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vendredi 9 avril 2010

Francophone Voices of the ‘New’ Morocco in Film and Print : (Re) presenting a Society in Transition

Un livre dresse l'état de la littérature et du cinéma marocains (note de lecture)
par
Anoumou AMEKUDJI, 15/2/2010. Traduit par Isabelle Rousselo, Tlaxcala


Je vous propose un résumé de Francophone Voices of the ‘New’ Morocco in Film and Print: (Re) presenting a Society in Transition, ouvrage de référence publié par l’universitaire américaine Valérie Orlando en juin 2009, aux éditions Palgrave Macmillan dans l’Etat de New York.

Dans les deux premières pages de Francophone Voices of the "New" Morocco in Film and Print : (Re) presenting a Society in Transition, le lecteur peut comprendre que Valérie Orlando a l'intention de traiter de l'histoire complète de la fiction marocaine. Afin de clarifier ses intentions, elle écrit "Ce livre évalue à quel point la littérature, la presse et le film francophones marocains reflètent les transitions socioculturelles et politiques qui ont eu lieu au Maroc depuis 1999 et depuis le couronnement de Mohamed VI (plus connu sous le nom de "M6")."

L'essai de Valérie Orlando est divisé en sept sections. Le premier chapitre "Le pouvoir de l'engagement : Ecrire sur le front de la politique et de la culture dans le nouveau Maroc", redéfinit d'abord l'idée de l'écriture engagée puisque "Etre engagé pour l'auteur maghrébin est presque synonyme d'utiliser la langue française, comme Dominique Combe l'a souligné dans son étude Poétiques Francophones…" Puis elle présente le travail de Rida Lamrini (La Saga des Puissants de Casablanca) et de Touria Oulehri (Les Conspirateurs sont parmi nous). Orlando souligne les caractéristiques dans la littérature de Lamrini de cette façon : "Les messages de Lamrini tournent autour de trois thèmes principaux qu'il défend comme les clefs pour résoudre certains des nombreux maux du pays (i) :  le besoin d'assurer le bien-être des enfants pour que les futures générations de Marocains prospèrent ; (ii) la nécessité d'une révision en profondeur de la constitution marocaine afin que le pays transite vers une forme de gouvernement plus démocratique et moins autoritaire…" Et pour Oulehri, Valérie Orlando écrit : "Le roman d'Oulehri est fondé de façon thématique sur la contestation et le fractionnement. Non seulement ses messages sont calculés pour enjoindre le lecteur à penser à la répression qui a eu lieu pendant les Années de Plomb mais elle met aussi en doute le patriarcat, notamment le "culte" de la personnalité tyrannique d'Hassan II qui a régné sur le Maroc pendant presque quarante ans."
Le deuxième chapitre met l'accent sur les films et les romans écrits par ou sur des gens qui étaient incarcérés par le gouvernement. La préface donne au lecteur un aperçu du contenu de ces comptes-rendus écrits et visuels. Le commentaire suivant illustre parfaitement ce chapitre : "A travers les filtres de la mémoire et la révision de l'histoire, ils révèlent certains des détails les plus obscurs des Années de Plomb, un passé séquestré dans la psyché nationale du Maroc." Valérie Orlando est plus précise en ce qui concerne la description des romans de cette nouvelle école, comme "Le Couloir : Bribes de vérité sur les années de plomb", "La chambre noire". Elle déclare à propos de ces romans : "Leurs histoires offrent des révélations sur l'oppression générale du peuple marocain dans les années 1970 par rapport à l'incapacité électorale, à la liberté d'expression et au droit de se réunir. Malgré l'oppression et les efforts calculés du régime pour supprimer les groupes communistes, les témoignages révèlent un combat pour promouvoir une idéologie universelle liée à d'autres pays frontaliers."
Les défis auxquels font face les femmes marocaines au quotidien sont le sujet du troisième chapitre intitulé : "Éditer des femmes : les voix féminines des activistes sociaux". Concernant ces défis, l'auteur fait allusion non seulement aux problèmes familiaux mais aussi aux contraintes religieuses et traditionnelles qui empêchent le développement de ces femmes. Afin de traiter de ces défis, elle étudie des œuvres comme Le Corps dérobé de Houria Boussejra et Oser Vivre de Siham Benchekroun. La conclusion à laquelle elle arrive au sujet des oeuvres de ces auteurs est que "Ces femmes ont brisé le silence des Années de Plomb muselées pour écrire de vrais "testimonios" (témoignages) comme l'ont fait leurs consœurs hispaniques au Chili et ailleurs en Amérique latine."
Les questions liées à la sexualité et au genre jouent un rôle primordial dans la quatrième partie du livre, intitulée "Sexualité, Genre et le roman homo-érotique du Nouveau Maroc". Selon le professeur Orlando, les auteurs marocains qui adoptent ce type de littérature ont un objectif spécifique : " Ils incitent le lecteur à penser au genre, à la liberté sexuelle et à l'émancipation autant des hommes que des femmes par rapport aux chaînes du traditionalisme inhérent à la société marocaine". Le cinquième chapitre de l'ouvrage d'Orlando est une grosse partie dédiée à l'impact du journal Tel Quel sur la société marocaine moderne. En quelques mots, Orlando explique le rôle de Tel Quel : "Tel Quel regarde avec voyeurisme, à travers le miroir de sa propre société afin d'exposer l'injustice et encourage ensuite la réflexion tout en essayant d'éviter le dogmatisme."
La thématique développée dans le sixième et avant-dernier chapitre est proche de celle examinée dans le chapitre précédent. Intitulé "L'individu humaniste dans le Maroc contemporain", Valérie Orlando y analyse le corps de l'œuvre d'auteurs tels que Souad Bahechar (Le Concert des Cloches) et Mahi Binebine (Cannibales). Elle conclut : "Ils ont établi les narrations de leurs romans sur un terrain neutre afin d'essayer de trouver une négociation entre les visions contradictoires de l'Orient et de l'Occident, les jeunes et les vieux, le traditionnel et le moderne."
Orlando conclut son livre sur la société marocaine moderne avec "Le Maroc sur les écrans : le cinéma dans le nouveau Maroc". Dans cette section, Orlando sous-entend que le "nouveau" cinéma marocain révèle des questions qui apparaissent comme tabou et qui mènent ses auteurs à la prison. Pour défendre ses arguments, elle cite des films comme "J'ai vu tuer Ben Barka", "Le Grand voyage", "Les yeux secs" et "Marock" qui parlent des aspects sérieux de la vie politique dans le royaume ainsi que de pertinentes questions de société comme la marginalisation des femmes dans la campagne marocaine.
Le livre « Francophone Voices of the New Morocco in Film and Print : (Re)presenting a Society in Transition" apporte assurément un souffle d'air frais, en particulier pour la recherche sur les différents types de littérature marocaine et de cinéma marocain. Comme il contient des bases très récentes de recherche sur un sujet souvent traité, il est ainsi important de lire et de partager son contenu non seulement avec des étudiants mais aussi avec d'autres chercheurs qui travaillent sur le même thème, des journalistes et des critiques.

Solidarité avec Elghalia, soeur de Zahra Boudkour, victime de répression

Par Ali Fkir, 8/4/2010
- Condamnons la répression dont sont victimes la militante Zahra Boudkour et ses camarades.
- Exprimons notre solidarité avec les victimes de l'arbitraire
- Exprimons notre solidarité avec les familles des prisonniers politiques en général et avec Elghalia, la soeur de Zahra, en particulier .

--- En date de : Jeu 8.4.10, Ghassan Kanafani a écrit :
شقيقة المعتقلة السياسية زهرة

إخبار للرأي العام الوطني والدولي
احتجاجا على الترحيل القسري لمجموعة زهرة بودكور والتشتيت الممنهج لهم
احتجاجا على ماتتعرض له مجموعة زهرة بودكورمن استفزازات،سب وتهديد من طرف ادارة السجون.
تضامنا مع شقيقتي الصغرى ورفاقها سأخوض إضرابا إنذارياعن الطعام لمدة48ساعة وذلك يومي السبت والأحد١٠ ـ ١١أبريل 0 1 0 2وذلك بمقر المكتب المركزي للجمعية المغربية لحقوق الانسان بالرباط

الغالية بودكور

jeudi 8 avril 2010

Casablanca : Un face à face inédit

Par Ali Fkir, 8/4/2010
Au cours de leur AG de dimanche 4 avril 2010 au siège d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (la Voie démocratique:la VD), les sans-droits au logement salubre ont fixé un nouveau plan de lutte.
Le lundi 5 avril 2010, le camarade Mohammed Abounasr coordinateur du "COMITE DE SUIVI DU DOSSIER DE L'HABITAT A CASABLANCA" fut informé que le "Conseil de la ville de Casablanca"  accepte (enfin) de rencontrer les représentant-es du mouvement des sans-logements salubres.
Le mercredi 7 avril 2010, les représentant-es des victimes de l'exclusion, se sont retrouvé-es au sein du siège d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (la VD). Un comité de négociation a été constitué: 15 représentant-es des quartiers populaires et 3 militants des droits humains dont le coordinateur du "COMITE DE SUIVI...", le camarade Mohammed Abounsr, et le président de l'AMDH-section de Casablanca, le camarade Abdellatif Adchiche.
La réunion avec le conseil de la ville de Casablanca aura lieu le vendredi 9 avril 2010.
Rappelons que jusqu'à présent toutes les parties concernées par ce dossier refusaient de dialoguer avec les représentant-es (les vrai-es) des quartiers populaires, prétextant que "ces gens ont leurs élus et que seuls ces derniers sont habilités à discuter avec les autorités et autres organismes concernés par les problèmes de l'habitat".
Première victoire des sans-droits.
C'est la première fois qu'ils ont pu désigner démocratiquement leurs vrai-es représentant-es. 
Souhaitons que toutes les parties concernées par les problèmes de l'habitat prennent au sérieux les revendications des sans-logements salubres et s'engagent à trouver des solutions adéquates.
LA SOLIDARITÉ NOUS INTERPELLE
NB: le côté comique de cet événement c'est de voir le face à face entre les vrai-es représentant-es des sans-droits de citoyenneté et des créatures enfantées par des mascarades makhzaniennes, et que celles-ci ne pourront dire que ce qu'on leur souffle de derrière le rideau du ministère de l'intérieur... 

Opération « 5 000 mercis pour continuer notre combat contre le nucléaire »

20€  pour continuer notre combat contre le nucléaire »
Par : Le réseau Sortir du nucléaire
Chères amies, chers amis,
Vous appréciez le travail indispensable mené par le Réseau « Sortir du nucléaire » depuis 12 ans. Face à un lobby opaque et puissant, 881 associations très diverses bataillent ensemble au quotidien. Ce Réseau, c'est le vôtre.Nous vous devons donc la vérité : le Réseau connaît actuellement de très graves difficultés financières qui pourraient remettre en question son existence.
La lutte antinucléaire est une lutte citoyenne : elle vit uniquement de l'engagement et des dons de milliers de particuliers, sans aucune subvention.
Nous avons besoin de recevoir rapidement l'équivalent de 5 000 dons de 20 € pour que nous puissions continuer notre lutte commune contre le nucléaire.
Si vous êtes imposable, un don de 20 € ne vous coûtera en réalité que 6,80 € après déduction fiscale. Bien sûr, selon vos moyens, un don même de quelques euros est également bienvenu.
5000 MERCIS!
Soutenez nos actions, faites un don sécurisé par carte bancaire en cliquant maintenant sur : http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/5000mercis.html 
Vous pouvez également :
- envoyer un chèque à : Réseau "Sortir du nucléaire" - 9 rue Dumenge 69317 Lyon Cedex 04 - Chèque à l'ordre de "Sortir du nucléaire".
- autoriser un prélèvement automatique sur votre compte pour nous aider dans la durée (imprimez l'autorisation de prélèvement en pièce jointe).
- faire un virement direct sur le compte du Réseau (voir le RIB et IBAN en pièce jointe)
VOTRE réseau indépendant maintient fermement son engagement radicalement antinucléaire.
Merci à toutes et à tous pour vos 1 330 premiers dons de 20 €. 
Il manque encore 3 670 dons de 20 € pour que le Réseau puisse continuer son action.

Lisez plus d'information ci-dessous.
Nous agissons avec force et détermination pour un monde sans nucléaire. Nous vous invitons à consulter la liste de nos nombreuses actions présentes et à venir, ainsi que des explications sur notre situation financière, en cliquant sur "Pour en savoir" dans le lien suivant : http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/5000mercis.html
Nous avons besoin de votre soutien aujourd'hui pour poursuivre cette aventure fédératrice unique qu'est le Réseau "Sortir du nucléaire" : rassembler un maximum de groupes, de citoyens, de sensibilités, de luttes... pour sortir du nucléaire au plus vite !
Nous vous remercions chaleureusement pour votre indispensable soutien !
5000 MERCIS !
Toute l’équipe du Réseau "Sortir du nucléaire"
(les administrateurs bénévoles et les salariés)
Merci à toutes et à tous pour vos 1 330 premiers dons de 20 €.
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MERCI DE DIFFUSER TRES LARGEMENT CE MESSAGE A TOUS VOS CONTACTS
par courriel et par les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, ...)

Maroc -Répression contre les ouvriers de SMESI qui reprennent la lutte

Par Ali Fkir, coordinateur du CSOS, 8/4/2010
Après l'initiative du gouverneur de la province de Khouribga qui a consisté en la reconnaissance du bureau syndical et à l'ouverture des discussions directes avec ce bureau, les ouvriers de SMESI licenciés abusivement par l'OCP avaient suspendu provisoirement leurs sit in et marches de protestation. Mais devant les tergiversations des représentants de l'Etat, les prolétaires ont essayé d'organiser le jeudi 1er avril un nouveau sit in mais ils furent victimes d'une répression sauvage: 24 prolétaires ont été hospitalisés.
Le gouverneur ( accompagné d'autres fonctionnaires de l'Etat) de Khouribga a repris ses démarches et a rencontré le bureau syndical cette semaine pour leur annoncer que pour travailler il faut passer par les sociétés d'intérim et cela dans le cadre du CDD. Ainsi le gouverneur remet le conflit à la case de départ.
Rappelons que ces 850 ouvriers ont ont été recrutés par la SMESI (filiale 100% de l'OCP), travaillé des années dans le groupe et se retrouvent aujourd'hui dans la rue après avoir adhéré à l'UMT, et réclamé leur intégration et titularisation selon la loi en vigueur.
Les prolétaires, victimes de l'arbitraire de l'OCP et de la complicité de l'Etat ont décidé de reprendre le flambeau de la lutte.
Nous condamnons les tergiversations des représentants de l'Etat et la connivence OCP-Etat
Nous lançons un appel à tous les défenseurs des causes justes, à tous les amis des travailleurs de reprendre le drapeau de la solidarité.
LA SOLIDARITE NOUS INTERPELLE !

Burqa, «Pas d'accord avec le Conseil d'Etat»


Par AM Le Pourhiet: Le Journal Marianne, 8/4/2010
Dans une interview donnée à des étudiants, Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public à l’Université Rennes 1, s’élève contre l’avis du Conseil d’Etat, aussi ambigu et pervers que celui qu’il avait donné sur le voile en 1989, aboutissant à retarder de quinze ans une législation finalement bien acceptée.
Selon vous la Burqa est-elle une atteinte à la liberté de la femme ou bien rentre telle dans la liberté individuelle de se vêtir ?
Il n’y pas de « liberté de la femme » distincte de celle de l’homme en l’occurrence.
C’est la « dignité » de la femme qui a souvent été invoquée par les féministes dans cette
affaire de burqa, mais c’est une notion morale dont la subjectivité est telle qu’il faut la laisser hors du champ juridique. Les jeunes femmes qui se promènent les fesses à l’air avec le string qui dépasse du jean lacéré pourraient aussi se faire reprocher leur indignité et que dire de tous ceux ou celles qui exhibent des piercings monstrueux ?
Il est admis, et je n’en doute absolument pas, que les femmes qui portent la burqa le choisissent délibérément pour la plupart et n’y sont nullement contraintes. Peut-être s’agit-il de faire plaisir à leur homme mais si je porte une jolie robe pour sortir et que je me parfume c’est aussi pour plaire à un homme. On ne va tout de même pas se livrer à des expertises psychologiques pour savoir pourquoi certaines femmes aiment en montrer le plus possible et d’autres le moins. Le discours féministe est parfois bien proche de celui des intégristes.
Il est admis aussi par tous les spécialistes de l’Islam que la burqa n’est absolument pas un signe religieux, il ne s’agit donc pas non plus d’un signe extérieur de croyance, d’une manifestation de foi religieuse. J’y vois plutôt une attitude de revendication identitaire comme le fait de vouloir parler breton dans la vie publique, ou de s’habiller « gothique »…

Au nom de la sécurité et de la protection de l’ordre public, pensez-vous qu’il est utile, voire nécessaire de réglementer ou interdire le port de la burqa ?
Oui, c’est une affaire d’ordre public et rien que cela, laissons tomber la dignité et la liberté religieuse qui ne sont pas en cause. Nous sommes en présence d’une façon « extrême » de se vêtir qui choque la population française d’une part et qui pose un réel problème de sécurité d’autre part. Il y a d’abord un problème de moeurs : ces êtres fantômes qui ressemblent à celui que le feuilleton « Belphégor » décrivait autrefois dans le musée du Louvre, font peur et impressionnent la population française.
Comme on n’admet pas qu’une personne se promène nue dans la rue, notre civilisation ne peut non plus supporter des personnes qui n’existent pas physiquement. Je me suis trouvée récemment dans un grand magasin de Londres à côté de deux individus (qui me dit que ce sont des femmes, puisque même les mains sont gantées ?) en burqa et m’en suis éloignée spontanément parce qu’ils me gênaient et m’indisposaient terriblement.
Je vois dans cette provocation une atteinte à ce que nous appelons traditionnellement les bonnes mœurs. On ne choque pas délibérément une population. Je vous renvoie à la jurisprudence abondante en la matière. On peut prescrire des uniformes à des salariés du secteur public ou privé, interdire de venir travailler en short et tongs, ou de rentrer torse nu ou en slip dans un commerce, on doit aussi, bien sûr, pouvoir interdire une tenue qui choque profondément la majorité des gens d’un pays.
Il y a ensuite un problème d’ordre public matériel manifeste dans la mesure où vous ne pouvez absolument pas identifier ces individus. Le braquage récent d’une banque par deux hommes en burqa qu’un employé a laissé passer dans le sas d’une succursale d’Athis-Mons résume à lui seul la menace évidente pour la sécurité publique que représente cet accoutrement (Le Monde, 9 février 2010). L’employé a sans doute voulu éviter de se faire accuser de discrimination religieuse et a eu la sottise de les faire entrer. Mais rien ne me disait aussi, à Londres, que les femmes (ou hommes) qui m’entouraient ne cachaient pas une arme ou n’avaient pas l’intention de fourrer de la marchandise volée sous leur voile en se disant qu’un agent de sécurité n’oserait pas les fouiller au nom du respect d’Allah.
Un député a voulu récemment aussi interdire les capuches sur la tête qui sévissent dans une certaine jeunesse et cela se rapporte également à une question de sécurité évidente. Lorsque vous êtes témoins d’une agression ou d’un accident on vous demande de donner le signalement de l’individu, mais ici vous décrivez quoi ou qui ? Ni le sexe, ni l’âge, ni la corpulence ni la longueur, ni la couleur des cheveux ne peuvent être décrits, ni le front, ni le nez, ni les mains, rien, absolument rien.
Quant à l’idée d’interdire uniquement dans les services publics, c’est bien gentil mais comment nos femmes en burqa vont-elles savoir manier les critères du service public que les étudiants en droit administratif ont déjà du mal à identifier ? Elles ne vont pas trimbaler le Chapus sous leur voile pour savoir si une banque, une poste, un bus ou une infirmerie sont un service public ou pas. Et on ne peut pas non plus les contraindre à s’habiller et se déshabiller toute la journée selon le lieu qu’elles fréquentent. Il est clair qu’une interdiction dans tous les lieux publics (au sens de « ouverts au public ») s’impose.
Les députés ont peur du Conseil constitutionnel ou de la Cour européenne des droits de l’homme mais ces juges n’ont jamais eu à trancher une question de ce type et leur appréciation de la conciliation entre l’ordre et de liberté n’a, en tout état de cause, pas plus de légitimité que celle des représentants de la nation. Un parlement d’une nation souveraine ne peut pas vivre dans la hantise du gouvernement des juges, il doit savoir s’affirmer. Sinon il faudra un référendum.

Aujourd’hui le débat commence en Angleterre, pensez-vous qu’il pourrait prendre la même ampleur?
L’Angleterre a une tradition de primauté de la liberté individuelle et de multiculturalisme débridé qui l’a conduite à laisser se développer une situation qu’elle va regretter. Il y a déjà eu un jugement d’une cour d’appel britannique interdisant d’interdire la burqa … à l’école ! Mais si Westminster décide finalement de légiférer, aucun juge ne peut censurer le parlements souverain outre-manche même sur le fondement de la Convention européenne des droits de l’homme. Le juge peut éventuellement « constater une incompatibilité » avec la Convention, rien de plus. Heureux peuple que celui-là !

32 prisonniers politiques Sahraouis en grève de la faim, sous le régime marocainap-

Par APSO, 3/4/2010
On se souvient des longs jours de grèves de la faim d’Aminatou Haidar en novembre et décembre 2009 et de son courage internationalement salué pour le respect de ses droits.
On se souvient de l’arrestation rocambolesque de 7 responsables d’organisations Sahraouies des droits de l’homme à Casablanca en octobre 2009, à leur retour des campements de réfugiés où ils avaient visité leurs familles, et de leur mise sous régime d’inculpation militaire.
Après avoir subi des conditions de détention inqualifiables, qui ont conduit la seule femme du groupe à de graves désordres psychologiques, et à sa liberté provisoire, 5 d’entre eux sont en grève de la faim illimitée depuis le 18 mars 2010. Ils demandent à être libérés, puisque leur détention est sans fondement, ou à être jugé immédiatement.
Aujourd’hui, s’ajoutent à ceux-ci 19 prisonniers politiques Sahraouis incarcérés à Tiznit, 6 à El Aaiun et 3 à Marrakech.
Ces hommes, maintes fois torturés, maltraités et humiliés par le régime marocain, pour leurs opinions et leur attachement au respect du droit international à la décolonisation de leur pays, risquent encore une fois leur vie. Ils nous rappellent par leur courage ce principe universel et sans appel de la primauté des droits de l’homme et du respect du droit établi sur les intérêts mercantiles ou matériels.
Voilà la note d’information émise le 1er avril par l’association sahraouie des victimes des violations des droits de l’homme, l’ASVDH.
Prison de Salé.
État de santé des 5 détenus politiques Sahraouis incarcérés dans la prison de Salé - nord de Rabat et en grève de la faim depuis le 18 mars.
Détérioration générale : léthargie chronique, déshydratation, étourdissements, douleurs dans le dos, douleur arthritique et chute de pression artérielle.
À environ 3h du matin, M. Brahim Dahan, Président de l’ASVDH, a perdu conscience, suite à de violentes douleurs à l'estomac, conséquences de son ulcère.
Ahmed Naasiri, président du comité des droits de l’homme de Smara, se plaint de douleurs sévères au niveau du cœur, et d’accélération du nombre d'impulsions. Sa pression artérielle est de 9 / 11.
Ali Salem Tamek, vice-président du CODESA, souffre d'essoufflement, de manifestations asthmatiques et de vomissements aigus.
Yahdih Tarouzi, militant des droits de l’homme, souffre de douleurs sévères au niveau du cœur et de l'intestin.
Rashid Sghayer, membre du comité contre la torture, se plaint de douleurs sévères au niveau des articulations. Sa pression artérielle est faible, 7 / 11.
Prison de Tiznit
Dans la prison de Tiznit au sud du Maroc, les19 prisonniers politiques Sahraouis en grève de la faim depuis les 20, 21 et 22 mars, poursuivent leur action malgré les intimidations de l'administration pénitentiaire.
Celle-ci les menace de les séparer et de les transférer dans d'autres prisons s’ils continuent leur grève.
Parmi eux certains présentent des complications sanitaires importantes.
Le prisonnier politique Sahraoui Mustafa Abdel-Dayem souffre d’une forte pression artérielle de 16/10.
M. Brahim Khali Mghaimima, Mahmoud Aboulkacem, Mahmoud Berkaoui et Ismaili Bachir souffrent des complications d’inflammations de la vésicule biliaire et d’insuffisance rénales, conséquences de précédentes grèves de la faim.
Le prisonnier politique Takkiou Allah Fakou Allah souffre de tachycardie et a été transféré à l'infirmerie de la prison.
Prison noire, El Aaiun
Dans la prison noire (Carcel Negra ) de El-Aaiun - Sahara occidental, les 6 détenus politiques Sahraouis entrent aujourd’hui dans une grève de la faim d’avertissement de 48 heures pour protester contre leurs conditions de détention.
Prison Boulmharez à Marakech
Les 3 prisonniers politiques Sahraouis de la prison Boulmharez à Marakech entrent dans une grève de la faim d’avertissement de 72 heures en solidarité avec les grévistes de la faim de la prison de Salé et Tiznit.

Affaire Terhzaz : rassemblement à Paris

Par Ayad Ahram, pour le collectif, 27/3/2010

A l’appel du collectif « Libérez Kaddour Terhzaz », soutenu par plusieurs associations de défense des droits de l’Homme, un rassemblement a été organisé le samedi 27 mars 2010 devant l’ambassade du Maroc à Paris.
Les participants se sont d’abord retrouvés à 15 h sur le parvis des droits de l’Homme à Trocadéro. Ils se sont ensuite dirigés dans une marche vers l’ambassade (150 mètres plus loin) en brandissant des banderoles réclamant la libération du colonel major Kaddour Terhzaz.
Devant l’ambassade, la famille Terhzaz a pris la parole pour remercier les associations participantes au rassemblement et a rappelé toutes les initiatives et les actions entamées pour faire pression sur les autorités marocaines afin d’obtenir la fin du calvaire de Kaddour Terhzaz. Annie Delay a ensuite lu un passage d’un communiqué qu’Amnesty International avait publié sur cette affaire et dans lequel l’ONG considère que l’arrestation de Kaddour Terhzaz a un caractère arbitraire au sens des instruments internationaux en matière des droits de l’Homme. Eric Goldstein était également présent. Il a fustigé dans son intervention au nom de HRW l’instrumentalisation de la justice au Maroc. Il a rappelé la lettre que son organisation a adressée au roi du Maroc pour lui demander la libération de Kaddour Terhzaz.
Ayad Ahram a pris la parole au nom du collectif organisateur pour dire son soutien à la famille. Il est revenu sur tous les aspects de l’arrestation et du procès intenté à Kaddour Terhzaz. Il a rappelé la demande d’audience faite à l’Ambassadeur et qui est restée sans réponse malgré les plusieurs relances. Pour le collectif, Kaddour Terhzaz est un détenu d’opinion qui est victime de l’arbitraire. Son procès était expéditif sans garantie de droits.
Pour plus d’information sur cette affaire, vous pouvez consulter le site www.sauver-kaddour-terhzaz.org

Affaire Belïraj : la défense des prisonniers politiques se retire


Les détenus entament une grève de la faim
Par ASDHOM, Bureau exécutif, Paris, 31/3/2010
Le procès en appel du groupe Belïraj qui se déroule au tribunal d’appel de Salé, a connu un tournant significatif le mercredi 17 mars 2010. La défense des six prisonniers politiques du groupe (Mohamed El Marouani, Abdelhafid Sriti, Mohamed Amine Raggala, Al Mostapha El Moâtassim, Laâbadla Maelâinin et Hamid Najibi qui a recouvré sa liberté le 19 février après avoir été condamné à deux ans de prison ferme) a décidé de se retirer du procès. Rappelons que la défense était constituée des bâtonniers Abderrahman Benamer, Abderrahim Jamaï, Abderrahim Ben Barka et des avocats Khalid Soufiani et Mustapha Erramid.
Dans son communiqué qu’elle a rendu public pour annoncer son retrait, on peut lire l’indignation de la défense. Elle considère qu’elle a désespérément essayé tout au long de ce procès « d’apporter un peu de lumière dans ce qu’elle estime être un long tunnel sombre et sans issue ». Tous ses droits ont été ignorés et bafoués. Toutes ses demandes, que ce soit sur la forme ou sur le fond du dossier, ont reçu une fin de non recevoir. Elle est convaincue que tout était joué d’avance. Le groupe était déjà condamné quoi qu’il arrive.
La défense a dénoncé dans son communiqué tous les aspects négatifs qui ont entaché le procès : manque flagrant de garanties, absence totale de transparence, dépendance de la justice, pression accrue du ministère de l’Intérieur, impossibilité de consulter le dossier dans son intégralité, etc.
Elle estime que tout a été fait pour la décourager et l’empêcher de faire son devoir de défense. Elle en avait assez de cette mascarade. Elle en appelle à l’opinion nationale et internationale ainsi qu’aux organisations de défense des droits de l’Homme pour faire pression sur les autorités marocaines afin de les amener à revenir sur cette injustice.
Les prévenus ont bien saisi la portée de la décision de leur défense. Ils ont également décidé de quitter le procès.
Dix sept détenus ont même entamé une grève de la faim à partir du lundi 22 mars pour protester contre les conditions dans lesquelles s’est déroulé leur procès et réclamer leur libération. Nous venons d’apprendre qu’en plus de sa grève de la faim, le prisonnier politique Laâbadla Maelâinin a entamé une grève de la soif pour protester contre le traitement dégradant et inhumain qui lui a été infligé le 31 mars quand il a voulu assister à l’audience du procès. Leurs familles craignent le pire. Elles ont publié un communiqué de soutien et appellent l’opinion à se solidariser avec les leurs.
La famille du détenu d’opinion Sriti a, quant à elle, décidé d’entamer une grève de la faim ouverte et tournante jusqu’à ce que la vérité éclate et que son fils retrouve sa liberté et sa dignité.
L’Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM) qui suit ce procès avec attention, a déjà interpellé le ministre de la justice au Maroc en lui adressant le 24 février 2010 une lettre accompagnée d’un dossier complet sur cette affaire. Elle apporte tout son soutien au groupe, à ses familles et à sa défense. Elle réitère sa demande avec insistance pour que les droits du groupe et de sa défense soient respectés. Elle rappelle que le Maroc a des engagements en matière des droits de l’Homme et qu’il se doit de les honorer s’il ne veut pas être mis à l’index.
asdhom@asdhom.org

MAROC Deux ans de prison ferme pour avoir dénoncé un trafic de cèdre

COMMUNIQUE DE PRESSE
Par REPORTERS SANS FRONTIERES, 31/3/2010
Mohamed Attaoui, correspondant du quotidien arabophone Al-Monataf, président de l’Association avenir pour le cèdre et le mouflon et fonctionnaire dans la commune rurale de Tounfite, a été condamné le 22 mars dernier à deux ans de prison ferme par le tribunal de Midelt (Atlas oriental, au sud-est de Rabat) officiellement pour avoir extorqué la somme de 1000 dirhams (environ 90 euros).
Il semble évident que l’arrestation de Mohamed Attaoui le 8 mars 2010 est le résultat d’un coup monté. Son interpellation coïncide avec la publication d’un article dans le quotidien arabophone Al-Monataf, le 16 février 2010, et d’un communiqué de presse, le 14 janvier, dans lesquels il dénonçait la « mafia du cèdre ». Son arrestation intervient également trois jours avant que son association se porte partie civile dans un procès contre des responsables de cette mafia.
Mohamed Attaoui paie aujourd’hui son engagement militant pour l’environnement. Il a entamé une grève de la faim le 29 mars pour dénoncer son arrestation.
L’Association avenir pour le cèdre et le mouflon, fondée en 2006, organise des colloques et publie des communiqués de presse « pour dénoncer et sensibiliser l’opinion publique face au gaspillage de la richesse que représente le cèdre », a déclaré Mohamed Attaoui à Reporters sans frontières, depuis sa prison de Midelt.
Dans ses écrits récents, le journaliste et militant a décrit de manière précise et détaillée la contrebande du bois du cèdre par des responsables des communes rurales de la région de Midelt, avec la complicité de la gendarmerie et de l’Office national des Eaux et Forêts. Le cèdre est une espèce protégée au Maroc.
« Les mafieux coupent ces arbres centenaires pour leur valeur : un mètre cube de ce bois peut aller jusqu’à 20 000 dirhams (1790 euros). Et généralement, le trafic se fait de nuit. Les camions transportent jusqu’à 20 m3 chacun, a expliqué Mohamed Attaoui. « Dans la nuit du 11 au 12 février 2010, sept camions sont passés. Avec chacun 20 m3 de bois. Vers 4 heures du matin, un faux barrage composé de trois gendarmes de Tounfite, le capitaine des Eaux et Forêts de Tounfite et le chef du district de Tounfite a arrêté le septième camion transportant 20m3 de bois, histoire de camoufler le trafic et montrer un semblant de répression à l’égard des trafiquants. Seul le chauffeur a été arrêté, les autres trafiquants se sont évaporés. Le chauffeur a versé la somme de 50 000 dirhams (4470 euros) pour que la gendarmerie et les Eaux et Forêts modifient leurs procès-verbaux, qui aujourd’hui mentionnent que le camion ne transportait que 1,5m3 de bois. Et une partie du bois a été transférée, le 12 février au matin, à Taghouchet , situé à 7km de Tounfite par deux gendarmes et le responsable des Eaux et Forêts du district de Bouadine. Or à Taghouchet, des ouvriers ont vu les gendarmes décharger le camion. Ils ont pris des photos et m’ont appelé. A 10 heures, j’étais sur place. J’ai aussitôt appelé mon journal et d’autres journalistes pour qu’ils viennent constater le détournement de bois. Le 16, mon article est sorti. »
« Le 8 mars, j’ai été arrêté, quasiment kidnappé par trois gendarmes, m’accusant d’avoir voulu extorquer de l’argent au responsable des Eaux et Forêts de Bouadine. L’explication est simple : je suis technicien spécialisé, troisième grade, dans la commune de Tounfite. J’ai passé un examen professionnel pour changer de grade. J’avais réussi les écrits, mais il me fallait encore passer l’oral. J’ai dit au responsable des Eaux et Forêts de Bouadine qui m’avait donné des infos sur le trafic que ma situation était difficile pour le moment, d’autant que j’avais reçu une convocation le 6 mars pour un oral le 19 mars à Meknès ou à Rabat. Il m’a donné 1000 dirhams pour me rendre à l’examen. Mais il a ensuite porté plainte contre moi pour extorsion auprès du procureur le lundi 8 à 16 heures 30. La gendarmerie m’a arrêté deux heures plus tard. »
« L’Association avenir pour le cèdre et le mouflon avait rédigé un rapport sur le trafic de bois. Elle s’était constituée partie civile dans le procès du chauffeur, qui devait être entendu par le procureur le 11 mars. Etrange coïncidence, j’ai été arrêté le 8, avant. Heureusement que j’avais reçu la convocation pour l’oral. C’était bien la preuve qu’ils ont voulu me tendre un piège. Sans compter les enregistrements que j’avais réalisés de mes conversations avec le responsable des Eaux et Forêts de Bouadine. »
Mohamed Attaoui a exprimé son intention de faire appel de cette condamnation à deux ans de prison ferme. Il devrait être transféré à la prison de Meknès le 1er ou le 5 avril. Une fois à Meknès, il sera informé de la date de son procès en appel.
Par sa grève de la faim, il réclame le droit à un procès équitable. Il demande aussi que soit ouverte une enquête sur ce qu’il qualifie d’enlèvement par la gendarmerie. Il exhorte les autorités également à enquêter sur le trafic de cèdre qu’il a maintes fois dénoncé.
« A la fin de chacun de ses communiqués, l’Association avenir pour le cèdre et le mouflon fait référence au travail de la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l'Environnement. Aujourd’hui, nous demandons son soutien dans cette affaire », a conclu Mohamed Attaoui.
Français: http://www.rsf.org/Deux-ans-de-prison-ferme-pour.html
Arabe: http://arabia.reporters-sans-frontieres.org/article.php3?id_article=31704
Soazig Dollet ( سوازيك )
Bureau Afrique du Nord & Moyen-Orient / North Africa & Middle-East Desk
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"N'attendez pas qu'on vous prive de l'information pour la défendre"


mercredi 7 avril 2010

Sahara Occidental : la France reniera-t-elle encore ses valeurs ?

Par Apso, 7/4/2010
Alors que le Sahara Occidental est la dernière colonie d’Afrique.
Alors que l’ONU discute le renouvellement du mandat de la Minurso au Sahara Occidental.
Alors que cette mission dont l’objet principal depuis près de 19 ans est l’organisation d’un référendum d’autodétermination pour le peuple Sahraoui.
Alors qu’aucun pays au monde ne reconnaît la souveraineté du colonisateur marocain sur le Sahara occidental qu’il a envahi par la force en 1975, avec la Mauritanie (retirée en 1979).
Alors que la communauté internationale salue et récompense le courage pugnace des défenseurs des droits de l’homme qui sont quotidiennement violentés, torturés… par les autorités marocaines.
Alors que les autorités marocaines pratiquent le viol ou la menace de viol sur les hommes et femmes Sahraouis, pour détruire leur capacité de résistance par l’impact psychologique qui en résultera.
Alors que le Maroc use à chaque minute et officiellement d’un vocabulaire et comportement moyenâgeux, ou certains sont « traîtres », d’autres « rallient la mère patrie ».
Alors que le Maroc entrave les visites familiales, mesures de l’accord Onusien.
Alors que les Sahraouis en visite familiale subissent, sous les yeux de l’ONU, la pression de l’omniprésence des forces de sécurités marocaines.
Alors que des militants libres et fiers de leurs paroles subissent dans le même cadre, les manœuvres et propositions financières mirobolantes pour annoncer publiquement leur « marocanité ».
Alors que des colons Marocains, déguisés en Sahraouis, agressent les défenseurs des droits de l’homme et frappent les femmes.
Alors d’Aminatou Haidar a fait 32 jours de grève de la faim pour rentrer chez elle, et n’a retrouvé sa famille que grâce à la pression internationale et l’intervention directe, notamment de la France sur l’autorité coloniale du Maroc.
Alors qu’aujourd’hui 36 détenus Sahraouis, emprisonnés par les autorités Marocaines pour leurs avis politiques sont en grève de la faim illimitée et revendiquent le respect de leurs droits élémentaires, à être jugés par exemple.
Le rapport du secrétaire général de l’ONU ne peut décemment ignorer ces faits gravissimes.
La France, amnésique de son histoire, va-t-elle une nouvelle fois renier ses valeurs, s’isoler sur le plan international, et soutenir le colonialisme comme en 2009, en empêchant que la mission de l’ONU intègre la surveillance des violations aux droits de l’homme au Sahara Occidental occupé et ainsi entraver le processus de paix ?
En désaccord avec les résolutions de l’ONU, la France se gargarise d’une formule qui promeut que colonisateur et colonisé, spolié et voleur, arrivent à une solution « acceptable » qui renie le droit imprescriptible à l’autodétermination d’un peuple !

APSO Amis du Peuple du Sahara Occidental
APSOlument@yahoo.fr http://ap-so.blogspot.com/
APSO, Ÿ : +33 474 299 188
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Funérailles émouvantes du prisonnier des trois rois : le grand BOUGRINE

OBITUARIO
Mohamed Bougrine, prisionero de tres reyes de Marruecos
En total pasó 16 años en prisión, la última vez en 2008


Par Omar Jbiha,

C'EST AVEC UNE GRANDE EMOTION ET UNE GRANDE TRISTESSE QUE NOUS
AVONS APPRIS LA MORT DU CAMARADE BOUGRINE SURVENUE SUBITEMENT CE
MATIN DU LUNDI 5 AVRIL A BENIMELLAL.
L'EX PRISONNIER PRISONNIER POLITIQUE DES TROIS ROIS S'est ETEINT DEBOUT
ALORS QU'il JARDINAIT APRES AVOIR REUSSI LA CARAVANE MEDICALE DE TAGLEFET
DU 2-3-4 avril 2010.
NOS SINCERES CONDOLEANCES A TOUTE SA FAMILLE A SES CAMARADES ET ATOUS
LES MILITANTS DU FORUM VERITE ET JUSTICE QUI ONT PERDU UN PERE UN AMI
UN SOUTIEN UNE REFERENCE UNE MEMOIRE VIVANTE. ATOUS SES CAMARADES DU
PARTI PASD ET ATOUS SES AMIS NOUS LEUR PRESENTONS NOS SINCERES CONDOLEANCES ....SI BOUGRINE EST MORT TOUT EN BATAILLANT EN LU TANT
POUR UNE CAUSE COMMUNE..CETTE CAUSE EST TOUJOURS VIVANTE.
DR OMAR JBIHA = C.A.O.V.T.F.V.J.


 Le peuple n'oublie pas ses combattants
 Par Ali Fkir, 5/4/2010


Il a combattu les forces du colonialisme
Il s'était opposé au néocolonialisme sous le règne de Mohammed V, ce qui lui a valu la prison...
Il s'était opposé au régime despotique de Hassan II, ce qui lui a valu la torture, la prison, la persécution.. .
Il s'était opposé aux pratiques et aux choix de la "nouvelle ère", il a dénoncé la répression au nom "des valeurs sacrées"; ce qui lui a valu la prison sous le règne de Mohammed VI
  Les militant-es l'appellent, avec raison, le prisonnier des trois rois. C'est le grand militant Mohammed Bougrine.
Il a contribué à la création de l'UNFP
Il a contribué à la création de la CDT
Il a contribué à la création de l'AMDH
Il a contribué à la création du PADS
  C'est l'irréductible militant Mohammed Bougrine
Il a contribué à la création du FMVJ
Il n'a pas demandé des indemnités sur les "années de plomb"
Ils ont refusé de régulariser sa situation administrative
Il est né dans une modeste famille.
Il a grandi dans une modeste famille
Il est décédé en tant que membre d'une modeste famille
Il est né pauvre, grandi prolétaire, décédé symbole de la résistance.
  C'est l'infatigable combattant Mohammed Bougrine.
Aujourd'hui, la nature a dit son mot. Elle a appliqué sa loi. Mais Mohammed Bougrine, le prisonnier des trois rois, le grand résistant, vivra toujours parmi les combattant-es de la libération.
   Malgré les pertes humaines, l'étendard de la lutte restera haut.
              Je t'embrasse camarade Bougrine
           Le prisonnier des trois rois nous a réuni-es
 Les militant-es et les humbles de Beni Mellal, des centaines de miltant-es des autres régions du Maroc, ils/elles sont venu-es toutes et tous rendre hommage au grand Bougrine, au prisonnier des trois rois.
 Mohammed Bougrine qui consacré toute sa vie (depuis le début des années cinquante jusqu'au 5 avril 2010) à la lutte pour l'émancipation du peuple marocain, pour les causes justes en général et pour la cause des travailleurs en général. Il est respecté de tout le monde, il est aimé par les militant-es toutes tendances confondues.
   Ce mardi 6 avril 2010, ils/elles sont venu-es à Beni Mellal pour réaffirmer devant lui leur engagement à défendre les valeurs de la gauche, à combattre le despotisme makhzanien....
    Ce grand militant a rassemblé aujourd'hui dans une marche historique, les militant-es du PADS, d'ANNAHJ ADDIMOCRATI, du PSU, du CNI, des autres sensibilités marxistes, de l'AMDH, du FMVJ, de la CDT, de l'UMT...tous et toutes les combattant-es de la libération.
  Les femmes ont bravé les coutumes et autres us réactionnaire pour accompagner le Grand Bougrine à sa "dernière demeure".
 Pas de fausses notes, les banderoles et slogans sont unitaires:
- Sur ta voie Bougrine, nous marcherons...!
- Nous ne lâcherons pas, pas de conciliation avec le régime!
- Repose Bougrine, nous continuerons la lutte!
- Ô camarade Bougrine! nous sommes toujours sur la voie...!
- Les traîtres dans les palais, les militants dans les cimetières!
.........
           Le 6 avril 2010, nous avons vécu des funérailles émouvantes, mais le militant Mohammed Bougrine est toujours parmi nous, il sera toujours avec les causes justes. Comme Mehdi Ben Barka, Abdellatif Zeroual, Saïda Mnebhi et tant d'autres, le Grand Bougrine, le prisonnier des trois rois est immortel.
  Les historiens, les vrais, noteront certainement, que c'est la première qu'un Homme soit persécuté par le colonialisme et prisonnier  sous les règnes de trois rois. Du jamais vu!
  et que cet Homme n'a à aucun moment baissé les bras ou s'est laissé leurré par la démocratie de façade.
     Camarade Bougrine, sois tranquille, le combat continuera!
    Bravo militants, amis et camarades de Mohammed Bougrine !
    Mes vives et sincères condoléances à la famille Bougrine.
      Mohammedia, 6 avril 2010             

lundi 5 avril 2010

La mort obscure de Saïd B., vigile marocain à Bobigny, tué par des jeunes Juifs

Rendez-vous ce lundi 5 avril 2010 à 14 heures, place de la République à Paris afin de rendre un dernier hommage à Saïd et exiger que justice soit faite sur sa mort. Nous exigeons une véritable enquête sur ce crime. Nous exigeons également que nos hommes politiques dénoncent cet acte barbare commis envers un musulman, comme ils le font lorsqu'il s'agit d'un acte envers un juif. Pour éviter qu'il y ait une France à deux vitesses.
GHS


Société 01/04/2010 à 00h00
Le corps d’un vigile repêché après une altercation à Bobigny
Par MARWAN CHAHINE, Libération
Un homme de 36 ans a été retrouvé mort, hier, dans le canal de l’Ourcq. Ce maître-chien travaillant pour un magasin de bricolage à Bobigny (Seine-Saint-Denis) était porté disparu depuis la veille. Mardi, vers 19 h 20, une altercation l’avait opposé à cinq clients qui souhaitaient entrer malgré la fermeture du magasin. De source policière, ces derniers s’en seraient violemment pris au véhicule du vigile dans lequel se trouvait le chien. Ensuite, des insultes et des coups auraient été échangés avant que le vigile ne se retrouve dans le canal, vraisemblablement poussé par ses agresseurs, à 200 mètres du magasin. Contrairement à ce qui avait été affirmé dans un premier temps par une source judiciaire, des témoins démentent que les insultes portaient un caractère raciste ou antisémite. L’alerte a été donnée aussitôt et six personnes âgées de 19 à 27 ans ont été rapidement interpellées et placées en garde à vue. Selon la police, elles auraient été identifiées grâce à un passeport israélien retrouvé dans une voiture abandonnée près des lieux. L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Paris.
02 avril 2010 - 13H21
Vigile de Bobigny: le Grand rabbin présente ses condoléances
Le Grand rabbin de France a adressé vendredi ses condoléances à la famille d'un vigile de magasin d'origine marocaine, retrouvé mort noyé dans un canal au nord de Paris, un décès qui pourrait être lié à une dispute à caractère raciste.
AFP - Le Grand rabbin de France a adressé vendredi ses condoléances à la famille d'un vigile de magasin d'origine marocaine, retrouvé mort noyé dans un canal au nord de Paris, un décès qui pourrait être lié à une dispute à caractère raciste.
"J'adresse mes condoléances à la famille du vigile retrouvé mort le 31 mars dans le canal de l'Ourcq à Bobigny (nord de Paris). Il appartient maintenant à la justice d'éclairer les circonstances de ce décès et d'en établir les responsabilités", écrit le rabbin Gilles Bernheim dans son message.
Quatre hommes, qui sont juifs et avaient eu une altercation avec le vigile, ont été présentés à la justice vendredi, a-t-on appris de source judiciaire. Ils nient avoir poussé le vigile dans le canal et affirment avoir été, de leur côté, victimes d'insultes à caractère antisémite, ce que nient des témoins, selon la même source.
Selon les faits reconstitués par les enquêteurs, un jeune homme s'était présenté mardi vers 19H30 (17H30 GMT) dans un magasin de bricolage qui était en train de fermer. Le vigile avait alors refusé de le laisser entrer. Le client était revenu avec des proches. Une violente altercation avait eu lieu, avec insultes et échanges de coups.
Le vigile, un homme de 36 ans d'origine marocaine, habitant la banlieue nord de Paris, avait alors disparu. Son corps a finalement été repêché mercredi après-midi.
Une source proche de l'enquête a indiqué que la piste raciste ou antisémite n'était pas privilégiée. [sic !!!]
"En tout état de cause, des insultes ne peuvent pas justifier des violences physiques et, encore moins, la mort d'un homme. La violence est insupportable. Elle l’est encore plus si elle instrumentalise et dévoie le noble combat contre le racisme et l'antisémitisme", déclare le rabbin Bernheim dans son message.
Société 03/04/2010 à 00h00
Saïd noyé par la violence et la haine
Reportage
Le vigile d’un magasin de Bobigny retrouvé mort dans le canal de l’Ourcq avait eu une altercation avec un client irascible. Quatre hommes ont été mis en examen vendredi.

Par WILLY LE DEVIN, Libération
Saïd, 35 ans, vigile à Batkor à Bobigny (Seine-Saint-Denis) est mort, mardi soir, noyé dans le canal de l’Ourcq, pour avoir tenté de sauver sa chienne des griffes de quatre hommes venus l’agresser pour une banale histoire d’achat de pinceau et de pot de peinture à l’heure de fermeture du magasin. Les quatre hommes sont mis en examen, vendredi en fin d’après-midi, pour «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner avec usage ou menace d’une arme».
Bombe. S’il ne semble pas que les tensions communautaires récurrentes dans ce quartier soient directement à l’origine de l’attaque ayant précipité le décès par noyade de Saïd, l’agressivité est diffuse et omniprésente autour de l’enseigne. En témoigne cette passante qui habite les environs depuis une vingtaine d’années : «Il y a régulièrement des heurts entre populations dans les quartiers jouxtant la modeste zone commerciale. Une forte communauté juive habite à Pantin et les accrochages avec de jeunes Maghrébins sont monnaie courante. Pas plus tard que la semaine dernière des hommes cagoulés ont cassé toutes les voitures de la rue Pierre-Brossolette. Ça ressemblait à un règlement de comptes parfaitement ciblé puisque cette seule rue était visée. Dernièrement, le Franprix a aussi été braqué trois fois, le Kiabi une fois, et je sais qu’il y avait souvent des soucis de vols et de violences à la fermeture de Batkor.»
Mardi soir, entre 19 h 05 et 19 h 15, soit quelques minutes après la fermeture du magasin de Batkor, un client, très énervé dès son arrivée, tente d’entrer pour acheter «un pinceau et un pot de peinture» selon la procureure. Saïd l’empêche de passer. La tension monte rapidement, des coups et des insultes sont échangés, forçant le vigile à faire usage de sa bombe lacrymogène pour mettre fin à l’altercation. «Le client, un blond d’environ 25 ans, retourne à sa voiture où l’attendait sa copine, et en ressort alors aussitôt, torse nu, et muni d’un cric. Il a crié à Saïd : "On va revenir tout casser"», assure Mouloud, la quarantaine, un employé du magasin de bricolage ayant assisté à la scène.
Moins de cinq minutes plus tard, trois jeunes hommes, identifiés après coup par la brigade criminelle comme étant le frère et les cousins du client, arrivent sur le parking de Batkor. Entre-temps, Saïd s’est réfugié à l’intérieur du magasin, mais en ressort, fou de rage, lorsque ses agresseurs jettent une énorme pierre sur sa chienne, lâchée lors de la première altercation, et restée, depuis, en liberté sur le parking. «Il était particulièrement attaché à sa chienne Diana», confie Abdelkader, son frère aîné, venu faire bloc devant les caméras avec des membres de cette famille d’origine marocaine.
«Après un nouvel échange de coups, Saïd s’enfuit sur le chemin de halage longeant le canal de l’Ourcq, situé derrière le magasin Batkor. Le système de vidéosurveillance du magasin n’étant pas branché lors des incidents, et aucun témoin oculaire n’ayant affirmé, à ce jour, avoir assisté à la scène, les circonstances dans lesquelles Saïd s’est retrouvé dans le canal de l’Ourcq sont totalement inconnues», explique la procureure Sylvie Moisson. Le principal suspect a avoué à la police lors des auditions «avoir poursuivi Saïd». Mais dément formellement jusqu’ici l’avoir poussé volontairement dans l’Ourcq.
Passeport.«Je ne sais pas s’ils l’ont jeté dans l’eau, mais rien que le fait de le chasser avec autant de haine prouve bien qu’ils comptaient lui faire du mal», témoigne le frère de la victime. Les quatre agresseurs présumés de Saïd ont été retrouvés par la police moins d’une heure après l’agression, en raison de l’abandon de l’un de leurs véhicules contenant un passeport [tiens, la mention de la nationalité du passeport a disparu !!!]. Tous étaient connus de la police pour des faits de violence mineurs et d’usage de stupéfiants. Tard dans la soirée de vendredi, le juge des libertés et de la détention devait procéder aux débats sur un éventuel placement en détention provisoire.
Mercredi après-midi, soit presque vingt-quatre heures après les incidents, et peu de temps après le repêchage du corps du vigile, des rumeurs ont couru faisant état de propos antisémites tenus par Saïd à l’encontre du client. Celui-ci mentionne dans sa déposition que le vigile lui aurait empêché l’entrée dans le magasin au motif qu’il était juif. Aucun témoin présent sur les lieux n’authentifie cette version, et la procureure de Bobigny n’a retenu «aucun élément de nature à donner à ces faits une connotation raciste ou religieuse.» Un collègue de Saïd chez Batkor s’emporte : «Je peux vous assurer qu’il n’y a rien eu de raciste ni d’un côté ni de l’autre. C’est moche de salir sa mémoire ainsi.» Le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, a adressé vendredi ses condoléances à la famille de la victime.
La chienne de Saïd, repêchée peu de temps après la noyade de son maître par la police, est restée longtemps assise au bord du canal de l’Ourcq.
meurtre, Racisme, Saïd Bahrarach
Mort de Saïd Bahrarach, vigile à Bobigny: l’impossible vérité
Par Allain Jules, 3/4/2010

Il y a de quoi douter de la justice quand on voit ce qui se passe avec la mort de cet homme de 36 ans sans histoire, marié et père d’un enfant de 3 ans. Tout à l’heure, je lisais une réaction où une personne disait que c’est une injustice qui risque de mettre le feu aux poudres dans la mesure où cette justice-là tend à minimiser le caractère réel de cette mort et/ou crime. Mort d’avoir fait son travail !

Ne dit-on pas souvent « à tout seigneur tout honneur » ? Alors, un pauvre vigile, personne n’en parle, aucun ministre ne se déplace etc. Saïd est mort apparemment de noyade et le parquet indique que « l’intention homicide n’était pas retenue, de même qu’aucun élément de nature à donner à ces faits une connotation raciste ou religieuse ». En réalité, comment ne peut-on pas se poser des questions après les déclarations de ses agresseurs.

On a donc appris cet après-midi que les 4 personnes incriminées sont incarcérées. Ces dernières prétendent avoir entendu des insultes antisémites mais, des témoins de la scène ont démenti leurs propos. Une défense un peu tirée sur les cheveux donc. Ensuite, les mêmes, avant qu’on ne retrouve le corps du vigile, prétendaient l’avoir vu traverser le canal de l’Ourcq. Avec autant de mensonges, comment peut-on estimer une seule seconde qu’ils n’ont pas tout bonnement précipité le malheureux dans le canal et le voir couler ? Et pourquoi, justement, le gilet de la victime peut-il se retrouver hors de l’eau s’il fuyait ? Et dire qu’il avait quand même un chien, il y a quelque chose qui laisse à penser qu’on l’a aspergé de gaz lacrymogène et pousser dans l’eau.

Oui, pour information aussi, on a retrouvé une bombe lacrymogène vide. Elle n’appartenait pas au…vigile. Non, à défaut, c’est un suicide. Il était tellement antisémite qu’il s’est jeté dans l’eau pour qu’on accuse les autres ? Mais, c’est trop beau pour être vrai. Même les policiers disent qu’il a « vraisemblablement été jeté dans l’eau » mais, le procureur de Bobigny, Sylvie Moisson, estime le contraire. D’où vient l’ordre de minimiser ce crime ?

Repose en paix Saïd et que ceux qui t’ont tué n’aient plus jamais la paix ici bas et là haut  !

France : Meurtre du Vigile de Bobigny
Pour une alliance arc-en-ciel en France


par René Naba | 03.04.10 | Paris
L’émotion légitime suscitée par le meurtre mercredi 31 mars d’un vigile d’origine arabe d’un grand magasin de bricolage de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, par six jeunes de confession juive, et le traitement a minima de cette affaire sur le plan politico -médiatique qui s’en est ensuivi, devrait être l’occasion d’une prise de conscience salutaire quant à la nécessité d’une action concertée –et non sectorielle– de riposte à la culture du mépris et d’éviter ainsi de faire le jeu d’un pouvoir qui orchestre la division sociale pour asseoir sa pérennité
In limine litis, il importe de ne pas «racialiser» le problème, c’est à dire de le présenter comme un conflit bloc contre bloc, opposant juifs et arabes ou juifs et musulmans, mais de le poser en termes généraux et de maintenir le débat au niveau des principes, un événement de nature criminelle qui relève, en premier lieu, du droit commun et dans le cas d’espèce du Droit Pénal Général.
A nos détracteurs, suggérons des titres en contrechamps pour les inciter à la réflexion en leur proposant les titres suivants pour tester leur réactivité:
Six jeunes noirs agressent sauvagement un vigile à Neuilly
Ou bien
Six jeunes romanichels agressent sauvagement un vigile à Versailles
Ou encore
Six jeunes parisiens agressent sauvagement un vigile à Vaulx en Vélin
Ou enfin
Six jeunes musulmans agressent sauvagement un pauvre vigile juif
L’Affaire de Bobigny pose le problème politique et moral de la discrimination dans le domaine de la répression.
Ma crainte est que les Musulmans de France ne se laissent entraîner dans une surenchère communautariste et ne s’enferment dans un ghetto analogue à l’autre ghetto, alors qu’il importe de dépasser la logique binaire du «Halal» et du «Haram» et de mener le combat contre toutes les formes de discrimination et de racisme.
Que l’affaire de Bobigny, de même que les déclarations d’Eric Zemmour sur la proportion des Noirs et des Arabes trafiquants de drogues ou auparavant l’éviction du Préfet Bruno Guigue soient l’occasion d’une prise de conscience collective –et non sectorielle—de l’urgente nécessité d’une action concertée et globale de riposte à la culture du mépris. Et d’éviter ainsi de faire le jeu d’un pouvoir qui orchestre une division sociale pour asseoir sa pérennité, qui joue la précarité pour imposer le grand capital comme en témoigne le débat sur le bouclier fiscal dont le maintien dans un «Etat en faillite» pose le problème sinon de sa pertinence, à tout le moins des arrières pensées de ses promoteurs.
Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la France offre le spectacle d’une société fragmentée où chaque citoyen voit dans l’autre un adversaire, une société qui fonctionne sur un mode hémiplégique, apportant son lot de suspicion, d’antagonisme, de préjugés et de peurs.
Ne nous laissons pas abuser. Agissons pour une alliance blancs, noirs, arabes, latinos, asiatiques, chrétiens, musulmans, laïcs, une alliance arc-en-ciel regroupant sur une base politique aussi chômeurs en fin de droits, sans domicile fixe, sans emploi, salariés précaires, smicards ou rmistes, clandestins sans papiers, en un mot tous ceux qui patissent de l’injustice et de l’oppression, une alliance plus crédible politiquement et plus attractive, une alliance sur le modèle de la glorieuse Tricontinentale, le fer de lance de la lutte contre l’hégémonie capitaliste à l’époque de la guerre froide soviéto-américaine.
  Évitons de nous enfermer dans l’équation «Chrétien Occident versus Islam obscurantisme et barbarie» vers laquelle leurs adversaires veulent les entraîner.
D’importantes échéances électorales sont en vue. Le temps des jérémiades est fini, voici venu le temps de l’action.