pouvait noter de l'indignation et de la colère dans les propos et la gestuelle de Me Abderrahim Jamai qui n'a pas fait dans la dentelle pour exprimer son exaspération face à “l'acharnement” dont fait l'objet son client, le colonel Kaddour Terhzaz condamné à 12 ans de prison pour “violation du secret défense”.
Pointant le communiqué du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, daté du 16 mai dernier, qui reprochait, entre autres, à Terhzaz d'avoir “volontairement procédé à la destruction de biens publics avant de quitter le domicile de fonction que l'État avait mis à sa disposition (...). Arguant de la double nationalité de ce dernier, la famille a engagé une campagne indigne de dénaturation volontaire de la vérité”.
A propos de ce communiqué, Me Jamai s'indigne:
“Il fait l'objet d'attaques même des responsables du gouvernement. C'est honteux qu'un gouvernement puisse avancer des choses comme ça.”
Les avocats ont entamé en juin une procédure de rétractation “qui consiste à attaquer la décision de la Cour Suprême qui a confirmé le jugement du tribunal”.
Chacun de son côté et avec la famille du colonel, Me Jamai et Bourdon ont également entrepris des démarches au plus haut niveau des États marocain et français en vue de la libération du colonel âgé de 73 ans.
En France, Me Bourdon a “sollicité une rencontre avec le président Sarkozy” dans une lettre le 30 septembre dernier et attend une réponse. Me Jamai a pour sa part, avec la famille du détenu, soumis auprès du Roi une demande de grâce et ne désespère pas de la voir aboutir.
Eric Goldst
"Tous les éléments montrent que le procès du colonel Terhzaz n’était pas équitable. Les raisons de cet acharnement se trouvent en dehors du dossier d’accusation. Notre organisation demande sa libération pure et simple et l'annulation de sa condamnation.”
Sonia Terhzaz
Cependant, demander la grâce royale ne serait-il pas implicitement reconnaître la validité des charges retenues contre le Colonel-major? “Il y a des priorités” a répondu à cela Me Bourdon évoquant l'âge et l'état de santé du Colonel. Pour Me Jamai, il s'agit “heureusement” d'une institution distincte qui a le pouvoir de faire recouvrer la liberté à son client et sans délai.
Interpellée sur l'état de santé de son père, Sonia Terhzaz qui multiplie les actions en faveur de la libération de l'ancien officier, a souligné que l'état de santé de celui-ci s'était quelque peu amélioré après un été de “grosses frayeurs”.